mercredi 19 mars 2008

Popotin, subst. masc.

Pop., fam. Derrière, postérieur (d'une personne, en particulier d'une femme). Synon. pop. pétard. Onduler, remuer, tortiller du popotin. «Merde! Ce qu'elles sont moches», soupire l'aspirant. «Eh! dit l'autre, il y a de quoi faire: vise le popotin de la brune» (SARTRE, Mort ds âme, 1949, p.267).

Et oui aujourd’hui est le jour tant attendu où vous allez apprendre que je ne suis pas complètement tarée d’une part, et la signification du popotin arrière d’autre part. A partir d’aujourd’hui, le premier que dit « popotin arrière, comme si y avait un autre popotin que celui de l’arrière » devra copier 10 fois A LA MAIN cette note et faire signer par ses parents, merci.

Pas plus tard qu’il a au moins un an, je pérégrinais d’article scientifique en dissertation philosophique, quand tout à coup je suis tombée sur un article PASSIONNANT qui parlait des seins nichonesques. Et qui s’interrogeait sur le pourquoi du comment de l’attribut. Bah oui c’est vrai chez toutes les autres espèces , le nichon est rétractable et rétracté presque tout le temps, sauf en période d’allaitement. Mais chez les Hommes de sexe féminin, il est tout le temps là. Et fort heureusement, l’article donnait la réponse.

Pour mieux comprendre, remontons le temps, et allons quelque part très longtemps avant Jésus Christ. Nous sommes au temps béni où l’Homme n’est pas encore l’Homme, au temps où il ne se distingue guère de son ancêtre le singe, n’en déplaise aux créationnistes. A cette époque, les vendeurs de chaussures font fortune car les Hommes ne marchent pas sur 2 mais sur 4 pieds (enfin si on considère que les mains sont des pieds, mais c’est un autre débat). Très longtemps avant Jésus-Christ, ce n’est pas le revenu mensuel, la marque des chaussures ou le nombre d’amis sur Fesse-Bouc qui rend beau et attirant. Très longtemps avant Jésus Christ, du temps où tout le monde marchait à 4 pattes, la beauté du visage non plus n’était pas importante (tout le monde s’en tamponnait, y avait bien trop de poils là-dessus pour voir quoi que ce soit). Du temps où tout le monde marchait à 4 pattes (sauf les poissons, les oiseaux et les animaux à plus de 4 pattes, bien entendu), une seule et unique partie du body avait de l’importance : l’arrière-train. Le Q, ça c’était de l’argument de vente. Au plus il était gros, au plus t’étais une bonne future mère.

Et puis un jour, un peu moins longtemps avant Jésus Christ, à cause que le pouvoir d’achat s’est cassé la goule, les Hommes ont décidé que deux paires de chaussures pour marcher, c’était bien trop, en s’appliquant un brin, y avait peut-être moyen d’en utiliser seulement une. C’est comme ça qu’ils ont décidé que debout sur les pattes arrière c’était plus mieux (c’était ça ou travailler plus pour gagner plus, le choix a été vite fait). L’Insee a alors noté une très grosse baisse de la natalité, et tout le monde était bien embêté, c’est qui qui va payer les retraites si on a plus personne qui cotise dans 40 ans hein ? Le lobby des vendeurs de chaussures était lui aussi très très colère.

Un Grenelle du Popotin eut lieu. Et des mesures exceptionnelles furent prises. Il fut décidé qu’une partie du corps peu accessible à la vue lors de la marche à 4 pattes devrait prendre le rôle de piège à cons habituellement tenu par l’arrière-train, ou popotin. Pourquoi pas instaurer le gros bide comme indicateur de la sexitude ? Non non se disèrent les spécialistes, les Hommes de sexe féminin risqueraient de sombrer dans la bière et la charcuterie pour se rendre plus attirantes. Ce sont donc les seins qui furent les heureux élus. A partir de ce jour, les seins seraient gros en permanence, et non pas plats tout le temps sauf en période d’allaitement comme auparavant. C’est ainsi que la notion de popotin avant vit le jour, et celle de popotin arrière également.

Un tiers des vendeurs de chaussures se convertirent, après Jésus Christ, en vendeurs de soutifs, et un autre tiers, bien plus longtemps après Jésus-Christ, se lancèrent dans le silicone.

lundi 17 mars 2008

Y a des jours, tu sais pas pourquoi...

Il y a un homme, un grand philosophe, un penseur qui résume très bien ma vie en ce moment. Comme je ne peux décemment pas vous laisser dans l'ignorance de son plus grand chef d'oeuvre de la pensée moderne, je vous le livre ici



Le pire dans tout ça, c'est pas que j'ai été obligée de jeter plus d'un mois de boulot à la poubelle ce matin, ni que je ne peux même pas allumer le chauffage chez moi rapport à que ça me coûte la peau du popotin arrière, non le pire c'est que cette chanson, je la connais par coeur.

