mercredi 30 septembre 2009

Au revoir, au revoir Président

Les ceux qui disent que je mets "au revoir président" à toutes les sauces en ce moment n'auront pas tort, mais je ne me lasse toujours pas de l'effet que ça me fait de l'écrire, le dire, le chanter, le mimer, le enfin vous avez saisi quoi.



Aujourd'hui, 30 septembre, c'est mon dernier jour au labo. J'y suis depuis janvier 2006 dites donc. A l'époque j'avais 13 ans, des boutons plein la tronche, je trouvais que les parents c'étaient tous des cons et je voulais fucker le système. Non en vrai je devais effectivement avoir quelques boutons, et le seul truc que je fuckais c'était le RER A que je me farcissais matin et soir pour rentrer dans cette ville pourrie de Perpette sur Oise où j'avais élu domicile depuis septembre 2001. J'étais toute contente d'être en stage au labo, j'étais très décidée à faire une thèse après. Tous mes copains de promo faisaient des stages en entreprise (et étaient rémunérés, j'aurais dû me douter dès ce moment-là que les labos ça puait le caca à 12 bornes. Mais je pouvais pas, je passais trop de temps à attendre le RER à Châtelet Les Halles qui pue le caca, j'avais le pif saturé) (cette douce expérience olfactive vous était offerte par la Ratp et la région Ile de France qui sponsorise la carte ImaginR).

On va pas s'attarder sur le côté qui sent lui aussi le caca et qui fait que je suis super contente de partir, que j'ai envie de crier "free at last, I am free at last" en courant cheveux zau vent et bras grand ouverts à demi nue dans les rues de Paris. Parce que bon en trois ans forcément, y a eu des trucs biengs. Le truc bieng principal c'est que j'ai gagné un coboille dans l'histoire, soleil de mes jours, astre de mes nuits, et descendeur de mes poubelles.

Et puis il y avait aussi des trucs dont je ne mesurais pas forcément l'importance. Et que maintenant que je sais où je vais bosser à partir de novembre, je me rends compte. Mon nouveau boulot que je ne vous en dirai pas plus, mais qui est dans une boîte privée où les gens ils s'en tamponnent complètement du mot thèse. Et qui est aussi situé dans une ZA de la région parisienne. Et quand tu as bossé 3 ans presque 4 dans un labo situé en plein milieu du 6ème arrondissement de Paris, près du boulevard St Germain, près de St Michel, près du Luxembourg, près du métro, du RER, du bus, du velib, tu pleures un peu de te retrouver dans la ZA que même pas y a des bus pour y aller, mais seulement des CARS tout pareils que pour aller au salon des Vieux Libidineux sauf qu'il faut payer. Et que y en a un toutes les heures, aux heures de pointe. Ah, on m'en signale que je m'en tamponne puisque j'aurai une voiture de fonction. Très bonne remarque (oui c'était juste pour caser la voiture, mais que voulez-vous je ne m'en remets pas). Ceci dit, voiture de fonction ou pas, je peux me brosser pour avoir de nouveau 4 starbucks à moins de 3 minutes à pied de mon lieu de travail. Et y a pas de Nespresso dans ma nouvelle boîte, ce qui est un pur scandale.

Et à partir de novembre, je vais devoir me donner l'apparence de quelqu'un de sérieux qui possède un fer à repasser. Ca change de mon look habituel de sortie de machine à laver. Du coup, je pense que ça sous-entend que je vais devoir faire l'acquisition d'une planche à repasser. Voyez-vous ça. Et ça veut aussi dire qu'une fois la planche acquisitionnée, je devrai m'en servir. Et ça veut aussi dire que je devrai m'en servir pour l'usage auquel elle est destinée, et non pas comme annexe du meuble de l'entrée pour entreposer le courrier dans une magnifique reproduction du chaos de l'univers. Bref, je me donne 3 mois avant de craquer et de prendre quelqu'un pour donner une tronche workproof à mes fringues. Ah oui parce que j'ai oublié de vous dire, mais avec ce nouveau travail j'ai un nouveau salaire. Et je trouverais ça dommage d'en redonner un max à l'Etat tout en continuant à passer mes soirées à repasser, alors je sens que je vais sous peu faire d'une pierre deux coups de cuiller à pot. Enfin tout ça pour dire que c'est fini d'avoir des collègues qui demandent si on est sapé pour un mariage parce qu'on est arrivé au boulot avec un jean sans trou et un pull qui n'a pas connu le 20ème siècle. Ouais, faut que je mette mon mois de chomiste à profit pour me faire une garde-robe de fille sérieuse. Et un garde chaussures aussi, parce que les Converse ça va moyen avec les tailleurs si je ne m'abuse.

Si vous le voulez bien, je vous entretiendrai de mon portable avec 300€ de forfait mensuel, de mon PC de fonction et de ma carte qui sert à payer l'essence de ma ouature même pour mes déplacements privés tels que vacances, week ends et autres virées chez Ikea, parce qu'avec toutes ces âneries faut que je me trouve un box pour ma ouature (de fonction mouhahahaha). Non mais pardon mais comprenez ma joie, je passe de salaire pourri et considération zéro à salaire normal et avantages en nature comme s'il en pleuvait, et les gens autour veulent que je sois happy dans mon travail, donc je jubile.

Voilà, au revoir au revoir Président, bonjour ouacances et pôle Emploi et un peu plus tard bonjour nouveau président. Ne me plaignez pas, je vous autorise même à jubiler par procuration. (oui je sais, ce post est puant d'auto-satisfaction, mais une fois de temps en temps ça fait pas de mal)



lundi 28 septembre 2009

Le dimanche, on fait salon

Il y a eu un énoooooooorme teaser . Et maintenant, il y aura le récit ici.

Le coboille est l'homme parfait, ça on le sait. Comme tout homme parfait, il a ses petits défauts. Parce que si un homme parfait n'avait pas de défauts, il ne serait pas parfait. Si si. Le défaut du coboille, c'est qu'il aime un peu trop les camping-cars. (là c'est le moment où vous compatissez, parce que cette phrase va me coûter une soirée entière de justifications, explications, etc...)

En ce moment, au Bourget c'est le salon du véhicule de loisirs, SVL pour les cools, qui ressemble assez bizarrement au Salon des Vieux Libidineux, on se demande bien pourquoi. Alors dimanche, j'ai accompagné le coboille au Salon des Vieux Libidineux. Et ce fut une expérience, euh bah euh, enfin une expérience quoi.

