Quand tu vas en Bangkokie, tu as des tas de moyens de te transporter. Le pied (peu recommandé, d’abord il fait chaud, ensuite tu es sûr de te faire arrêter tous les 5 mètres par un conducteur de tuk-tuk qui veut bien t’emmener partout où tu veux seulement si tu t’arrêtes dans les magasins de son cousin et que tu dors dans l’hôtel de son frère après avoir déjeuné dans le resto de sa tante et qui te dit la seule chose qu’il sait dire en anglais « Hello, where you go ? » . Au 25ème en général je craque, je ne dis plus « Thank you » en faisant non de la main, je prends juste mon plus beau sourire et je lui dis en français « dans ton cul ». VOILA), mais aussi le tuk-tuk donc (un peu long au démarrage, rapport à la négociation marchandage préalable, puis à la prière pré-montage dans l’engin de la mort, et enfin au filmage du testament par APN avec mettage sous scellé de la carte mémoire et envoi en recommandé à mon notaire), le métro (pas essayé), le skytrain (essayé, climatisé, en hauteur, pas bondé) et le bateau, à cause qu’à Bangkok y a une rivière que ça s’appelle le Chao Praya et qu’à côté le périph aux heures de pointe un jour de grève c’est le désert.
Alors tu prends le bateau, qui comme tout bateau qui se respecte à un nombre limite de passagers officiel écrit dessus lui et comme tout bateau thaïlandais qui se respecte, se tape complètement de la sécurité et place le nombre limite à « quand c’est plein et que les gens commencent à tomber dans la rivière on arrête ». Mais c’est sécurisé quand même, parce que sur le ponton où on embarque, y a une grande ligne jaune avec écrit dessus « Safety first », la safeté première pour les non-angloparlants et les non-anglolisants. Soit tu restes derrière la ligne et rien ne peut t’arriver, soit tu passes la ligne et tu montes dans le bateau, et là on peut plus rien te garantir.
Parce que bon déjà, faut monter dedans. Et ça tangue (frères) ce bateau, et ce con de ponton il tangue en opposition de phase, résultat bonjour la marche et les sensations fortes. Ensuite dedans, faut faire gaffe quand que t’es une fille de sexe féminin (oui, parce qu’en Bangkokie y a aussi un certain nombre de filles de sexe masculin, ou de garçons de sexe féminin, on ne sait plus trop), faut bien s’accrocher, parce que si tu tombes ou que tu trébuches et que tu atterris sur un moine, bonjour le scandale. Les moines ils ont pas le droit de toucher des filles de sexe féminin, et vice versa. Alors gare.
Après, quand tu pars de la Bangkokie pour aller à la playa, ohohohohoh, tu prends un autre type de bateau : le long tail boat (que tu peux aussi prendre à Bangkok, mais bon c’est moins marrant, parce que sur l’eau douce tu ne te prends pas un gros paquet de mer toutes les 3 seconde,s et tu ressors sec). C’est un bateau qui est très joli, et que la première fois on s’extasie, mais qu’au bout de 3 minutes on n’en peut plus de tout ce boucan.
Maintenant, éloignez les jeunes personnes sensibles et ma môman, je vais vous entretenir de comment on a failli décéder par la mort aquatique maritime un beau jour de janvier, dans la fleur de l’âge de mes 16 ans.
Après 3 jours paradisiaques sur une île paradisiaque que quand j’ai mis le pied dessus j’ai dit « aaaaaah je veux passer le reste de mes jours ici » et que j’ai bien failli faire ça, effectivement, on devait partir pour une autre île, Koh Libong de son petit nom, et que le monsieur de Koh Libong devait venir nous chercher en long tail le matin à 11h.
A 10h30, on vient nous dire que le bateau sera là à 11h30 seulement, parce que c’est très windy today, et que du coup c’est un peu plus long. A 10h32, finalement c’était boucou trop windy pour prendre un petit long tail, donc on devait prendre le ferry. Problème : y a point d’embarcadère sur l’île. Donc un long tail va nous emmener au large, où le ferry le rejoindra, et là on passera sur le ferry avec l’élégance et la prestance qui nous caractérisent. A cet instant, j’ai commencé à flipper un brin.