Alors plaignez-moi les gens, plaignez-moi.

jeudi 13 mars 2008

Vis ma vie de Calamity

Parfois, j’aimerais pouvoir partir loin, en vacances, et surtout sans moi. J’ai déjà essayé, mais il semblerait que ce soit impossible. Alors je tente de me supporter au quotidien. Et c’est pas tous les jours facile. Prenons si vous le voulez bien les dernières vingt-quatre heures, que nous considèrerons comme un échantillon représentatif de ma vie.

Le matin de bon matin, genre vers 6h30, je vais prendre ma douche. En sortant de la douche, je commence les tartinages de rigueur : le déo pour sentir bon de sous les bras même si je passe la matinée dans une pièce où il fait au moins 25°, puis la crème sur le visage parce que sinon ça tire et quand ça tire j’aime pas ça, ouh la la non. Sauf que apu la crème. Y en a juste assez pour me crémer les joues. Désarroi total.

Puis je m’habille, je mets une robe-pull.

Et je pars, avec le front qui tire mais les joues confortables.

J’arrive au labo des gratins de rat, et je dis « Salut, ça va ? Moi j’ai le front qui tire, on va boire un café ? », je pense donc qu’à cet instant j’ai légèrement perdu en crédibilité.

Après le café, je vais faire mes manips, et le problème c’est que c’est répétitif et pas très compliqué, donc mon cerveau pas très mobilisé par ce qui se passe au niveau de mes mains décide de prendre le contrôle de ma bouche. Sauf que le cerveau a décidé que les oreilles ça ne l’intéressait pas, et je me suis pas rendu compte que longtemps après que ça faisait de longues minutes que je chantais à tue-tête, sous les regards et les oreilles médusés des autres :
« Ce n’est pas très intelligent
Que de faire du toboggan
Sur une râpe à gruyère
Quand on est un petit hamster
Il vaut mieux il vaut mieux
Courir dans les bois près des sources
Pendant que pendant que
Sommeille le gros ours »

free music


A cet instant précis, j’ai bien senti que ma crédibilité était partie, loin très loin, qu’elle était partie courir dans les bois près des sources. Alors j’ai eu un coup de chaud, j’ai rougi, et comme je le rappelle il fait plus de 25° dans cette salle alakon, j’ai décidé d’enlever mon pull. Et on a frôlé le conflit diplomatique, parce que j’ai bien failli ne pas souvenir à temps que je n’avais pas un pull, mais une ROBE-PULL et que donc c’était mieux pour tout le monde que je continue à suer dedans.

A cet instant, il était aux environs de 10h du matin, la journée promettait d’être très pénible.

Et elle a tenu ses promesses puisque l’après-midi c’était la visite médicale.

Ensuite vers 18h30, je me suis souvenu que j’avais un colis qui m’attendait à la Poste, et donc je suis partie en criant « Merde mon colis » (élégance et prestance, comme toujours). Je vais chercher le colis en question, tout se passe bien, je me fais même pas engueuler par le monsieur derrière le guichet alors qu’on était à 5 minutes de l’heure de fermeture (d’habitude à 18h15 ils font déjà les très très gros yeux), je rentre chez moi, j’ouvre la boîte aux lettres, et je vois que je dois aller à la Poste chercher un recommandé. C’est trop tard évidemment.

Le soir, prise d’une soudaine poussée d’épousabilité, à peine arrivée, lavée des mains et pyjamaïsée, je range le linge qui était en train de sécher dans la cuisine alors que ça faisait moins de 5 jours qu’il était sec et ça c’est pas normal du tout. Pire même, je repasse un truc froissé alors que je n’avais pas du tout prévu de le mettre dans les deux prochaines minutes. Et ensuite, j’ai fait la bouffe, je crois même qu’on peut dire que j’ai fait la cuisine, et c’était EQUILIBRE. Mais il manquait un petit quelque chose, alors j’ai mis deux bonnes pincées de piment de Cayenne. Juste après ma gale de l’œil s’est réveillée, et je n’ai rien trouvé de mieux à faire que de gratter ma gale oculaire avec mon doigt qui venait de toucher le piment. Ben ça pique. Fort. Très fort. Et après tu pleures, mais que d'un oeil.

Suite à ça, j’ai voulu me laver les mains, sur le chemin du lavabo je me suis pris les pieds dans le bas de mon pyjama et je me suis étalée dans mon immense salon (j'ai toujours pas compris comment j'avais fait pour en me prendre aucun coin de meuble vu la taille de ma demeure seigneuriale). Là j’ai décidé d’aller me coucher.