Pour aller au Salon des Vieux Libidineux, ils faut prendre le RER B, le plus pourri de l'Ile de France, et aussi celui qui traverse les villes les plus sympas quand il va vers le Nord. Ensuite, il faut descendre au Bourget et se rendre sur le parking devant la gare. Là, des navettes gratuites attendent les Vieux Libidineux pour les emmener au Salon du même nom. Donc il faut monter dans un car, avec dedans déjà quelques vieux qui sont over contents et qui se trémoussent tellement ils ont hâte d'y être. Ou alors c'est l'incontinence, on ne sait pas, mais dans le doute on va voter pour l'impatience. le vieux est bon élève et s'assoit devant dans le car. Enfin en même temps, le vieux est plus large qu'un gamin de CE1 et connaît donc quelques difficultés pour progresser entre les sièges jusqu'au fond du bus. Le vieux est conten t qu'il est là, et le vieux a l'impression de former une grande famille avec tous les autres amateurs de véhicules de loisirs, alors le vieux dit BONJOUR quand on monte dans le bus. Ca désarçonne, parce que d'habitude dans le bus je dis bonjour au chauffeur qui répond grrr ou rien et picétou (le coboille, lui, préfère dire au revoir au chauffeur quand il monte dans le bus, mais c'est une autre histoire, que je ne raconterai pas ici, sinon je suis partie pour une deuxième soirée de justifications).



Quand on arrive au salon, on rentre par le hall qui accueille les caravanes. Et caravane= zéro intérêt. Mais dès le premier hall, on voit bien les deux clans qui s'affrontent: d'un côté, les Vieux libidineux en tenue de camping, pour être bien certains que leur nouveau véhicule de loisir s'accordera avec leur bermuda à fleurs qui lui même s'accorde formidablement avec leur chemise à carreaux et leur belle banane à pois (la banane ventrale, celle où on range les papiers et les clefs du véhicule de loisir, pas celle de dessus la tête, à cause que la calvitie les en empêche. God bless la calvitie). De l'autre côté, les commerciaux, costume cravate et air affairé. Toute la subtilité du jeu consiste à visiter le maximum de camping-cars sans se faire coincer dans el camping-car en question par un commercial (oui, y a des limites à la libidinerie quand même)

Ensuite, on arrive dans un des halls réservés aux camping-cars. Ils sont triés par marque.E t les marques sont triées de la façon suivante: les marques pour les riches et les marques pour tout le monde. Dans les marques pour tout le monde, on peut rentrer comme on veut dans les camping-cars, faire semblant de faire pipi comme Barbie, se vautrer sur le lit et mettre la tête dans le frigo pour vérifier si on peut faire tenir assez de bières. Dans les marques pour les riches, il faut montrer patte blanche et avis d'imposition multi-zéroté pour avoir le droit de rentrer dans les camping-cars. De toute façon y a une petite chaîne qui bloque l'accès aux pauvres (oui maintenant avec les matériaux techniques intelligents on fait des trucs foufous).

Du coup, on s'est fait les camping-cars de pauvres. Enseignement principal de la chose: y a rien qui ressemble plus à un camping-car qu'un camping-car. Enseignement secondaire (collège et lycée): c'est pas parce que le camping-car A ressemble à s'y méprendre au camping-car B que le camping-car B ne sera pas vendu 15 000 € plus cher que le A.

Mais je pense qu'il faut laisser parler les photos. Alors c'est parti.

Ashley: coboille, mon coboille, où donc as-tu garé la ouature? Je ne la trouve point sur le parking
Coboille: dans ton c...amping-car ma chère.


Le camping-car katkat (4x4 on dit quand c'est qu'on est culturé de l'auto-moto), une voiture qu'elle est bien pour la conduire.


Ce qui est bien avec les salles de bains spa sauna Jacques Ouzy des camping-cars, c'est qu'on peut se doucher en double-pitant en faisant la vaisselle en ouvrant le frigo pour voir combien il reste de bières (mais ça donne un peu l'air con)


Ce qui est bien avec les sièges de camping-car, c'est que si on se fait chier en conduisant (ce qui ne veut pas dire qu'on conduit assis sur les wawas) parce qu'on est aux Ztazunis et que la route est toute droite sans même une petite wild turkey ou un petit chipmunk à écraser, on peut se retourner pour taper la belote avec les gens de derrière.



Ce qui est bien avec les camping-cars, c'est que souvent la déco est kitsch et on peut prendre des poses élégantes et prestantes sur un lit à froufrous. Et ce qui est bien avec les camping-cars c'est qu'ils ont tous des rideaux qu'on peut tirer pour que les gens qui pensent que les camping-cars c'est du SERIEUX ne voient pas les jeunes irrespectueux faire les foufous.


Ce qui est bien avec les camping-cars c'est qu'on peut mettre les bières dans le frigo ET la vodka au congélo.


Ce qui est bien avec les camping-cars, c'est que quand on est crevé d'en avoir autant visité, on peut taper la sieste ni vu ni connu. Et que si on se réveille à l'heure de l'apéro, on peut ouvrir le frigo avec les pieds pour se sortir une bière, et la boire sans se lever. Et ça, même Barbie elle peut pas.


Voilà, je sens que je viens de faire exploser les ventes de camping-cars là. De rien.

mercredi 23 septembre 2009

Millésime 2009-2010

Hier, j'ai eu la joie et le bonheur de faire connaissance avec mes nouveaux élèves. Et les nouveaux élèves ont eu la joie et le bonheur de faire ma connaissance. Ça commençait plutôt mal puisque les aléas de l'emploi du temps et des occupations de salle ont fait que nous avions cours de 8heures à 10heures puis de 13h15 à 17h15. Et comme évidemment c'étaient les premières heures de cours, il était assez compliqué de faire autre chose que du cours, pas de TD possible sans un minimum de cours. Bref, ça s'annonçait long, pénible et fatigant, pour eux comme pour moi.

A 5h du matin, étrangement, j'ai eu quelques petits problèmes pour sortir du lit et à 5h20, j'étais déjà en retard sur le programme. D'où gros coup de stress, parce que je mets un point d'honneur à arriver à l'heure (avec les horaires de train d'ailleurs ça m'oblige à arriver 10 minutes en avance), comme ça je peux légitimement couvrir de honte les retardataires. J'aime bien quand ils deviennent tout rouges et qu'ils vont s'asseoir tout penauds, c'est mon côté Cruella.