On est partis, la mer était un piti peu démontée quand même, pour pas dire beaucoup, et je commençais à vraiment appréhender le changement de bateau. Mais on se dirigeait vers une île où on avait été la veille, et on avait vu que comme par miracle, 1 y avachement de fond près de cette île donc c’est ok pour le ferry, et 2 près de l’île, la mer est super calme même quand à côté elle est agitée.
Sauf que pour une raison que la raison ignore, on s’est arrêté AVANT la zone calme. Et quand j’ai vu qu’on allait s’arrêter en pleines montagnes russes, le seul truc que j’arrivais à dire c’était Nononononononononononon avec de temps en temps un petit « putain non ». J’vais crè crè crè peur. On s’est collé au ferry. Ca tanguait énormément, et évidemment on ne tanguait pas dans le même sens que le ferry. J’avais encore plus peur que très peur. Les sacs sont passés. C’était à mon tour. Y avait bien 1.50m d’écart entre là où j’avais mes pieds et là où je devais atterrir. Le coboille m’a dit d’y aller, et là je ne me souviens plus de ce qui s’est passé entre le moment où il m’a dit ça et le moment où je me suis retrouvée à plat ventre sur le pont du ferry (sans rambarde aucune le pont, safety first hein), accrochée à l’encadrement d’une porte qui donnait sur la cabine. Avec 4 touristes passagers du bateau qui me tenaient les poignets. J’entendais notre tout petit long tail qui tapait contre le ferry. J’ai fini par me relever avec l’aide des gens qui me tenaient et me tiraient, et là le ferry a commencé à pencherdu mauvais côté, et le sac qui contenait les passeports, les cartes bleues et autres babioles du genre a commencé sa glissade vers le pont. Je tenais à peine debout tellement j’avais peur, mais j’ai quand même réussi à hurler THE BAG THE BAG THE BAG et le bag a été rattrapé à un quart de seconde de sa fin. Et là, étrangement, les Thaïs des deux bateaux se sont dit que peut-être éventuellement c’était un peu dangereux, et que peut-être on allait arrêter là les dégâts. Et le ferry est parti, les sacs et moi à bord. Et le long tail est parti, le coboille à bord. Et en deux secondes je en les voyais plus, tout le monde voulait me faire asseoir, boire de l’eau, des gens très gentils ont géré les sacs et j’ai été assaillie de questions en anglais « C’était dur ?. Ca fait peur ? C’est haut ? ».
Après un moment qui m’a paru super long, parce que mon cerveau ne fonctionnait plus très bien, et que je pensais que le coboille n’allait jamais prendre ce ferry, et qu’il allait rentrer sur l’île en attendant qu’il y ait moins de vent et que j’étais toute seule et que c’était affreux, et que si ça se trouve il était tombé à l’eau mais que je ne l’avais pas vu, on s’est arrêté de nouveau. Et le coboille est arrivé. Non sans mal, parce qu’au moment où il allait passer d’un bateau à l’autre, une grosse vague l’a fait tomber en arrière sur le long tail, et le long tail est venu se coller sous le ferry, qui l’a fait tanguer beaucoup trop, très dangereusement, et quand le ferry a commencé à pencher vers le long tail, des planches de la coque se sont cassées, et la structure métallique du bateau a plié. Mais il est passé quand même.
Bilan des courses : un genou qu’on dirait que j’ai tombé à la récré, un bras tout griffé par les gens qui tentaient de me rattraper, un tibia tout bleu et très bobo pour moi, un énorme bleu dans le dos pour le coboille (il l’a encore d’ailleurs).
Bon après, on était un peu les héros du bateau, tout le monde nous parlait, nous racontait leur version des faits (y en a qui se marraient bien parce qu’ils m’avaient vue faire nononononononononon toute paniquée) et nous redemandait de refaire la cascade.
J’ai mis la journée et un massage thaï à m’en remettre. Et là quand je raconte j’ai encore le cœur qui bat super vite… Et surtout quand finalement on est arrivé à Koh Libong que c’était encore plus le paradis que sur l’île précédente, j’ai pris mes précautions et j’ai dit très fort « ah c’est le paradis, mais ça ira merci, je vais éviter de passer le reste de mes jours ici ».