Donc franchement, plaignez-moi les gens, plaignez-moi, parce que ça c’était 24 heures ORDINAIRES. Bouhouhou.

mercredi 12 mars 2008

Je suis zétée au docteur

Aujourd'hui j'étais conviée à la fête du slip annuelle où que parfois t'es obligée de le montrer ton slip: la visite médicale.YOUPI.

J'avais pourtant tout fait pour y échapper, j'avais essayé d'oublier (pour être certaine de l'oublier, je l'avais même marqué dans mon agenda pour une fois), j'avais essayé d'oublier que j'essayais d'oublier, et j'avais essayé de faire en sorte que mes cellules soient prêtes pour faire les manips pile aujourd'hui. TOUT a foiré, ah bah c'est du joli. Alors j'ai dû y aller. Zut et flûte.

La veille, j'avais eu le récit détaillé de la célébration d'un collègue, j'étais donc très au courant de tout ce que j'allais devoir subir: double pi dans gobelet et coups de marteaux dans le genou pour contrôler mon réflexe myotatique (si tu sais faire pipi dans un gobelet et si ta jambe bouge toute seule, youpi t'es apte à bosser au Centre National de la Recherche des Sous). Le coup du genou fut une grande source de haha de uhuh et de blagounettes de toute sorte. Le coup du double pi c'était niet, même pas en rêve je double pite quand on me le demande, moi je suis une autodidacte de la vessie, qu'on se le dise, ils n'auront pas ma liberté de double-piter.

Juste avant de partir, hop hop hop un double pi (je suis pas une menteuse, si je dis que je peux pas c'est que je ne peux pas). J'arrive, je tends ma convocation à l'infirmière qui me demande alors si je suis déjà venue. Réponse non. Elle me demande 3 fois si je suis sure (bah oui je suis sure) puis me dit que je suis une menteuse (on démarre sur de bonnes bases) parce que sur ma convocation y a écrit 3 (si vous aussi vous êtes en possession d'un papier jaune que lequel se trouve le chiffre 3, vous êtes des menteurs). Que j'ai déjà un dossier, que je mens et que je suis déjà venue. Elle m'envoie dans la salle d'attente (punie je fus) le temps de résoudre le mystère avec les autres infirmières.

Bla bla bla bla bla font les infirmières dans la pièce à côté. La première revient, avec un air très malaimable et me hurle dessus "POURQUOI VOUS AVEZ PAS DIT QUE VOUS N'ETIEZ JAMAIS VENUE, ON AURAIT PU VOUS FAIRE REMPLIR LA FICHE ET EVITER D EPERDRE TOUT CE TEMPS". Respire Ashley respire.

Je remplis ma fiche avec application (et la langue sur le côté, ça donne un petit air distingué) histoire d'éviter que l'infirmière me demande de tout épeler, je suis moyennement d'humeur là.

Puis je retourne voir ma copine l'infirmière qui me fait tout épeler de nouveau bien entendu. Et qui m'annonce d'un air tout à fait détendu "bon bah il ne reste plus qu'à faire l'analyse d'urine, vous pouvez là?" Ah non quel dommage rho la la zut et flûte si j'aurais su j'aurais viendu sans passer par la case double-pi. Sauf que la madame elle ne l'entendait pas de cette oreille et elle m'a dit "ah oui mais là c'est la première fois que je vous vois donc c'est OBLIGATOIRE, alors allez boire de grands verres d'eau, vous ne partirez pas d'ici sans avoir fait une analyse d'urine". Ah. Bon bah je vais essayer.

Ouh la la que ces wawas sont accueillants, le mur qui ne va pas jusqu'au plafond et la trappe qui fait mini-bar à pipi pour que l'infirmière puisse récupérer l'objet de toutes ses convoitises... Sauf que moi je suis pudique du double-pi voyez-vous, si je sais qu'on m'entend et encore pire qu'on me surveille, je suis toute bloquée du double-pi. J'ai pensé très fort aux chutes du Niagara, à mon pôpa qui fait le pioupiou également connu sous le nom de "pisse ma jument, pisse", mais nada. Finalement, au prix de nombreux efforts, je réussis à faire don de trois gouttes. Que je mets sur le mini-bar à double-pi pendant que l'infirmière me hurle "vous mettez le gobelet sur la tablette". Ca aussi je déteste, le nombre de personnes qui ont le droit de me parler quand je suis aux wawas est TRES limité: il y a ma môman et deux copines. POINT. T'AS LA LIGNE.

Evidemment j'ai eu droit à une engueulade pour cause de radinerie du double-pi. Mais après, elle a dû se rendre à l'évidence et reconnaître d'un air déçu "vos urines sont PAR-FAITES" (merci, j'y travaille beaucoup) (le niveau de ce blog augmente de jour en jour, je m'étonne)

Ensuite le docteur est venu me chercher. Première constatation: ce midi, il a oublié de mettre son bavoir, et c'est fort dommage.