Bref, à 7h50 j'étais à l'école des ingénieurs orthographiquement déficients, le temps de faire un double-pi, de me prendre un café, de me taper la honte à la machine à café, et j'étais dans la salle. Ah oui j'ai fait forte impression à la maquina du café, j'ai mis ma pièce dans la machine, fait une micro sieste de 3 secondes debout devant la machine, appuyé comme une damnée sur le bouton "café long en grains" (que c'est pas précisé si les grains en question sont des grains de café, et si effectivement ce sont des grains d'autre chose, ceci explique cela), juré comme, euh bah comme à mon habitude j'ai envie de dire. Jusqu'à ce qu'un étudiant a compatissant ou b agacé et pressé d'avoir son café (réponse B Jean-Pierre, et c'est mon dernier mot) me dise "nan mais votre pièce elle est tombée, faut la récupérer et la remettre" et m'éclaire donc sur les évènements qui se sont déroulés pendant ma micro-sieste. Hum.

Armée de mon café, je descends dans la salle et je m'applique à prendre un air très digne et surtout très réveillé, parce que je sais de source sure que la première info que donnent les élèves de l'année précédente à leurs successeurs en début d'année c'est "Madame Abbott le matin elle est pas réveillée ouh la la c'est la lutte".

Les premiers élèves arrivent dans la salle "vous êtes bien madame Abbott?" oui oui, prendez place je vous en supplie. A 8h, on est 12, sur un effectif prévu de 32. Je prends un air excédé, je regarde ma montre et je fais les 100 pas dans la salle (en vrai c'est pour avoir le temps de boire mon café avant de commencer le cours, parce que sinon il est froid et déjà chaud il est dégueu donc on va éviter de tenter l'empoisonnement.)

A 8h10, je claque la porte, en disant que c'est un pur SCANDALE, que la ponctualité c'est quand même la moindre des choses, et bla bla bla. Là, normalement, y a toujours un élève qui dit "mais madame nous on vient de loin, faut qu'on se lève tôt, vous vous rendez pas compte, ce matin par exemple on devait se lever un peu avant 7h". Ça n'a pas raté, heureuse j'étais et j'ai pu leur dire de façon héroïque "pour être à l'heure, je me lève à 5h MOI, alors vous n'avez aucune excuse". Et là, ça les calme.

Les élèves sont arrivés au compte-gouttes pendant mon blabla habituel de début d'année, les élèves se sont donc fait engueuler au compte-gouttes. La salle qui m'est attribuée a une vitre qui donne sur le couloir, et en face il y a la porte des wawas, théoriquement wawas des filles, mais en pratique wawas mixtes. "Oh y en a encore un qui arrive madame" et effectivement on voit un élève qui passe dans le couloir et se dirige vers la porte (je suis au bout du couloir, donc si il passe par là c'est forcément qu'il vient chez moi). Sauf que personne n'entre. Et c'est là que mon léger problème de réflexion à voix haute a fait surface, et environ 10 minutes après avoir fait connaissance avec mes élèves, j'ai donc annoncé fièrement "ah tiens on dirait qu'il y en a un qui a un pipi sur le feu". Tronches incrédules des élèves, han la prof elle a dit pipi (ah oui, en écoles d'ingénieurs, les trucs qui font rire sont les mêmes qu'en maternelle, auxquels on ajoute cependant cul, bite et nichons, pour plus de subtilité). Le retardataire entre, avant même qu'il ait eu le temps d'ouvrir la bouche je lui demande "tu t'es lavé les mains au moins?". Il passe au rouge foncé et va s'asseoir dans le fond, je l'ai pas entendu de la matinée (ça en faisait au moins un).

J'ai donc fait mes deux heures de cours en déployant toute mon énergie, et il m'en a fallu parce que j'avais en face de moi une vingtaine de personnes qui soupiraient, baillaient dans le meilleur des cas, ou mieux dormaient.

J'ai fait passer une feuille pour qu'ils écrivent leur nom, pas dans le but de les fliquer mais plutôt parce que personne ne me donne de liste, donc j'ai pas d'autre moyen d'en avoir une. Je l'ai récupérée pleine de coeurs rouges devant certains noms, j'ai même récolté un certain nombre de 06, c'était magnifique (mais qu'ils sont bêtes).

A 10h, arrive la pause. Arrive aussi l'étudiant chinois de l'année (oui, tous les ans il y a des étudiants chinois, l'étudiant chinois est depuis quelques années THE accessoire fashion de tout directeur d'école d'ingénieur qui se respecte). Ce qui donne
Etudiant chinois: Madame, c'est quoi votre nom de famille?
Moi: Abbott
Etudiant chinois: Mais alors votre prénom c'est quoi?
Moi: Ashley
Etudiant chinois, pensif: mais alors on doit vous appeler comment, Madame Ashley ou Madame Abbott? je suis en France depuis deux semaines et je ne sais pas bien comment il faut faire.
Moi: madame Abbott
Etudiant chinois: mais Ashley c'est pas très répandu comme prénom en France non?
Moi: non effectivement (à cet instant précis je me demandais si je devais lui expliquer le coup du club Ashley, avec sa bande de Musclés et ses séries et dessins animés, mais je suis pas maso quand même), c'est un prénom qui n'était pas ebaucoup donné aux filles qui sont nés à la meêm époque que moi.
Etudiant chinois: ah d'accord madame Abbott, merci.

Puis j'ai eu droit à un déjeuner qui n'était pas des plus agréables pour des raisons diverses et variées, tenant à la fois à la présence d'huile aux pâtes et de sauce grasse à l'os de lapin dans mon assiette, et également à la présence de mon cher camarade le directeur de l'école à qui j'en veux boucou depuis le coup de la fête de mouton de l'an dernier et encore plus que boucou depuis un certain mail me disant "oh mais vous faites la plus grosse erreur de votre vie, il ne faut pas faire ça bla bla bla" (en même temps je ne suis plus à un mail de ce genre près, mais tout de même).

Et re 4 heures de cours. Les élèves étaient plus détendus et moins intimidés par mon aura professoresque qui s'étend jusqu'aux confins de la vallée du Vexin en passant par le 93, donc on a pu rigoler. J'ai aussi pu engueuler ceux qui ne sont venus QUE l'après-midi et pas le matin. Surtout qu'ils n'ont pas fait dans la discrétion, ils sont arrivés en cours à 13h15 en me disant bonjour. "Comment ça BONJOUR? C'est ce matin que tu aurais dû me dire bonjour, pas là à 13h"Mais madame j'ai raté la voiture pour venir ce matin (comme certains viennent de loin, mais du même loin, ils covoiturent) "Ah bon? Et l'idée de prendre le train pour venir ne t'a pas effleuré?" Bah si mais comme je me suis levé à 8h30 bah le temps que j'arrive il était fini votre cours. S'en est donc suivi un petit cours intitulé "à quelle heure dois-je me lever si je suis attendu à 8h à 1h de chez moi?". Et on a bien fait de revoir les bases parce que visiblement c'était loin d'être évident pour tout le monde (désespoir de moi). Du coup ils sont tous passés au tableau histoire d'être à peu près au point sur les trucs vus le matin (bien fait, gniark gniark)

