La semaine dernière, je suis zétée à Lisbonne. Et je crois bien que les dieux sont de nouveau avec moi, il ne m’est rien arrivé dans l’avion, pas de retard, pas d'avion en réparation, rien. Ceci dit, j’ai comme l’impression que pas longtemps avant, certains avaient assez pris pour qu’il ne m’arrive rien pendant les 15 prochaines années.
Jeudi, je suis partie à l’arrêt au port prendre l’avion. Pas de problème de train pour aller jusqu’à Roissy. Pas de problème à l’enregistrement, j’avais déjà imprimé ma carte 2 jours avant. Pas de problème à la sécurité, si ce n’est que la sécuritière voulait absolument que j’enlève ma ceinture avant de passer le portique. Sauf que je ne mets jamais de ceinture et que donc j’avais du mal à l’enlever. Et que derrière moi y avait un groupe de 5 Mexicains (je le sais, ils avaient leur passeport à la main) qui toussaient à n’en plus finir. Après, je pensais que tout ne serait que luxe calme et volupté, à cause que j’avais cassé ma tirelire de Miles et que je voyageais en classe affaires. Erreur.
Je suis montée dans l’avion, et là stupeur, point de siège massant énorme qu’on peut mettre en lit sans jamais toucher le fauteuil de devant. Il n’y avait que des sièges de pauvres, trois de chaque côté. La différence, c’est que celui du milieu ne peut pas être occupé. Ensuite l’hôtesse est passée proposer du champagne ou du jus d’orange. J’étais bien décidée à prendre du champagne, mais tous les autres prenaient du jus d’orange, et ne voulant pas passer pour un alcoolo (il était 15h), j’ai suivi. Bien entendu, à la rangée derrière, ils ont tous pris du champagne. Et bien entendu, y a jamais eu de deuxième tour.
Après le décollage, mon voisin a décidé de se mettre à bosser. Comme tous les autres d’ailleurs, parce qu’un jeudi en début d’après-midi en classe affaires, ça fait un peu tache de ne pas avoir de costume et de petit cartable en cuir pour ranger des documents top secret. Moi j’étais en fausses birk et jean troué même pas petit ami… Enfin bref, mon voisin s’est mis à bosser. Et c’est là que j’ai deviné sa profession. Au moment où il m’a mis des plans de maison format A0 sous le pif, qu’il essayait d’étaler avec les deux bras bien écartés. Architecte. Bingo. Le seul qui fait le mariol il est pour moi. Etonnant, non?
Après une heure de regardage de plans, qui ne m’ont d’ailleurs pas franchement convaincue, sans doute à cause des arbres tout rachitiques virtuellement plantés devant une façade jaune poussin, il a décidé de faire la sieste. Du coup moi aussi, parce que ça faisait un bout de temps que je l’attendais celle-là. C’est à ce moment-là que les deux vieilles de derrière ont commencé à criscuter. Oui criscuter, comme discuter en criant quoi, criscuter. Que Archie et moi on pouvait pas fermer l’œil.
On a fini par arriver, et j’ai pris le bus pour rejoindre le coboille. Oui parce que le coboille était là depuis dimanche, pour causer de sa science avec des gens qui font la même science. Pendant une semaine, tout le monde cause de ce qu’il fait dans l’unique but de montrer que ce qu’il fait est plus bien que ce que font les autres. Quand on est élégante et prestante comme moi, on peut aussi appeler ça « le concours de suikalaplugrosse ». Et vous serez donc ravis d’apprendre que cette année, ce sont les Hollandais qui ont la plus grosse.
A peine arrivée, je suis allée au dîner de la science en goguette. J’étais bien contente, parce que j’allais revoir des gens qui viennent parfois bosser au labo à Paris, et chez qui on était allé l’an dernier au Nouveau-Mexique. D’où une arrivée remarquée en bas du restaurant « Ouhou, Tiiiiiiidjééééééééé » (Aïe av euh véri tcharmingue french accent). Après avoir bien hugué tout le monde, on a pu passer à table. Dans une petite salle à l’étage, très basse de plafond. Et avec une acoustique très pourrie qui a fait qu’au bout de 2 minutes, tout le monde criscutait très fort.
Fidèle à ma poisse habituelle, j’ai eu la chance de me retrouver en face du seul sourd de la soirée. Mais fidèle à ma politesse habituelle, j’ai tenté de lui faire la causette. Et c’est seulement à ce moment-là que j’ai compris qu’il était sourd. Dommage. Du coup, il a commandé plein de vin en me disant 20 fois que c’était pas du tout pour je sois drunk, ouh la la, ne nous méprenons pas. Mais je n’écoutais déjà plus, parce que les calamars étaient devant moi, et je ne puis résister aux calamars (lula en portugalien, squid en anglais, calamar en espagnol, calamar en français, kalmar en allemand, je peux en manger dans tous les pays de la Terre si besoin) .