Après quelques considérations géographiques sur la commune qui m'a vue naître "Saint Doulchard, je connais pas, c'est bizarre", les questions d'usage arrivent.
"Vous êtes doctorante, mais vous faites quoi, vous êtes en thèse?" A ton avis...
"Vous avez des problèmes de vision ou des problèmes aux yeux?" Non (ouh le vilain mensonge)
"Vous connaissez votre poids?" Oui
"..."Oui oui je le connais
"Et vous pouvez me le donner?" Ah oui je peux.
"Et donc vous pesez...?" 25 kilos
'Vous pesez?" Ok j'avoue 27 kilos j'ai un peu pris ces derniers temps.

Ensuite j'ai dû m'asseoir sur la table d'examen pour le fameux réflexe du genou. Je me retenais de rigoler à cause de toutes les blagounettes de la veille. Je regarde donc complètement ailleurs. Il tape uen fois sur le genou droit, puis deux puis trois. Puis quatre. Puis fait la même chose en face. Me demande de reculer. Et tape encore et encore. Il a tapé pendant de longues minutes (le marteau d'impact est vraiment un sujet qui passionne les foules, quand je pense qu'il y en a qui font ça sur des mâchoires de porc alors que j'ai des genoux formidablement non-linéaires, ça me chagrine). Là je rigolais carrément. Plus il tapait et plus je me marrais. Au bout d'un long moment, il a arrêté et m'a dit "bon, on va dire que ça marche pas parce que vous vous y attendiez". Ouais on va dire ça, c'est toujours mieux que d'écrire "molle du genou" dans mon dossier.

Puis, la tension. Et là hop il sort son stéthoscope. Qu'il introduit avec sa grosse main pleine de doigts sous mon chemisier et HOP directos dans le soutif. Bah voyons. Ça va aller, tu veux pas mettre les deux mains non plus blaireau?

"Ça me fait de la peine de vous dire ça, parce que je vais devoir vous laisser partir, mais vous êtes une très belle jeune fille en pleine santé." Moi je suis plutôt bien contente de partir, mais bon... J'étais déjà loin dans le couloir et là je l'entends crier "Attendez attendez, vos parents habitent toujours à Saint Doulchard?". Je suis partie, j'avais un double-pi sur le feu.


lundi 10 mars 2008

Je suis zétée au coiffeur

Devinez ce que j'ai fait samedi... (attention c'est pas facile). Je suis zétée au coiffeur. Et je peux vous dire que j'ai été courageuse, parce que ça s'annonçait mal cette histoire.

Déjà, mon coiffeur à moi que j'aime, celui qui m'a sauvée de Jean-Pierre François la dernière fois, le sosie du bonhomme Michelin n'est pas là. J'ai donc eu un rendez-vous avec une parfaite inconnue qu'en plus d'être inconnue je ne connaissais pas. J'ai à peine eu le temps de jeter un oeil à Paris Match que fallait que je me fasse laver la tête. Premier grand instant de solitude: mon reflet dans le miroir. J'ai une coiffure qui s'appelle "Avis de tempête". Je tente de lisser avec la main, mais je me fais choper par la coiffeuse qui me lance un regard désapprobateur, alors je me relance dans mes saines lectures. Enfin je fais semblant, parce que je regarde tout ce qui se passe dans le miroir. Han y a une coiffeuse qu'on dirait une Barbie, je me sens donc encore plus moche qu'en arrivant. Barbie me dit de passer au shampooing, elle me met un peignoir ridicule, et c'est parti. Deuxième instant de solitude: j'ai jamais compris comment on devait s'installer dans un fauteuil de shampooing. Je sais pas si c'est dû à mon incapacité à m'avachir, mais en tous cas le shampooing c'est mon sport du trimestre, je contracte des tas de muscles qui me servent que chez le coiffeur, à la fin j'ai mal partout mais je suis propre des poils de tête. Mes voisins ont l'air à l'aise, je me sens très seule.

Puis je vais m'asseoir en face de mon non-ami le miroir. Barbie Coiffeuse m'apporte un thé. Je croise mon reflet dans le miroir: troisième instant de solitude. J'aperçois quelqu'un qui me ressemble vaguement mais en plus fatigué, avec les cheveux qui me dégoulinent le long du visage et qui dégoulinent de flotte, avec la bébé-cape en plastoc noir qui pèse un âne mort sur mes épaules... Le tout en peignoir blanc "parce que je le vaux bien" et avec un gobelet brûlant que je rassemble toutes mes forces pour ne pas le jeter en hurlant "ouille ouille ouille putain c'est chaud ça brûle". J'explique à Barbie Coiffeuse ce que je veux et elle attaque en me précisant "vous pouvez boire votre thé, ça me dérange pas". Non non, je me doute que ça te dérange pas, c'est juste que j'ai mes cheveux de cocker qui m'obstruent la bouche... Mais je suis une aventurière, j'essaie de boire mon thé quand même, et c'est le quatrième grand instant de solitude qui arrive lorsque j'essaie d'avaler de façon sélective: le thé oui, les poils de tête non.