Au bout de 3heures de cours, j'ai capitulé, parce que je voyais bien qu'au moins 10 d'entre eux était sous le point de se faire ara-kiri (une sorte de perroquet fan du fromage des gastronomes en mulotte courte) avec un stylo. En plus j'étais supposée leur laisser du temps pour constituer les binômes et trinômes pour les TP. J'aurais très bien pu les laisser faire tout seul, mais vu le niveau sonore alors que dans la salle d'à côté, ils essayaient de bosser, je suis restée histoire de faire un peu baisser les décibels. Et j'ai très bien fait. Parce que dans cetet classe, il y a 3 filles, et ces 3 filles ne pouvaient pas être dans le même groupe, donc elles devaient obligatoirement avoir un binôme de sexe masculin. Et c'est là que ça a commencé à devenir intéressant. "Qui veut être avec Machine?" a fort intelligemment beuglé la déléguée. MOI MOI MOI MOI a beuglé le choeur de tous les représentants masculins de la classe, sauf un, qui a sagement attendu que ses camarades aient fini de beugler pour se lever et annoncer d'un air triomphant "laissez tomber, on a déjà vu ça tous les deux, et c'est MOI qui serai son binôme". La fille passe à l'écarlate, les déceptionnés crient que c'est dégueulasse, et moi je m'assois en disant "eh ben je crois que tout compte fait, je vais rester parce que j'ai comme l'impression que ça devenir intéressant tout ça". (note pour moi-même: en TP, vérifier que les mains sont bien SUR la table). Le grand mercato du TP a continué sur le même mode, j'étais écroulée dans mon coin, et 40 minutes plus tard il n'y avait toujours aucun groupe de formé à part la blonde et le chevalier blanc qui se lançaient des regards prometteurs.

On va bien rigoler cette année, c'est moi que je vous le dis, y a du niveau côté rigolos (mais isl en le font pas tous exprès) (au secours).


jeudi 10 septembre 2009

L'enjeu

La maison des secrets, tout ça tout ça, c'est bien joli, mais j'avais dit que je ferais un billet pas drôle sur cet enjeu à la con. Alors voilà, je m'exécute.

J'ai pas été hyper claire jusque là sur ce que j'avais décidé de faire ou pas après ce billet. En grande partie parce que je ne savais pas, et parce que j'attendais de voir la tournure que prenaient les choses, et aussi parce que c'est pas drôle et que je me posais assez de questions à longueurs de nuits et de journées pour ne pas en causer encore ici en plus. Bref.

Je vais pas vous refaire ici tout l'argumentaire, le pour, le contre, le aaaaaaaaaah, le mais comment je vais faire si ça si ça et si ça et si..., le comment je vais le dire. J'en ai parlé avec plein de gens gentils, y a des gens très gentils du blog qui m'ont envoyé des mails gentils et je leur dis boucou merci. Et ça m'a même permis de rencontrer Ccil, gentille elle aussi (enfin avec moi, pas avec sa banquière). En mai, après un certain nombre de soirées/nuits/litres de larmes/ retournages de cerveau/imaginages de scénarios catastrophes, j'ai dit STOP (in the name of love before you break my heart et surtout in the name of la raison before je me ruine la vie sur un truc qui n'en vaut pas la peine). En mai, le coboille a géré un certain nombre de soirées/nuits/litres de larmes/ retournages de cerveau/imaginages de scénarios catastrophes d'une façon que même pas en rêve tu peux imaginer que quelqu'un réagisse comme ça, parce qu'à ce niveau-là on ne peut même plus dire qu'il a assuré, c'était plus la perfection incarnée (et que du coup je culpabilisais encore plus de lui faire subir ça).

Donc voilà, j'ai dit STOP et j'ai décidé que fin de financement de thèse serait transformé en fin de thèse. C'est pas le tout de décider ça, faut assurer derrière. Alors j'ai décidé de me présenter à des concours d'ingénieurs de la fonction publique (là c'est le moment où je remercie la gentille personne qui m'a beaucoup aidée et qui se reconnaitra), parce que chat échaudé ne craint même pas l'eau froide. Et pour assurer, j'ai aussi postulé (et je postule) dans le privé.

Pour ceux qui ne savent pas comment se passe un concours d'ingénieur, un résumé rapide: envoi de dossiers avec des tas de pages à remplir de tas de renseignements que personne ne lira (c'est interdit, les membres du jury ne doivent pas lire certaines infos, en particulier les plus chiantes à écrire pour le candidat, comme par exemple la lettre de motivation). Le dossier est examiné par un premier jury qui décide si le candidat est admissible. Si oui, il passe l'épreuve d'admission, un oral de 30 minutes devant un jury composé de 5 personnes, dont au moins 3 ne comprennent pas la fiche de poste (les deux autres, les membres experts, sont supposés être en mesure de le faire, mais en pratique c'est peu souvent le cas).

Les résultats d'admissibilité sont tombés avant les grandes vacances, ok pour tout. Et en juillet j'ai eu un premier oral. Bien évidemment, je m'étais préparée. Et bien évidemment, j'avais blindé la partie "pourquoi je ne vais pas soutenir ma thèse et me barrer à la fin de mon contrat" (on notera au passage qu'il n'y a vraiment que dans les labos où c'est un scandale de ne pas venir bosser gratos sous la fallacieuse raison qu'on n'a plus ni contrat ni salaire. Mais je vais y revenir plus tard). Et je m'attendais à ce qu'on me pose pas mal de questions là-dessus. Mais je ne m'attendais pas à ce qu'on ne me parle QUE de ça pendant les 30 minutes destinées à déterminer si oui ou non je faisais l'affaire pour le poste. Je m'attendais bêtement à ce qu'on me pose quelques questions techniques et quelques questions pour déterminer si j'étais une psycho-sociopathe ou non, parce que bon y a de l'enjeu quand même, la personne recrutée est là pour 40 ans quand même, vaut mieux éviter les boulettes. Mais non. Que des questions sur le pourquoi de la non-soutenance, et vous n'avez pas l'impression que ce que vous faites est scandaleux, vous vous étiez engagée vis à vis de votre laboratoire, et je pense que vous n'avez pas dû bien chercher d'autres solutions et bla bla et bla bla. Autant dire que je suis sortie de là bien dégoûtée, parec que niveau équité on a vu mieux, je suis pas persuadée qu'ils aient posé les mêmes questions aux autres candidats et qu'ils aient pu se faire une idée de ce que valait chacun en leur posant les mêmes questions. Si j'avais vraiment voulu jouer la connasse, je me serais opposée à ce bordel (je ne sais plus comment on dit, mais bref on peut faire appel si on estime que l'équité entre les candidats n'a pas été respectée, et là à mon avis c'est le cas).

