jeudi 11 juin 2009

Lisbonne, Lisbonne, 4 jours d'arrêt

La semaine dernière, je suis zétée à Lisbonne. Et je crois bien que les dieux sont de nouveau avec moi, il ne m’est rien arrivé dans l’avion, pas de retard, pas d'avion en réparation, rien. Ceci dit, j’ai comme l’impression que pas longtemps avant, certains avaient assez pris pour qu’il ne m’arrive rien pendant les 15 prochaines années.

Jeudi, je suis partie à l’arrêt au port prendre l’avion. Pas de problème de train pour aller jusqu’à Roissy. Pas de problème à l’enregistrement, j’avais déjà imprimé ma carte 2 jours avant. Pas de problème à la sécurité, si ce n’est que la sécuritière voulait absolument que j’enlève ma ceinture avant de passer le portique. Sauf que je ne mets jamais de ceinture et que donc j’avais du mal à l’enlever. Et que derrière moi y avait un groupe de 5 Mexicains (je le sais, ils avaient leur passeport à la main) qui toussaient à n’en plus finir. Après, je pensais que tout ne serait que luxe calme et volupté, à cause que j’avais cassé ma tirelire de Miles et que je voyageais en classe affaires. Erreur.

Je suis montée dans l’avion, et là stupeur, point de siège massant énorme qu’on peut mettre en lit sans jamais toucher le fauteuil de devant. Il n’y avait que des sièges de pauvres, trois de chaque côté. La différence, c’est que celui du milieu ne peut pas être occupé. Ensuite l’hôtesse est passée proposer du champagne ou du jus d’orange. J’étais bien décidée à prendre du champagne, mais tous les autres prenaient du jus d’orange, et ne voulant pas passer pour un alcoolo (il était 15h), j’ai suivi. Bien entendu, à la rangée derrière, ils ont tous pris du champagne. Et bien entendu, y a jamais eu de deuxième tour.

Après le décollage, mon voisin a décidé de se mettre à bosser. Comme tous les autres d’ailleurs, parce qu’un jeudi en début d’après-midi en classe affaires, ça fait un peu tache de ne pas avoir de costume et de petit cartable en cuir pour ranger des documents top secret. Moi j’étais en fausses birk et jean troué même pas petit ami… Enfin bref, mon voisin s’est mis à bosser. Et c’est là que j’ai deviné sa profession. Au moment où il m’a mis des plans de maison format A0 sous le pif, qu’il essayait d’étaler avec les deux bras bien écartés. Architecte. Bingo. Le seul qui fait le mariol il est pour moi. Etonnant, non?

Après une heure de regardage de plans, qui ne m’ont d’ailleurs pas franchement convaincue, sans doute à cause des arbres tout rachitiques virtuellement plantés devant une façade jaune poussin, il a décidé de faire la sieste. Du coup moi aussi, parce que ça faisait un bout de temps que je l’attendais celle-là. C’est à ce moment-là que les deux vieilles de derrière ont commencé à criscuter. Oui criscuter, comme discuter en criant quoi, criscuter. Que Archie et moi on pouvait pas fermer l’œil.

On a fini par arriver, et j’ai pris le bus pour rejoindre le coboille. Oui parce que le coboille était là depuis dimanche, pour causer de sa science avec des gens qui font la même science. Pendant une semaine, tout le monde cause de ce qu’il fait dans l’unique but de montrer que ce qu’il fait est plus bien que ce que font les autres. Quand on est élégante et prestante comme moi, on peut aussi appeler ça « le concours de suikalaplugrosse ». Et vous serez donc ravis d’apprendre que cette année, ce sont les Hollandais qui ont la plus grosse.

A peine arrivée, je suis allée au dîner de la science en goguette. J’étais bien contente, parce que j’allais revoir des gens qui viennent parfois bosser au labo à Paris, et chez qui on était allé l’an dernier au Nouveau-Mexique. D’où une arrivée remarquée en bas du restaurant « Ouhou, Tiiiiiiidjééééééééé » (Aïe av euh véri tcharmingue french accent). Après avoir bien hugué tout le monde, on a pu passer à table. Dans une petite salle à l’étage, très basse de plafond. Et avec une acoustique très pourrie qui a fait qu’au bout de 2 minutes, tout le monde criscutait très fort.

Fidèle à ma poisse habituelle, j’ai eu la chance de me retrouver en face du seul sourd de la soirée. Mais fidèle à ma politesse habituelle, j’ai tenté de lui faire la causette. Et c’est seulement à ce moment-là que j’ai compris qu’il était sourd. Dommage. Du coup, il a commandé plein de vin en me disant 20 fois que c’était pas du tout pour je sois drunk, ouh la la, ne nous méprenons pas. Mais je n’écoutais déjà plus, parce que les calamars étaient devant moi, et je ne puis résister aux calamars (lula en portugalien, squid en anglais, calamar en espagnol, calamar en français, kalmar en allemand, je peux en manger dans tous les pays de la Terre si besoin) .