Au bout de cinq bonnes minutes silencieuses (le coiffeur c'est à peu près le seul endroit du monde où je ne parle pas quand j'ai rien à dire), Barbie Coiffeuse s'arrête brutalement et parle à mon reflet: "C'est votre jour de repos?". Euh oui. "Ah bah ça va vous faire du bien, vous devez en avoir besoin". PAN dans ta face Ashley...

Deux minutes plus tard, nouvelle pause: "HAN, mais vous avez plein de cheveux blancs, et on les voit vraiment très bien (note pour les gens qui ne me connaissent pas capillairement parlant: je suis la jumelle de cheveux blancs de Gérard Holtz, mais je fais vachement moins de vélo et je le vis très bien), la prochaine fois va vraiment falloir faire des mèches, parce que là ça va pas du tout". (Vous permettez que je ne fasse plus le compte des instants de solitude....). Je me sens très très moche et très très négligée d'un coup, surtout comparée à Barbie Coiffeuse, et donc je rougis bien comme il faut et je me tasse dans mon fauteuil.

Nouvelle pause: "ça fait combien de temps que vous n'êtes pas venue?". Là je sens que le compte va pas être facile à faire, je sors donc les mains de sous le peignoir, et je compte sur mes moignons. Alors j'ai viendue juste avant de commencer les cours histoire que mes élèves ne se moquent pas trop de moi, j'ai commencé mi-octobre, donc ça fait 5 MOIS! Le visage de Barbie se décompose"CINQ MOIS? Mais c'est pas possible, comment vous avez fait, c'est beaucoup trop long, vos cheveux sont tout abîmés". ghfgfème instant de solitude. Je me sens très très moche. Et je re-rougis.

Ultime pause avant la fin de la coupe: "vous ne vous faites pas de brushing?" Ah bah non jamais, rapport à que déjà un jour sur deux je pars bosser les cheveux mouillés et ma tartine à la main parce que je suis trop en retard, tu veux pas non plus que je me lisse les poils de tête tous les matins non... "Han, bah je sais pas comment vous faites". C'est simple Barbie, je suis pas coiffée, quand c'est sec je fais un tas et j'attache tout et on n'en cause plus jusqu'au soir, je suis wild de la chevelure moi. "Mais je vous fais un brushing quand même?". Oui oui oui surtout oui, demain je vois ma môman, comme ça je serai coiffée d'avance merci.

Puis vint l'épreuve ultime: après récupération de mon manteau et de mon sac, on m'a fait poireauter devant le comptoir juste en face d'un joli panier rempli de carambars et de sucettes. Résister, ne pas céder, résister, ne pas céder, JAMAIS.

35 euros et quelques coups de brosse plus tard chez moi, j'étais bien coiffée, exactement comme j'avais demandé à Barbie Coiffeuse. Mais j'ai dû aller faire les magasins pour me remonter mon moral de fille moche...

Et rien à voir, mais BON ANNIVERSAIRE SOFISO, que le pigeon s'éloigne de toi pour les 50 prochaines années et que la caïpi coule à flots

jeudi 6 mars 2008

Miraculée

Depuis que je suis née, j’ai survécu à des tas de cancers, à des maladies orphelines, à des tas de maladies génétiques et aussi à je ne sais combien de maladies plus banales. Je suis une survaïvor. Et pourtant je n’ai jamais mis les pieds à Lourdes, bien qu’on m’ait ramené quand j’ai petite une magnifique vierge en plastoc qui brillait dans la nuit, flanquée d’une non moins belle Bernadette en plastoc, le tout sous cloche et que quand tu remontais le truc, ça chantait des bondieuseries, MAGNIFIQUE en un mot. C’est resté dans ma table de chevet pendant des années. Mais les goûts plus que douteux des pieux membres de ma famille ne sont pas le sujet du jour, donc je reprends.

Voilà depuis quelques années j’ai un gros problème, je suis persuadée que j’ai attrapé toutes les maladies du monde, et spécialement les plus crades et les plus difficiles à vivre en société (oui j’ai un domaine de prédilection dans la maladie). Dès que j’entends parler d’une maladie, je suis certaine de l’avoir. C’est comme ça que je me suis retrouvée atteinte de maladies tropicales affreuses qu’on ne peut attraper que si on se baigne dans des eaux tropicales infestées de bestioles (moi je l’ai attrapée dans le métro, pour moi le métro c’est un peu tropical au niveau faune et flore bactérienne). D’horribles parasites avaient pris possession de mes intestins (sinon comment expliquer ce mal au ventre alors que je n’avais avalé qu’un litre de coca et un demi-paquet de pâtes crues ?).