Puis, j'ai eu des entretiens pour des postes dans le privé. Là pareil je me préparais à plein de questions sur la thèse. RIEN. Ah oui vous faites une thèse mais vous ne soutiendrez pas, oui ok on s'en fiche, ce qui nous intéresse, c'est ce que vous savez faire.

Puis mon cerveau a mouliné. Oui je suis un peu concon moi, je mets vachement de temps à traiter les données, c'est comme ça. Et je me suis aperçu qu'après presque 4 ans enfremée dans la maison des secrets, j'avais une vision des choses un peu biaisée, la vision qu'on t'impose là-bas. Parce que passer 4 ans entourée de gens qui pensent que la thèse c'est le centre de la vie et qui organisent leur vie autour de leur thèse, et pas l'inverse, ça avait fini par attaquer mon cerveau et par faire prendre beaucoup plus d'importance au papier libellé à mon nom qu'il n'en avait vraiment.

Ceci dit, le délai entre la constatation des faits et la conclusion ne vient peut-être pas uniquement du temps de traitement de mon cerveau. J'ai été aussi pas mal influencée par plein de personnes, qui ont des thèses, et qui me disaient toutes à peu près la même chose: "c'est un énorme échec, tu fais la plus grosse bêtise de ta vie, tu vas pourrir ton CV pour tout le reste de ta carrière, tu ne pourras jamais rattraper quelque chose de ce genre bla bla bla". Et ça, ça plombe pas mal, surtout quand on a dû prendre une décision pas forcément évidente, qu'on n'a aucune visibilité sur l'avenir, sur la façon dont on va payer son loyer le mois suivant et quand on commence à se dire que non seulement on s'est auto-mis dans la merde en voulant faire sa rebelle, mais en plus on risque d'entraîner son coboille dedans.

Mais le clou du spectacle, c'était hier. J'avais un entretien dans un labo, pour un poste d'ingénieur en CDD. Le profil correspondait au mien, mais ne faisait pas appel aux techniques que j'ai pu utiliser ces trois dernières années (oui dit comme ça, ça paraît bizarre, mais bon c'est compliqué et j'ai pas envie d'expliquer, donc faudra vous en tenir à ça. En plus c'est chiant à raconter). La première chose que me dit la personne en face de moi a été "si je décide que c'est vous qui avez le poste, la première chose que je ferai c'est appeler votre directeur de thèse pour qu'on trouve un moyen d'emménager votre planning pour que vous puissiez terminer votre thèse tout en travaillant chez nous". Gné? En quoi le fait d'avoir un bout de papier à mon nom me permettra d'être meilleure dans un boulot sans grand rapport avec le gratinage de rat, surtout que la thèse n'est PAS une condition de diplôme pour ce job? (en vrai je l'ai formulé autrement, mais ça voulait dire ça). La personne refusait d'embaucher quelqu'un qui n'avait pas de thèse, parce que je cite "c'est une grosse erreur, c'est un échec de ne pas soutenir sa thèse, vous ne vous épanouirez jamais dans la vie si vous ne terminez pas votre thèse, votre CV ne s'en remettra jamais bla bla bla". J'ai particulièrement apprécié que cette personne que je connaissais depuis un quart d'heure se mette déjà à décider ce qui est bon pour moi ou pas.

On passera sur le Mail, qui m'a dit "TU es mon plus gros échec, c'est un énorme échec, tu n'as plus aucune crédibilité sur le marché du travail, personne ne voudra de toi avec un CV pareil, tu fais la plus grosse erreur de ta vie, tu ne te rends pas compte, bla bla bla, tu aurais dû venir m'en parler plus tôt, comme ça j'aurais pu t'en dissuader et et convaincre de continuer, mais là c'est trop tard, c'est un énorme échec, tu fais la plus grosse bêtise de ta vie,..." and so on. Inutile de rétorquer que je n'avais pas envie de discuter de tout ça avec des gens qui voulaient juste m'imposer leur point de vue, mais plutôt avec des gens bienveillants et assez objectifs, argument irrecevable selon lui.

Ah, cette note est super longue, mais tant pis, lira qui est intéressé, je vais pas en faire une histoire suspense en 15 parties, je vais être chiante en une seule fois.

Tout ça pour dire que dans les labos, la thèse c'est LA VIE. Sans thèse on en peut pas avoir de vie intéressante. D'ailleurs, la thèse c'est tellement bien que ça se mérite. il faut l'avoir dans la souffrance, sinon ça compte pas. C'est donc pour ça qu'il est NORMAL de continuer à bosser plusieurs mois après la fin de son financement, c'est-à-dire sans être payé, ou alors au lance pierre, 1000€ un mois sur 4 histoire que le directeur de thèse ait bonne conscience. Depuis un an, je me suis fabriquée ma propre jauge à normalité, pas celle des labos. La méthode est simple: si dans le privé personne ne le fait, il faut refuser de le faire dans les labos. Bosser sans être payé? NON. Sauf que dans le labo où je suis, refuser de continuer à bosser simplement parce qu'on n'est pas payé, c'est juste être le dernier des cons paresseux feignasses et cupides (oh ouiiiii je suis cupide, rendez-moi mes 1400€ par mois avec lesquels je batis une richesse considérable, d'ailleurs faites-moi penser à aller vérifier l'avancement des travaux de ma villa sur la lac de Côme, la dernière fois ils s'étaient trompé dans la couleur du carrelage de ma piscine à débordement les cons, on ne peut plus faire confiance au petit personnel).

Donc voilà, je me barre, si tout va bien j'aurai un boulot rapidement, c'est MA décision, ce n'est PAS la plus grosse erreur de ma vie et ma vie n'est pas construite sur une thèse mais ne sera pas pourrie pour autant. Et vu le soulagement que j'ai ressenti quand j'ai pris cette décision, je pense que ça ne peut pas être une décision si stupide. Je vais donc quitter la maison des secrets le 30, en faisant un gros bras d'honneur au Mail et ça va être le début de quelque chose de très bien. Je ne serai jamais le Dr Abbott et je pense que c'est mieux comme ça. Et PROUT à ceux qui ne sont pas d'accord.



mercredi 9 septembre 2009

ScieHaineEreEsse story, les clans et l'enjeu

Dans tous les jeux de télé réalité, il y a des clans: les rouges contre les jaunes, les jeunes contre les vieux, les filles contre les garçons, les brunes contre les blondes, les faux nichons contre les vrais nichons, j'en passe et des plus mieux que ça. Dans la maison des secrets que je fréquente, il y a des clans, et des sous-clans, ça complique un brin les choses.