A ce stade, on avait déjà bu du vin rouge (pas bon, et qui tache boucou, je pense qu’ils jettent les nappes tous les soirs dans ce resto, sinon c’est pas possible), mais surtout pas mal de vinho verde, qui est l’exact contraire des vendanges tardives et qui se traduit en français par vendanges tôtives. Et on avait fini au Porto.
On ne pouvait pas en rester là, il était bien trop tôt et nous avons fait une promenande en pente qui monte jusqu’à un bar. J’ai pris un verre de sangria. A 1€ et des poussières. Et surprise, il faisait 75 cl. Et c’est beaucoup. On est rentré à l’hôtel à 2h30, et en plus il y a une heure de décalage avec la France, donc pour moi il était 3h30. J’étais légèrement fatiguée. Mais moi, j’avais pas le dernier jour du grand prix de suikalaplugrosse à me taper. Je pensais même pouvoir dormir jusqu’à 11h. Mais ça c’est parce que j’avais pas pensé que ce serait le défilé des camions de livraison en bas de mes fenêtres dès 9h et que j’aurai une crampe en plein milieu de la nuit, une comme j’en avais jamais eu avant, la plus douloureuse crampe nocturne de ma longue carrière de crampes nocturnes à la jambe gauche (je vous conseille de hurler PUTAIN en pleine nuit quand vous dormez à l’hôtel, ça fait toujours plaisir aux voisins en général et au voisin de lit en particulier).
J’ai finalement réussi à me traîner jusqu’à la salle du petit déj, parce que le truc génial des hôtels c’est le buffet avec jambon et fromage à volonté (mais ça arrive juste avant le buffet petit dej le plus génial de l’hôtel de la Thaïlandie où y avait aussi des tas de plats trop bons en plus de la charcuterie et des œufs habituels que je sais même pas comment j’ai fait pour ascensionner la jungle avec ça dans le bide)
Et ensuite, j’ai bugué. Le ciel était gris très très foncé, mais j’ai rendu la clef de la chambre et laissé les bagages à la consigne de l’hôtel. Avec mon parapluie cassé dedans. Et je suis partie me promener, direction le Tage, histoire de ne pas faire un truc à haut potentiel de wahoutitude sans le coboille. La bonne nouvelle c’est qu’il y avait moult magasins le long du chemin. Et que j’ai pu acheter un parapluie tout neuf. La mauvaise nouvelle c’est que mon parapluie m’a été très utile. Mais bon je suis allée tout en bas, vers le Tage. Au moment où je devais déboucher sur une belle place, à la fin de la balade, je suis tombée sur un énoooooorme chantier avec de grosses palissades bien occultantes qui cachaient tout le paysage. Et c’était pas un petit chantier pour la rigolade, non non, c’était le réseau d’assainissement et de traitement des eaux usées qui était en travaux. Je vous laisse imaginer l’odeur hein, c’est cadeau.
J’ai contourné le chantier, en prenant un chemin à haute teneur en flaques (j’étais en tongs naturellement) pour quand même aller voir le Tage. Je pense que je l’ai vu, ça devait être le truc gris foncé sur lequel flottaient les bateaux militaires gris, là juste en dessous du ciel gris foncé d’où venait la pluie.
Je suis rentrée, comme à l’aller, en allant de magasins en magasins pour essayer de conserver les quelques centimètres carrés de vêtement secs que j’avais encore. Et j’ai retrouvé le coboille pour déjeuner. Ensuite, retour à l’hôtel pour récupérer les bagages et aller dans le nouvel hôtel, tout en haut en haut en haut d’une rue qui monte, comme il se doit.Et là, ce fut le bonheur, 2 heures de sieste pour se remettre de la nuit.
Et étrangement, dès l’instant où je n’ai plus été seule, la poisse est partie. Je crois que le coboille a un effet inverseur de poisse en fait. Bon il a un peu plu le samedi matin, mais j’étais à l’aquarium, bien trop occupée à convaincre le coboille d’adopter des loutres de mer pour me préoccuper des ces considérations météorologiques.
Bref, Lisbonne c'était bien. peut-être même que je mettrai les photos ce soir si j'ai le temps et le courage.
Les photos:

Promenade en pente et ciel menaçant, photo réalisée sans aucune mise en scène ...

Loutre en plein repas, à la demandé générale de Phoebe, président du sealoutre fan club.

Mulottes et soutifs portugaliens, pas du tout Ashley-approved

Rue qui monte pour aller à l'hôtel, très bonne excuse pour se péter le bide le soir "mais siiiiii j'ai besoin d'un dessert, sinon j'aurai jamais assez de force pour monter la rue"