A ce stade, on avait déjà bu du vin rouge (pas bon, et qui tache boucou, je pense qu’ils jettent les nappes tous les soirs dans ce resto, sinon c’est pas possible), mais surtout pas mal de vinho verde, qui est l’exact contraire des vendanges tardives et qui se traduit en français par vendanges tôtives. Et on avait fini au Porto.

On ne pouvait pas en rester là, il était bien trop tôt et nous avons fait une promenande en pente qui monte jusqu’à un bar. J’ai pris un verre de sangria. A 1€ et des poussières. Et surprise, il faisait 75 cl. Et c’est beaucoup. On est rentré à l’hôtel à 2h30, et en plus il y a une heure de décalage avec la France, donc pour moi il était 3h30. J’étais légèrement fatiguée. Mais moi, j’avais pas le dernier jour du grand prix de suikalaplugrosse à me taper. Je pensais même pouvoir dormir jusqu’à 11h. Mais ça c’est parce que j’avais pas pensé que ce serait le défilé des camions de livraison en bas de mes fenêtres dès 9h et que j’aurai une crampe en plein milieu de la nuit, une comme j’en avais jamais eu avant, la plus douloureuse crampe nocturne de ma longue carrière de crampes nocturnes à la jambe gauche (je vous conseille de hurler PUTAIN en pleine nuit quand vous dormez à l’hôtel, ça fait toujours plaisir aux voisins en général et au voisin de lit en particulier).

J’ai finalement réussi à me traîner jusqu’à la salle du petit déj, parce que le truc génial des hôtels c’est le buffet avec jambon et fromage à volonté (mais ça arrive juste avant le buffet petit dej le plus génial de l’hôtel de la Thaïlandie où y avait aussi des tas de plats trop bons en plus de la charcuterie et des œufs habituels que je sais même pas comment j’ai fait pour ascensionner la jungle avec ça dans le bide)

Et ensuite, j’ai bugué. Le ciel était gris très très foncé, mais j’ai rendu la clef de la chambre et laissé les bagages à la consigne de l’hôtel. Avec mon parapluie cassé dedans. Et je suis partie me promener, direction le Tage, histoire de ne pas faire un truc à haut potentiel de wahoutitude sans le coboille. La bonne nouvelle c’est qu’il y avait moult magasins le long du chemin. Et que j’ai pu acheter un parapluie tout neuf. La mauvaise nouvelle c’est que mon parapluie m’a été très utile. Mais bon je suis allée tout en bas, vers le Tage. Au moment où je devais déboucher sur une belle place, à la fin de la balade, je suis tombée sur un énoooooorme chantier avec de grosses palissades bien occultantes qui cachaient tout le paysage. Et c’était pas un petit chantier pour la rigolade, non non, c’était le réseau d’assainissement et de traitement des eaux usées qui était en travaux. Je vous laisse imaginer l’odeur hein, c’est cadeau.

J’ai contourné le chantier, en prenant un chemin à haute teneur en flaques (j’étais en tongs naturellement) pour quand même aller voir le Tage. Je pense que je l’ai vu, ça devait être le truc gris foncé sur lequel flottaient les bateaux militaires gris, là juste en dessous du ciel gris foncé d’où venait la pluie.

Je suis rentrée, comme à l’aller, en allant de magasins en magasins pour essayer de conserver les quelques centimètres carrés de vêtement secs que j’avais encore. Et j’ai retrouvé le coboille pour déjeuner. Ensuite, retour à l’hôtel pour récupérer les bagages et aller dans le nouvel hôtel, tout en haut en haut en haut d’une rue qui monte, comme il se doit.Et là, ce fut le bonheur, 2 heures de sieste pour se remettre de la nuit.

Et étrangement, dès l’instant où je n’ai plus été seule, la poisse est partie. Je crois que le coboille a un effet inverseur de poisse en fait. Bon il a un peu plu le samedi matin, mais j’étais à l’aquarium, bien trop occupée à convaincre le coboille d’adopter des loutres de mer pour me préoccuper des ces considérations météorologiques.

Bref, Lisbonne c'était bien. peut-être même que je mettrai les photos ce soir si j'ai le temps et le courage.


Les photos:

Promenade en pente et ciel menaçant, photo réalisée sans aucune mise en scène ...


Loutre en plein repas, à la demandé générale de Phoebe, président du sealoutre fan club.