Dans un premier temps, les deux clans principaux qui s'affrontent: les permanents et les précaires. La chose qui permet de les différencier est la dernière lettre du contrat qui les lie à la maison des secrets. Pour les précaires, c'est un D, comme Dantoncul. Pour les permanents, c'est un I comme Infinie. Même si un permanent se mettait debout sur le bureau du Mail en lui montrant son popotin arrière et en lui criant des noms d'oiseau, il ne serait pas nominé. Même si un permanent refusait de se montrer dans la maison des secrets sans poser de jour de congés pendant deux mois, il ne serait pas nominé. Dans le clan des précaires, on a donc les thésards et les post-docs, et chez les permanents tous les autres. Chaque clan dispose de ses propres armes, dont il a le droit de faire usage autant qu'il le veut. Les permanents ont dans leur escarcelle des armes fourbes, à leur image: préparation de compte rendu pour le lendemain, préparation de pouvoir du point, réunion sans fin, envoi à la visite médicale chez le gros docteur sale et vicieux, envoi de stagiaires fourbes et puants, et l'arme fatale, le cassage aux Etats-Unis (je dis ça comme ça hein). Les précaires ont des armes bricolées avec des bouts de ficelle, à la hauteur de leurs moyens financiers: bière en happy hour pour forger l'union du groupe, mojitos en happy hour pour forger l'union du groupe, margaritas en happy hour pour forger l'union du groupe, réunions au sommet autour de la Nespresso, vacations ou monitorat pour changer d'air, discussions secrètes sur le chat de Gémail pour préparation de mauvais coups en sous-marin.

Après, dans les clans, il y a des sous-clans, parce que dans la maison des secrets il y a différentes équipes qui travaillent sur des thématiques différentes. Dans notre maison des secrets, il y a 3 sous-clans (dont deux qui font la même chose sans jamais rien mettre en commun, ça s'appelle optimiser, et quand on leur dit qu'ils font la même chose et qu'ils devraient peut-être essayer de bosser ensemble, ils deviennent fous et nous, le premier sous-clan, avons la paix pour deux semaines minimum).

Maintenant que le décor est posé, que les candidats sont bien répartis dans leurs clans, parlons de ce qui motive les foules: l'enjeu. On a bien saisi que l'enjeu ici n'est pas la cagnotte, ouh la la non. Mais ça n'en reste pas moins un bout de papier, libellé au nom du candidat, sauf que ce n'est pas un chèque, mais un diplôme qui donne le droit de répondre OUI si une hôtesse crie "y a t'il un docteur dans l'avion?". En vrai, on a dû leur faire le coup une paire de fois, parce qu'en général ils demandent un médecin, résultat impossible de la ramener (ceci dit, il paraît que répondre oui à cette question quand on est médecin c'est un peu s'exposer à des tas de problèmes qui peuvent revenir très cher, mais là n'est point le débat).

Cette histoire de thèse, c'est un peu là que la télé est plus futée que la recherche. Parce qu'à la télé, quand ils gagnent, ils ont plein de champagne offert par les gens qui leur filent le bout de papier libellé à leur nom. Dans la thèse, non seulement t'as rien dans ta cagnotte mais en plus tu dois rincer au champagne des tas de gens dont au mieux tu te fiches, au pire tu te servirais volontiers du sclap pour récurer tes wawas après une bonne gastro (je sens l'âme du poète monter en moi, c'est beau).

Bon, tout ça, ces deux billets, pour faire une petite introduction au prochain billet, où qu'on causera de l'enjeu sans rigoler, et où on s'apercevra que quand on est dans la maison des secrets entourés d'autres candidats depuis un certain temps, on finit par avoir une vision des choses légèrement biaisée. Il est aussi fort probable qu'on rigole moins dans le prochain billet, si toutefois ce billet a déjà fait marrer quelqu'un.



mardi 8 septembre 2009

ScieHaineEreEsse Story, introduction


Y a des jours où je me demande bien pourquoi que les gens de la télé dépensent des sommes folles pour fabriquer des maisons truffées de caméras et les remplir de candidats pour mieux les sortir un par un chaque vendredi. Parce que je connais des endroits où il suffirait de mettre les caméras, candidats et maison sont déjà sur place. Ces endroits, ce sont les labos de recherche. (aujourd'hui, billet qui va rendre des gens pas contents) (avant toute chose, je précise que ce que je dis est issu de ce que j'ai vu, et donc des labos que je connais bien pour y avoir passé pas mal de temps. Je suppose qu'il doit y en avoir où tout se passe autrement, mais je ne les connais pas, donc je n'en cause pas, ça me paraît un brin plus sage. Pas de généralisation quoi.). Bien sûr, ça nécessite quelques petites transpositions, mais le gros du truc est là. Donc transposons ensemble.

Tout d'abord, la maison. La maison c'est donc le labo. Comme à la télé, on dort tous ensemble, mais pas tous les soirs dans une chambre, seulement une fois par semaine dans la salle de réunions, et ça s'appelle un séminaire. Et c'est là que le labo est plus costaud que la télé, où ils passent leurs journées allongés dans le garden à attendre que ça passe et leurs nuits à dormir dans des chambres sans fenêtre que j'ose même pas imaginer ce que ça doit sentir là-dedans. Nous, on n'a qu'une heure pour récupérer de la fatigue de la semaine. Et en plus, faut être performant au réveil, pour pouvoir poser une question. Le mieux c'est d'être le plus rapide, et de poser avant tout le monde la seule question qui vient à l'esprit de tout le monde "et vous avez travaillé à quelle fréquence?".

Comme à la télé, les candidats prennent leurs repas ensemble. Comme à la télé, les candidats se tapent sur la tronche pour savoir QUI a sali le micro-ondes, QUI a fini le rouleau mais n'a pas remis de PQ dans les wawas.

Justement, les candidats, parlons-en. C'est là où il y a le plus de subtilités à introduire par rapport au jeu. Ici les candidats, ce sont les gens qui sont affectés au laboratoire (notez que je n'ai pas écrit "qui travaillent"). Première différence majeure avec la télé: il n'y a pas d'élimination. Seules sont acceptées les évacuations sanitaires, principalement pour deux raisons: dépression et congé maternité. Seconde différence: ils ne sont pas DU TOUT sélectionnés pour leur physique.