Dans ces cas-là en plus j’hésite à aller chez le médecin. Alors je me donne une date butoir, si les symptômes n’ont pas disparu à telle date, je vais chez le docteur (au pire, même si j’ai rien, j’aurai au moins vu une vidéo rigolote sur ToiLeTube). Evidemment, quelques heures après je suis guérie (mais j’ai drôlement eu peur, parce que des médecins spécialisés dans toutes les maladies rares que j’attrape, y en a pas des masses, heureusement que j’habite à Paris, je les ai sous la main comme ça). Par contre, quand je suis vraiment malade, bah là je n’hésite pas, je ne vais PAS chez le médecin, je me dis que ça va passer tout seul (et après je me fais engueuler quand je lui dis que oui ça fait 2 jours que j’ai 40 de fièvre mais bon Doliprane et ça repart).

La dernière maladie que j’ai attrapée, c’était lundi. Lundi matin je suis allée bosser, mais y avait un petit dej, avec moult gâteaux choco, tiramisus et compagnie, et comme j’avais le choix entre vomir dans le plat de tiramisu ou rentrer dormir chez moi, j’ai pris l’option b, car je suis une fille bien élevée. J’attendais le début des feux de l’amour en zapouillant sans grande conviction quand je suis tombée sur le magazine de la santé sur la 5. Je sais très bien qu’à chaque fois que je le regarde, je me découvre une maladie, mais bon courage, il faut bien mourir de quelque chose, alors j’ai regardé. Et là, ils se sont sentis obligés de nous informer qu’il existait une maladie, pas hyper facile à diagnostiquer, mais très enquiquinante. Et que même si les symptômes peuvent paraître anodins, il faut surtout aller consulter rapidement. Les symptômes en question sont les démangeaisons, et la maladie c’est la gale. Il faut savoir que ça fait presque un mois que je me gratte frénétiquement les coudes (une des zones touchées par la gale bien sûr). Bien sûr tout ça n’a rien à voir avec le stress horrible que j’ai en ce moment. Non la vraie raison, il faut que je me rende à l’évidence, c’est que j’ai la gale.

Alors là la machine s’emballe. Demain je vais chez le médecin et je lui montre mes coudes (on voit rien mais c’est pas grave). Saleté de métro, voilà j’ai attrapé ça dans le métro c’est sûr. Ah et merde ça se balade ces bestioles, va falloir que je désinfecte mes fringues ma moquette mes rideaux mes draps mon lit. MON LIT ? Ah punaise mais y a eu Shalima dans mon lit elle a peut-être attrapé la gale. Han faut que je l’appelle pour la prévenir. Oh la honte sur internet, tout le monde va savoir que j’ai la gale. Han et Isabella s’est assise sur mon canapé, faut que je la prévienne aussi. Oh mais comment je vais faire pour annoncer ça aux gens ? Ah mon Dieu je suis maudite. Je le savais.

Evidemment, depuis ce jour-là, je ne me gratte plus, ça ne me démange plus, bref je suis un magnifique cas de guérison spontanée de gale (mais quand même j’hésite beaucoup avant de m’asseoir dans le métro depuis, sauf sur le ligne 8 où les sièges sont faits d’un moche mais rassurant plastoc bleu immonde).

Voilà, bientôt j’aurai peut-être la peste ou alors la lèpre. J’hésite.

mercredi 5 mars 2008

Le con(trat) de con(fiance)

Résumé de la saison précédente : au mois de septembre, Ashley devait partir en ouacances en Belgiquie. Mais le chemin vers les vacances est une route sinueuse et très en pente, et Ashley rata l’embranchement au carrefour dit « de la Loi de Murphy » et c’est ainsi que son appareil photo décéda la veille du départ. Prise de panique, Ashley se saisit de ses chèques cadeaux rudement gagnés en remplissant de passionnants sondages sur des désodorisants pour wawas et autres insecticides, se dirigea chez ces blaireaux férus du contrat de confiance et empletta un joli piti appareil Ni Conne. Au mois de novembre, il était déjà décédé.


Saison2, épisode 1 : Fin janvier, prise d’une frénésie de « ah mon Dieu j’ai des tonnes de trucs à faire, mais tout, même le pire (j’ai même envisagé d’aller faire la queue dans une boutique SNCF tellement j’étais désespérée), plutôt que bosse », je vais expliquer mon cas au SAV du contrat de confiance (que nous nommerons désormais CC, ah tiens c’est marrant c’est COMME PAR HASARD les mêmes initiales que casse-c*uilles). On me répond « han bah c’est normal que ça marche pas, faut mettre des piles neuves » (ah bah j’y avais pas pensé tiens, blaireau). Sauf qu’avec piles neuves ça marche pas non plus. Et on me remet un joli papier en me disant « c’est écrit que ce sera prêt le 18 février, mais ce sera peut-être prêt avant, dans ce cas-là on vous enverra un SMS pour vous prévenir ».