Mulottes et soutifs portugaliens, pas du tout Ashley-approved

Rue qui monte pour aller à l'hôtel, très bonne excuse pour se péter le bide le soir "mais siiiiii j'ai besoin d'un dessert, sinon j'aurai jamais assez de force pour monter la rue"


27 commentaires:

eh M'dam a dit…

heureusement que je surfe pas en open space, j'ai éclaté de rire de façon peu élégante et prestante (mon doudou, l'est né à Rotterdam)
... en Nouvelle Zélande d'ailleurs sur sa nouvelle carte d'identité (on l'a scannée, puis rendue)!!!!

eh M'dam a dit…

criscuter... je vois bien de quoi il s'agit. Dès fois les gens il faudrait pouvoir les baillonner

Phoebe a dit…

Des photos des loutres !

Les Pitous a dit…

Note pour moi-même : faire des calamars à la sétoise pour un certain pique-nique au châtal, parce que c'est très bon froid aussi.

Tu n'as pas été prise en eau-Tage (ahahah)?

Françoise a dit…

Oui, mais alors, les loutres vous les avez adoptées ?

lutecewoman a dit…

non, ils ont adoptés des pingouins qui sont manches, le bébé posé sur les pattes du papa (à côté des célébrations qui descendent mystérieusement).
Les loutres, c'est dommage, on aurait pu imperméabiliser les trous sous le parquet avec des beaux sacs poubelles et les regarder s'ébattre dans le couloir.

isabella a dit…

ouais ben moi j'ai pas un souvenir extra du portugal hein. Mais bon j'étais jeune. Et je chantais, donc.

Lilly a dit…

1) j'adopte "criscute" c'est tres descriptif...
2) tu me fais toujours autant rire (et dieu sait que j'en ai besoin en ce moment) alors merci
3) bah non rien... je retourne a ma science...

Guilitti a dit…

j'adopte aussi le verbe criscuter, et je note les calamars chatalesques.. d'ailleurs, je vais mailer dès ce soir..

Fyfe a dit…

Tu postes plus très souvent mais tu es pardonnée parce que je vais rigoler longtemps avec celui là :)
(c'est le développement durable du blog ? La décroissance postesque ?)

Ashley a dit…

@eh m'dam: attention, suikalaplugrosse change tous les ans, fais pas trop la maline.
@phoebe: ton rêve a été réalisé, profite...
@les pitous: oui oui, note bien surtout. Eh oh oh le jeu de mots(tu serais pas un peu fan des jeux de mots, surtout ceux avec Quézac dedans, enfin des trucs avec de l'eau dedans?
@françoise: non, on a peur que les gerbilles fassent une crise de jalousie, donc on attend un peu, le temps de les préparer psychologiquement
@lutecewoman: t'inquiète, ils vont me le vitrifier, on pourra mettre les loutres. D'ailleurs si tu veux je t'invite pour le ponçage, on rigolera bien et on pourra pas aller double-piter
@isabella: moi j'ai pas beaucoup de souvenris surtout, à part Porto, je me souviens que ça monte
@lilly: 1 moi aussi, aussi inventé, aussi adopté, je suis très fière de moi su ce coup-là
@2 bah non alors, faut rigoler (ça va quand même j'espère)
@guilitti: ok j'attends ton mai. Et note aussi, t'as raison, mieux vaut deux fois qu'une
@fyfe: tu veux vraiment te lancer sur le terrain des gens qui postent pas souvent? 8 notes en mai quand même, ça fait deux par semaine, c'est pas si pire hein. Eh oui je blogue durable, voilà ça doit être ça

saperli a dit…

ah j'aime bien les mulottes et soutifs... J'ai été impressionnée à Lisbonne de voir les magasins "normaux" (genre chaînes qu'on voit dans toutes les villes du monde) à côté d'autres boutiques du siècle dernier (mercerie avec des tissus que ma grand-mère auraient trouvé démodés, bijouterie avec des articles en or pour les communiantes des années 50,épicerie avec les morues sèches qui puent, bazar avec des postes radios de quand j'étais petite, etc...) Enfin, j'ai adoré cette ville !

C'est Alice ! a dit…

Que çà te serve de leçon ! En business class, ou en first, tu t'en fous, tu fais ce que tu veux, c'est toi la queen ! Tu veux boire du champ' à 3h de l'aprem, tu emm**des le monde et tu le fais !
Moi la seule et unique fois de ma vie où j'ai voyagé en business, en décembre dernier donc, j'ai eu 1/2 seconde de doute et de scrupules, et pi j'ai dit au diable les conventions, ces gens et ces hôtesses, je les reverrais plus jamais jamais, "vas-y miss fais péter le champagne ! Et n'oublie pas de revenir un peu plus tard pour un refill" (nous le voyage durant 12 heures ;) !!)

marie à tout prix a dit…

La seule fois où j'ai pas eu de bol en avion, c'était à Lisbonne. Outre que c'est HYPER dangereux comme descentre, j'ai découvert mon sac eventré à l'arrivée. Neuf le sac ;-(
C'est peut être aussi un peu gràce à moi que t'as eu de la chance ce coup ci.