Mais il y a des points communs: le niveau cour de récré des échanges entre candidats, près à s'engueuler pour trois fois rien. On peut citer à titre d'exemple la guerre civile qui a eu lieu pendant plus d'un an suite à l'apposition d'un autocollant"femmes" sur la porte d'un des deux wawas et d'un autocollant "hommes" sur la porte de l'autre. Bah oui, les wawas féminins sont un poil plus grands et les balais et autres serpillères sont stockés dans les wawas de ceux qui double-pitent debout. Et dès qu'il y a un embryon d'accrochage entre deux personnes, l'histoire de la sexualisation des wawas ressurgit. Exemple: "ils t'ont changé ta souris et moi j'ai toujours ma vieille souris? Putain ça m'étonne pas, de toute façon je ne fais plus confiance à personne dans ce labo depuis l'histoire des toilettes".

Autre point commun: les candidats ont des secrets. Pour un certain nombre d'entre eux, c'est un peu le même: le sujet de leur travail. Du coup, à l'intérieur des clans, ça brainstorme sec pour être le premier à buzzer et à remporter rien (ah oui, c'est le ScieHaineEreEsse, on gagne rien, y a point de cagnotte). Exemple "tu sais sur quoi elle bosse Machine? Ca fait deux ans que je suis là (là= dans le jeu= dans le labo) et j'ai toujours pas trouvé... Mais je pense que ça a un rapport avec le Cloub Med Gym, elle y est tout le temps, elle doit faire ses manips là-bas".

Comme à la télé, il existe une instance supérieure qui peut intervenir dans le jeu à tout moment. Sauf que ce n'est pas la voix, mais Le Mail. Comme à la télé, les candidats ont des missions. Le plus souvent, c'est la même: le Mail envoie un ou plusieurs candidats vers une destination plus ou moins lointaine. Sur place, sa mission sera d'écouter des gens avec des accents très improbables parler de ce qui se passe dans leur maison des secrets à eux, et ce toute la journée, sans dormir. Le Mail, lors d'une mission, peut décider de mettre les candidats devant un choix très dur. Si le Mail décide que la mission des candidats est remboursée au forfait, le candidat soir choisir entre 1 profiter au max sur place de la somme qui lui est allouée pour dormir et manger ou prendre un petit hôtel et manger pour pas trop cher et empocher la différence dans sa cagnotte personnelle.

Lors d'un prochain numéro, nous étudierons les candidats en détails, ainsi que les différents clans. Nous verrons aussi les stratégies adoptées par chacun afin de rester le plus longtemps peinards sur les transats autour de la piscine de la maison des secrets. Et surtout, nous découvrirons quel est l'enjeu suprême qui excite tout le monde dans le jeu et à peu près personne à l'extérieur.

Je ne peux pas finir en disant "c'est tout pour le moment", parce que le Mail a plutôt tendance à dire "Cordialement", ce qui est complètement à chier... Donc ben la suite un autre jour (oui, contrairement à d'habitude, j'essaierai d'écrire la suite quand je dis que je vais l'écrire. Mais d'abord j'ai deux trois castings à préparer et à passer avant)


mercredi 2 septembre 2009

Un entretien vaut mieux que deux entretulauras

Mon cerveau étant encore en vacances, je suis obligée de vous présenter mes confuses pour le titre.

Bon, je sais, je devais raconter les vacances, mais j'ai pas trié les photos, alors c'est pas possible. Et depuis que je suis reviendue, j'ai le téléphone qui sonne et la boîte mail qui se remplit à grande vitesse, à cause que tout le monde veut s'entretenir avec ma personne pour le grand jeu de la rentrée, la Job Academy. Je passe au moins deux castings par semaine en septembre, avec l'ambition d'aller en finale et même de gagner le contrat pas d'un million d'euros, pas avec une maison de disque, juste un contrat de travail honnête, se terminant par I plutôt que par D mais bon D je prends aussi. Après si les gens insistent pour me payer 1 million d'euros, j'accepte (et je ne partage pas avec Michal le kleptomane qui a volé l'orange du marchand), je suis pas du genre à faire la fine bouche.

La session de castings de juillet de la Job Academy s'était plutôt bien finie, malgré un démarrage pourri. Le monsieur du cabinet de recrutement m'avait dit "est-ce que tu viens pour les vacances? Si tu changes d'adresse dis le moi tussuite". Je lui ai répondu que je serais je pense un peu en retard au rendez-vous de nos promesses, parce que moi je rentre de vacances le 31 août, pas le 28 comme lui. Puis ej lui ai dit que malheureusement ouh la la horreur malheur salsa du démon, je ne serai pas joignable pendant mes vacances. Il m'a dit qu'il ne me contacterait donc qu'à mon retour, pas de problème.

Pendant mes ouacances, téléphone qui sonne. C'était le cabinet. Une dame du cabinet (la dame pipi de la Job Academy en quelque sorte). Elle voulait qu'on fixe un rendez-vous pour le 31 août. Impossible, je serai dans l'avion avec des célébrités. Alors, ce sera vendredi. Vu le prix de la minute hors forfait quand on m'appelle et que je suis à l'étranger, j'ai essayé d'aller à l'essentiel, de faire court mais bref. C'était sans compter sur le fort accent Ikea de la dame. J'ai dû lui faire tout répéter deux ou trois fois. Je n'ai toujours pas osé composer le #123# pour voir le montant des dégâts sur ma facture. Parce que la dame devait m'envoyer un mail de confirmation. Que j'ai reçu. Qui ne demandait aucune réponse. Que je n'ai pas répondu, surtout que de ternet nulle trace à Noja. Et la dame m'a rappelée pour me demander si j'avais reçu son mail. UI madame, bonne journée au revoir.

Y a eu aussi un monsieur qui m'a envoyé un mail pour me demander si j'étais dispo la première semaine de septembre pour un casting. De ternet nulle trace à Noja, mais Môman assurait la veille mailistique et me prévenait par texto si mail important il y avait. Alors elle a répondu en se faisant passer pour moi. Puis point de nouvelles. Pour finalement me fixer un rendez-vous le jour où je dois déjà aller au cabinet de la dame pipi (la secrétaire de David qui a perdu Jonathan). Et que je pouvais venir en voiture ou en RER, sauf que le RER ne dessert pas trop leur lieu de travail, donc il faut que quelqu'un vienne me chercher à la gare en voiture. Alors j'ai dû lui dire que c'était pas possible pour la date, mais ok pour l'entretien et le taxi jusqu'à son labo. Du coup, on a rendez-vous mercredi devant le bar tabac en bas de la gare, dans sa grosse voiture grise. Comme dirait le coboille, deux solutions: soit ça fait peur, soit ça fait espion. Je vais lui envoyer un mail pour lui dire que j'aurai une fleur dans ma chevelure et un grand imper, ça fait plus professionnel. Et aussi pour lui demander s'il est une dame ou un monsieur, parce que son prénom ne permet pas de faire la différence, dons je ne sais pas si je dois attendre une dame ou un monsieur dans une voiture grise grosse; Mais ma question c'est surtout: qu'est-ce qu'on va bien pouvoir se raconter dans cette grosse voiture grise? On commence l'entretien dans la ouature? Et si non, qu'est ce qu'on va bien pouvoir se raconter? C'est ultra embarrassant comme situation. Déjà 30 secondes dans un ascenseur avec quelqu'un que je connais pas c'est l'angoisse, alors plusieurs minutes voire dizaines de minutes en voiture, argh. C'est peut-être la première épreuve du casting. En plus, la voiture ça m'endort, faudrait peut-être que j'évite de dormir la bouche ouverte dans la grosse voiture grise du bar tabac...