Saison 2, épisode 2 : le 18 février, je me rends chez CC et je tends mon papier au monsieur. Qui me demande « vous avez reçu un SMS ? Parce que si vous avez pas reçu de SMS c’est même pas la peine hein ». Ah. Tout le contraire de ce que m’a dit l’autre. Ok pas de problème. On m’explique comme si j’étais demeurée que la date inscrite sur le reçu c’est juste histoire de mettre une date, mais ça peut très bien être prêt plusieurs semaines après (d’où l’utilité de la case sans doute). Sur le chemin du retour, je décide de lire le reçu en question. J’y apprends en lisant la rubrique « Etat de l’appareil » qu’il est qualifié de « MOYEN. PETER ». Certes il ne marche plus, il est donc quelque part un peu péter comme on dit que CC, mais il est pas dans un état MOYEN il est flambant neuf, bande de blaireaux.

Saison 2, épisode 3 : SMS de CC qui me dit que je peux venir chercher mon appareil. Je vais donc chez CC pendant la pause déjeuner. Je récupère l’appareil, on m’annonce que c’est un nouvel appareil(je suppose que l’autre était trop PETER), je signe, je repars avec. Histoire de ne pas l’échapper en plein milieu du boulevard, je ne l’ouvre qu’une fois arrivée au labo. Surprise n°1 : l’appareil « neuf » est dans un état moyen, il manque de la peinture par endroit (sans doute pour me rendre un appareil dans le même état que ce qui était écrit sur le reçu). Surprise n°2 (la plus meilleure) : le bouton qui sert à sélectionner le mode photo ou film est complètement PETER.
Retour CC immédiatement. J’explique au monsieur que ça marche pas très très bien son « nouvel » appareil puisque je ne peux choisir ni film ni photo et que donc c’est un peu dur de faire une photo ou un film. Réponse « han bah ça c’est sûr ça peut pas marcher, y a pas de piles ». Super vendeur sort ses piles, allume l’appareil et me montre qu’on voit quelque chose dans l’écran avec un vengeur « alors, qui avait raison ? Ca marche ». Quand je lui ai demandé de se mettre en mode photo, il a moins rigolé, et il a dit « ah bah bravo Ni Conne, bon bah on va leur renvoyer ».
Il s’approche de son PC, et me dit « alors là, je vais leur rédiger un truc pour bien montrer que vous êtes pas contente ». Il tape. Longtemps. Très longtemps. Trop longtemps. Et me lit sa prose « La cliente est très en colère, elle aimerait un appareil neuf et non pas un appareil dont la peinture est abîmée ». Ah. Je réexplique mon cas, ce qui m’embête c’est pas franchement la peinture, c’est surtout de ne pas pouvoir prendre de photos avec un appareil photo soit disant neuf. Il re tape. RE longtemps. Re très longtemps. Je signe son reçu et je regarde la date qui ne sert à rien dans la case où il faut mettre une date sans rapport avec la date où l’appareil sera prêt : 5 mars (ceci dit ils sont malins chez CC, ils précisent pas l’année)

Saison 2, épisode 4 : le 4 mars dans l’après-midi, mon portable sonne. C’est mon copain Numéro privé qui m’appelle. Je réponds. « Bonjour Mademoiselle Abbott, vous êtes bien mademoiselle Abbott ? C’est le service après-vente CC. Je vous appelle pour vous dire que votre appareil qui devrait être prêt le 5 mars ne sera prêt qu’aux environs du 20 mars ». Evidemment elle a pas su me dire à quel point les environs étaient larges. Et surtout surtout, tout ça ne résout pas le problème de la case où il faut mettre une date sans rapport avec la date où l’appareil sera prêt sauf que si jamais à cette date il n’est pas prêt on vous prévient par téléphone. En fait c’est juste la case pour mettre la date à laquelle l’appareil ne sera pas prêt, donc ils mettent n’importe quoi, comme ça ils ont 364 (ou 365 les années bissextiles) chances sur 365 (ou 366) de tomber juste.

Bientôt, la suite de notre formidable série. La saison 3 s’appellera « Ashley part en vacances aux Etats-Unis avec le même appareil photo jetable que quand elle est partie en classe de mer en CE2 ».

lundi 3 mars 2008

Bébé meuh, meuh, groin groin, côt côt*

* dans ce titre se cache une citation de La Fontaine en onomatopées, saurez-vous la retrouver?

Avec moins d'une semaine de retard, le récit du salon des meuhs (là c'est le moment où la foule en délire crie) où que j'étais jeudi avec monsieur mon père, que si j'étais vous je lui demanderais de raconter sa version à lui de la journée, on sait jamais, peut-être que je mens.

