Pas plus tard qu’à la fin de la semaine dernière, alors qu’Isabella et moi échangions des mails en direct laïve de nos lieux de travail respectifs, un sujet des plus passionnants est venu sur le tapis (de souris, uhuh) : le vernis des pieds.
Parce que les gens qui habitent au nord de la Loire, je sais pas si vous avez remarqué, mais la mode été 2007 est des plus étranges. Déjà, dans une seule et même journée, tu meurs de froid et de chaud. Alors tu dois essayer d’adapter ta tenue : tu mets donc ton jean que tu peux remonter le bas pour faire de l’air, un débardeur, avec au dessus ton pull d’hiver à col roulé, et dans tes pieds tu mets tes tongs. Ce qui a pour conséquence immédiate d’avoir tous les inconvénients possibles et imaginables : fringues d’hiver que tu n’en peux plus de les mettre non stop depuis octobre 2006, mais obligation de t’épiler pour les 12 minutes où il fera chaud dans la journée. Et aussi obligation de te vernir les doigts des ièps (avec quelques exceptions à cette règle, en effet les femmes enceintes, et les gens sans orteils peuvent être dispensés, au même titre que celles qui n’en ont rinafoute). J’ai calculé, si on fait tout bien comme ils disent de faire dans les magazines pour les filles qui bossent en tailleur et avec plein de dossiers à boucler, on passe plusieurs heures environ à s’occuper d’un truc qui représente environ 1% de la surface totale de notre body, c’est donc complètement hors de question. Alors ma méthode à moi que j’ai elle est vachement plus mieux, donc je partage parce que je suis trop sympa.
En général ce genre d’opérations se pratique devant une émission débile qui fait du bien à la peau, et pour la suite de mon exposé je serai devant l’île de la tentation.
On va partir du principe qu’il y a déjà du vernis sur les knacki qui nous servent d’orteils, et donc on démarre par l’étape nettoyage. Il faut pour cela se munir de dissolvant, de cotons et de cotons tiges. Et de patience. Et d’un masque à gaz. On attaque au gros coton, on étale le vernis plus qu’on l’enlève, on dit des gros mots, on tache la couette parce que bien sûr on est assise sur le lit. Ensuite, quand le plus gros est fait, on s’aperçoit que sur les côtés il en reste plein, c’est laid c’est beurk, alors on frotte avec les cotons tiges. Quand on commence à ne plus comprendre qui couche avec qui dans cette saleté d’île, on fait une pause, c’est le dissolvant qui monte aux neurones. Parce qu’en vrai c’est hyper facile, tout le monde couche avec tout le monde.
Puis, on pschitte un coup de flotte sur les knacki, on essuie et on se saisit de sa lime. On essaie de saisir ses ièps. On s’aperçoit que c’est pas gagné gagné, c’est pas le moment de se faire mal, donc on repose la lime et on fait un piti téchauffement, histoire de ne pas se froisser ou se contracter un truc. Ensuite, on vérifie que rien ne viendra troubler le boulot, on éteint le téléphone et le msn, on enlève du feu ce qui est en train de cuire et on y va. On se plie en douze. Là on regrette d’avoir dîné il y a si peu de temps, parce que la position comprime le bidou bien comme il faut, mais peu thym porte, il faut souffrir, (parfois même vomir) (nan je déconne hein partez pas) pour être belle des orteils. Après de longues secondes d’intenses efforts en apnée, ayé, la première couche est posée. On s’avachit pour les quinze minutes suivantes, et on ne bouge pas les pieds, sinon y a plus qu’à tout recommencer. Quand les 15 minutes sont écoulées (et que chaque candidat a trompé son (sa) petit(e) Hami(e) 12 fois), on y va, on se motive, hop deuxième couche. Et on laisse sécher encore. Quand l’île de la tentation est finie, on peut faire dodo.
Les jours qui suivent, il faut ENTRETENIR et PRESERVER le vernis, parce que bon on n’a pas tous fait l’école du cirque, donc dans la mesure où on peut limiter le nombre de décapage/peinturage, on limite. Pour cela, rien de plus simple :
-toujours mettre des tongs ou toutes autres chaussures qui laissent sortir les orteils, sinon tu peux dire adieu à ton vernis et bonjour à la gymnastique. Il fait 12°C en plein soleil à midi et il tombe 15 lites d’eau à la minute sur ta tronche certes, mais c’est pas grave ton vernis est préservé. Et puis l’eau ça va hydrater tes pieds, ils n’en seront que plus beaux.
-dans le métro, marcher sur les pieds des autres, ça évite de se faire marcher sur les pieds et donc de se faire abîmer son vernis
-dans la douche, se tenir sur les talons, les doigts de pieds en l’air, parce que l’eau ça décolle le vernis. C’est pas hyper confort, surtout le matin avec la tête dans le Q, mais bon après une douzaine de chutes et autant de traumatismes crâniens on finit par trouver son équilibre
-en vacances, ne jamais aller à la plage, bah oui la mer ça décolle le vernis et le sable ça le décape. Ah bah oui hein, faut savoir ce qu’on veut dans la vie, le vernis ou une vie normale.
Voilà, ne me remerciez pas, ça me fait plaisir…