Ensuite, lundi, alors que j'avais une moitié de tête dans le sac et l'autre moitié dans la machine à laver, DRELIN DRELIN. Un entretien pour demain. Je reçois le mail de confirmation ce matin. une adresse wanadoo. La grande classe. Je supputais déjà avant que ce serait un job de mariole, mais là je pense que c'est sûr. Comme je suis sotte, j'irai quand même. On sait jamais. Et puis ça me promène et ça m'évite de me coltiner les tronches de crétins de certains au labo.

Tout le monde a l'air d'avoir très envie de me castinguer le 11 septembre. Je trouve ça méga louche. Parce que bon le 11 septembre c'est un peu le nouveau vendredi 13 quand même. Du coup j'en ai annulé un, parce que comme j'ai des antennes partout je sais qu'un mec de ma promo travaille déjà sur ce poste en CDD depuis 3 ans, donc je vais pas aller m'époumoner là-bas, je vais pas encore aller dire pendant les 30 minutes que j'ai pour les convaincre que oui l'arrêt de ma thèse c'est réfléchi et non c'est pas un caprice. Et que je viendrai en métro et que oui j'arriverai à vivre avec le salaire qu'on me propose, même si il est très très malheureusement plus élevé que le mien en ce moment. Et en plus j'ai pas envie de les convaincre.

Mais ce qui serait encore plus mieux, c'est qu'au lieu d'avoir des tas de castings, je décroche le contrat avec la maison pas de disques. Au moins un, n'importe lequel, histoire de savoir que je ne suis pas sans rien, ça me détendrait un brin.

Alors plaignez-moi les gens, plaignez-moi, parce que je vous jure que je suis un peu tendue de la mulotte en ce moment.



mardi 1 septembre 2009

Alors, les vacances, c'était bien?

Aujourd'hui, étudions ensemble un problème de vie en société des plus importants. Ce problème, quel est-il? Eh bien il s'agit du problème de la question que tout le monde pose: alors, les vacances, c'était bien? Notez au passage que je n'ai pas écrit la question que tout le monde SE pose, parce qu'en général la personne qui pose la question n'a strictement rien à faire de la réponse. Cette question, c'est le plus pire passage obligé de la vie en société (ou en laboratoire, ou n'importe où, ne soyons pas sectaires, c'est la rentrée, notre coeur est encore rempli d'amour et de soleil malgré le temps de bouse et les impôts à payer plus les fournitures scolaires et les diverses inscriptions à des tas d'activités que dans 3 mois les zenfants pleureront pour ne plus y aller, plus l'anniversaire de Jean-Roberto, mais qu'est ce qu'il leur a pris de faire les choses du sesque à Noël enfin tout de même ils auraient pu calculer merde, plus le reste. Moi je m'en fous, je suis mensualisée (pour le trésor public, pas pour les choses du sesque) et j'ai pas de zenfants.). J'ai la nette impression que je suis en train d'évacuer un trop plein de non blogage là, ça va partir dans tous les sens. Enfin bref, c'est donc le plus pire passage obligé de la vie en société, la société étant composée de collègues de divers degrés de connitude s'étalant de zéro à très très élevé (pour vous faire une idée de ce que j'entends par très très élevé, prenez le pire degré de connerie auquel vous avez été confronté et multipliez le par 100, y a des cas dans ce labo). Pourquoi c'est le pire? Parce que c'est le seul auquel on ne peut pas couper. Parce que même en mettant quelques jours voire quelques semaines entre le retour du lieu de vacances et le retour au boulot, bah on revient forcément, et les gens posent forcément la question. Contrairement au passage obligé du "Bonne Année" auquel on peut échapper en partant 3 semaines en Thaïlandie début janvier. Cette année, l'excuse à la mode sera "ouh la la je t'embrasse pas j'ai la grippe cochonne". Ca fait moins voyager mais ça éloigne les cons (et les autres aussi, mais bon on peut pas tout avoir hein).

Maintenant, étudions le pourquoi? Pourquoi poser cette question, surtout si on se tape de la réponse. Dans certains cas (je pense à des gens en particulier, mais bon va falloir patienter jusqu'à ma chômisterie pour que je raconte des saloperies sur les gens d'ici. J'ai grand hâte pourtant.), c'est assez simple, ils sont cons à un dégré très élevé et ne font ça que pour s'assurer que les leurs étaient mieux. Ils ne rêvent que d'une chose: qu'on leur réponde "Ah bah ça allait pas mal jusqu'au moment où on s'est tapé une tornade. La voiture était foutue, mais bon c'est que du matériel. Ca s'est gâté quand le camping a pris feu. Nous ça va, on était sortis pour dîner, mais bon Mamie y est restée."Si vraiment ce niveau de pourritude de vacances ne peut être atteint, un simple "il a plu tout le temps et on n'avait ni caoué, ni jeu de cartes, on a bien failli rentrer plus tôt que prévu" suffira.

A partcette catégorie de personnes, je pense que finalement les gens demandent ça au même titre que "ça va?". Sauf que le ça va se contente d'un oui, contrairement au alors les vacances (enfin le ALVCB pour faire court). Si on répond juste oui au ALVCB, un "c'est tout?" accusateur viendra, voire même un "c'est tout? bah dis donc t'as pas l'air emballée". Il faut argumenter, mais très rapidement parce que bon franchement on a autre chose à foutre. Ajouter LE truc qui en 5 mots prouve que les vacances, c'était bien. Un retour de vacances, c'est comme un entretien d'embauche, ça se prépare.

Tout ça pour dire qu'aujourd'hui, on m'a posé la question. Et j'ai répondu. Mais je raconterai une autre fois, parce que j'ai pas trié les photos, que le coboille n'a pas converti ses siennes en jpeg, que j'ai pas flouté les gens que je connais pas, tout ça tout ça.Donc demain peut-être si je suis d'humeur trieuse et flouteuse.

Mais sinon, vous alors, les vacances, c'était bien?