Fyfe a dit…

Oui mais spa pareil, tu comprends, toi tu nous avais habitués à poster tous les jours ! Moi j'ai jamais fait un truc aussi foufou tu wouas.
Bref.

lili est insolente a dit…

cette loutre est formidable

Ashley a dit…

@saperli: oui c'est vrai, c'est très mélangé, ancien très ancien et trucs de moda.
@c'est alice: j'avais fait un AR paris NYC en business, c'était juste parfait comme voyage (à part à l'aller où mon voisin était le plus gros truand de la terre et m'expliquait le plus naturellement du modne comment il avait été obligé de déplacer son cabinet de dentiste de la métroploe vers mayoette dans un premier temps, puis de mayoette au emxique parcqu'il avait trop fraudé la sécu...)
@marie à tout pirx: ah oui ça oit être ça, merci pour le sacrifice alors, ça me touche boucou
@fyfe: ouais je sais, mais bon vous êtes jeunes, vous pouvez encore changer vos habitues, courage...
@lili est insolente: tu crois pas si bien dire. Au niveau du torse, ils ont uen espèce d epoche entre deux bourrelets et ils stockent la bouffe là-dedans, c'est très impressionnant (parce que bon transposé à l'homme, forcément, se caler des poissins crus entre les bourrelets du bide, voilà quoi)

lutecewoman a dit…

Ton étal de mulottes, on dirait un étal de dindes lol :D

(oui, je reviendra. Sauf si je casse ma pipe (en sucre) d'ici là).

Titi a dit…

Je suis épatée par la glamouritude des tulottes lizboniennes ! Et puis sinon, je crois que je vais pleurer jusqu'à ce que quelqu'un m'offre une loutre, c'est trop mimi un loutre !

Gaëlle a dit…

Elégantes, les mulottes...
Ca avait l'air génial, je suis trop jalouse ;-)

elodie la marguerite a dit…

J'échangerais bien des mogettes contre des calamars moi ! ça me tente bien lisbonne, j'adore les villes aux rues en pente montantes...

L'abeille a dit…

T'as pas précisé mais ils sont comment les desserts lisbonniens, un seul ça fait pas beaucoup pour affronter les rues en pente.

Londoncam a dit…

Aaah, j'ai trop hâte d'aller en Lisbonnie en septembre !!!

Titi a dit…

youhou, le troll a dit qu'il était d'accord pour adopter une loutre (alors qu'il a toujours dis non pour le bébé chameau et la chèvre naine). T'as plus qu'à retrouner à Lisbonne pour aller m'en chercher une :-)

Llyn a dit…

La loutre, ça demande quand même un peu de logistique niveau salle de bain. Mais c'est mignon tout plein, y'a pas de doute.
La Lisbonnie c'est un bien beau pays! Tu as bien eu raison pour les desserts, des montées pareilles, ça demande du sucre en quantité!

Phoebe a dit…

Le comité international des aimeurs de loutres te remercie (je veux être réincarnée en loutre, aussi)

Ashley a dit…

@lutècewoman: oh punaise, joliment casé celui-là, fautq eu j'aille faire mieux chez toi de ce pas
@titi: et surtout ça pue beaucoup moins qu'un pingouin, ce qui n'est pas négligeable (t'as revendu Cunegonda?)
@gaëlle:extrêmement élégantes même (à côté y avait un magasin de blouses aussi, ça allait très bien ensemble)
@élodie la marguerite: j'en connais pleind e svilles aux rues en pente qui montent, je te ferai la liste si tu veux
@l'abeille: si si un seul ça suffit parce qu'au bout de deux, je pense que c'est impossible de se traîner, même à plat
@londoncam: et tu as bien raison
@titi: on va plutôt demander à londoncam d'en ramener une, elle est plus à une près, elle a déjà eu de grosses commandes samedi soir
@llyn: mais non, ce sont de minuscules détails techniques (je viens d'imaginer une loutre en train de jouer dans ma mini baignoire et même en imaginant, y avait de l'eau dans tout l'appart)
@pheobe: réfléchis bien, parce que les pieds palmés c'est pas ce qu'il y a de plus pratique pour les chaussures, surtout les tongs