J'avais rendez-vous à 9h18 au bout du quai pour récupérer le père, nom de code "le colis". La ponctualité et moi ça rigole pas, alors à 9h16 heure de la pendule du bout du quai j'étais postée, et à 9h17 et 32 secondes, heure de la pendule du bout du quai, le train était là, j'en étais toute étonnée. J'ai été rassurée sur le karma familial avec la SNCF quand après les politesses d'usage "Bonjour. Han la la ce que t'as mauvaise mine Ashley" le père a lâché "ah la vache j'étais assis à côté d'un gros connard dans le train, j'ai jamais vu un connard pareil". Rassurée je fus.

Ensuite, appel réglementaire à Môman, qui était supposée être en rendez-vous, et à qui je devais répéter jusqu'à ce que fou rire s'en suive "le colis a été livré, je répète, le colis a été livré". Je dégaine mon portable quand tout à coup, sous une pluie battante, le père me dit "dis à ta mère qu'il fait super beau, j'ai pas voulu prendre ma casquette, alors s'il pleut je vais me faire engueuler". Pas de problème.
Ashley: Le colis a été livré, je répète, le colis a été livré
Môman: Te fatigue pas mon rendez-vous vient de partir
Ashley: Bon bah c'est bon j'ai récupéré le père et il fait super beau ouh la la oui je garde mes lunettes de soleil même dans le métro.

Dans le métro, fou rire garanti, la moitié du wagon était toute étonnée qu'il n'y ait plus de poinçonneurs, tout se perd ma bonne dame.

Première constatation: au salon de la meuh, y a de la faune. Notre matinée fut esclusivement consacrée aux moutons et aux meuhs (j'aime les meuhs). Fidèle à ses habitudes le père a interviewé les éleveurs et moi je restais à côté en hochant la tête (la nunuche c'est un truc que je fais TRÈS bien, et sans me forcer en plus, j'aurais pu travailler sur le plateau du Juste Prix)

Après il fallait qu'on reprenne des forces, alors un piti coup de moules frites ça peut pas faire de mal. Si vous ajoutez à ça le fait que j'ai pu assouvir mon envie de double-pi SANS faire la queue et sans avoir l'impression de passer après un bus entier d'incontinentes, j'étais la plus heureuse du monde.

On avait gardé le meilleur des meuhs pour la fin, donc hop direction les charolaises. Qu'on avait déjà vues sauf qu'on s'en souvenait plus. Donc ça a été le tour des cochons. Et y avait des tas de bébés cochons qui faisaient rien que des bêtises, alors j'ai dégommé de la poussette et de l'enfant en bas âge pour pouvoir profiter du pestacle et c'était crè crè marrant, tellement marrant que le père a dû user de toute sa ruse pour m'en arracher "Oh mais ce n'est pas une odeur de saucisson que je sens par là-bas? Vite vite remontons la piste" (le père il sait me causer)

Je propose ici même une petite pause photos. Crédit photos le Pôpa d'Ashley et Ashley


Ensuite visite des poules, des canards, des lapins, puis des chevaux et des ânes, mais en fait c'était tout nul parce qu'il y avait bien trop de monde, ce qui fait qu'au 5342902ème coup de poussette dans les talons et au 5429201638ème coup de sac à dos on a légèrement craqué, on est partis.Après une pause tout à fait désaltérante, hop hop hop j'ai remis le papa là où je l'avais trouvé (c'est Môman qui a dit quand on a fini ON RANGE).

Et en souvenir, j'ai ramené une sacrée gastro.

PS Etant donné que j'ai TOUT donné sur les légendes des photos et qu'elles n'apparaissent pas automatiquement, soyez gentils de passer la souris sur les photos histoire de lire ma prose, MERCI.

samedi 1 mars 2008

Flash infos

Tout d'abord, le plus urgent: BON ANNIVERSAIRE à ma mamzelle Damitruc de l'amûûr préférée à moi que j'ai. (allez hop, tout le monde tu vas chez elle et tu lui dis bon anniversaire)

Ensuite, merci pour tous vos petits mots, c'est super gentil. Après deux grosses semaines (et y en a encore autant qui m'attendent) qui ne m'ont laissé le temps de rien, j'attendais le week end avec impatience pour me reposer. Que nenni, hier soir j'avais à peine mis un pied dans mon auguste demeure que la fée gastro s'est emparée de moi, et elle s'est rarement autant déchaînée, j'ai pas dormi de la nuit je suis épuisée j'en peux plus au secours (là c'est la déprime TOTALE). Donc pour vous répondre, effectivement je vis d'eau, mais pas trop fraîche, ça fait mal au bide.

Bon week end les gens

PS: si tu es Bernard K et que tu lis ce blog, merci d'organiser largage de médocs chez moi, merci, je peux pas sortir en acheter