Ce matin, 8 heures, j'arrive au laboratoire d'inititation aux playmobils. Je rentre dans mon bureau et je trouve, assise à mon bureau en train de téléphoner, la secrétaire partie retraiter sa goule depuis un bon mois. Elle cause hongrois dans le poste, sa langue natale. Comme elle m'a déjà fait le coup des tonnes de fois depuis que je suis au labo, pour m'éviter des dizaines de minutes debout juste à côté en attendant qu'elle daigne raccrocher, je débranche le téléphone.
Elle, même pas étonnée: Ah bonjourrr Ashley, bonjourrrr. Le téléphone a sonné alorrrs j'ai rrrépondu, c'est pourrr rrrendrrre le serrrvice. Vous allez bien ce matin?"
Moi, sèche: Bonjour
Elle, moulin à paroles: Vous savez je vais déménager bientôt, octobrrre peut-êtrrre alorrrs je fais carrrtons et je n'ai pas assez la place alorrrrs je viens déposer mes affairrres laborrratoirrre
Moi: ... (tu ne bosses plus ici, mais tu viens passer tes coups de fil de mon poste histoire que ce soit moi qui prenne à ta place et tu transformes ton ancien bureau en garde-meubles, NORMAL quoi)
Elle: Vous savez j'ai rrrendez-vous Hôtel-Dieu pour prrrise de sang alorrrs je suis passée ici boirrre de l'eau parrrce que je n'ai pas chez moi"
Moi, tentant de rester zen: ... (si je dis plus que rien, je m'énerve, donc je ne dis rien, c'est mieux pour tout le monde. Ceci dit, l'excuse de "je suis venue pour boire parce que chez moi y a pas d'eau courante", je pense que c'est la meilleure des 10 dernières années)
Elle: oui vous savez je vais fairrre prrrise de sang parrrce que j'ai problèmes... comment on dit (passe la main sur son ventre genre pub pour les yaourts qui te remettent le caca en place)
Moi, horrifiée parce que je sais qu'elle raconte tout en détails dans ces cas-là: gastriques?
Elle: ah non non, gynécologiques, je vous rrraconte...
Moi, coupeuse de parole, sèche, froide, commence à taper sur le clavier de l'ordibaby éteint: Ah non non, j'ai du travail, au revoir.
9h30, réunion. je dois présenter quelque chose. Au hasard des abréviations et des fautes de frappe, j'en viens à dire que plus y a de MEC, plus on a de catin. Ca a fait un tabac, ma prestation fut remarquée.
Déjeuner: stagiaire n°1 passe son déj au téléphone tout en mangeant comme un cochon. Mes nerfs sont à deux doigts de lâcher, j'ai envie de lui balancer un morceau de betterave sur son T-shirt blanc, mais j'ai faim donc je m'abstiens, Ashley doesn't share food avec les gens, alors avec les vêtements c'est hors de question. Je me mets donc à chanter Mille Colombes en guise de représailles. Stagiaire n°2 se sent alors obligée de nous faire partager ses zhobbys:
Stagiaire: Moi, j'adooooooooooooore Paris Hilton.
Ashley, pleine d'envie de faire ch.. le monde: C'est qui?
Stagiaire, toute pleine d'incompréhension: Tu connais pas? Elle est super célèbre...
Ashley: Non, elle fait quoi pour être si célèbre?
Stagiaire, très embêtée, et très réflectionnante: ...
Kimberly, prise de la même envie que moi: elle couche avec des mecs et elle balance les vidéos sur Internet.
Ashley, outrée, fait 3 fois le signe de croix: Oh mon Dieu, tu es fan d'une actrice porno!!!
Stagiaire, rouge comme une tomate: pas du tout, c'est une femme d'affaires.
Ashley: Allez hop café (part en courant rigoler dans son bureau)
Après-midi, rendez-vous chez le médecin. J'y vais en métro. Je m'aperçois que le cabinet du médecin est à deux pas de chez Truc et Bidulette, des connaissances de Victor Newman chez qui nous apérotâmes il y a quelques semaines, et comme je ne me souviens absolument pas de leurs prénoms, si je les croise je suis dans le caca alors je mets mes lunettes de soleil, je passe en mode furtif et je trace.
Arrivée chez la docteuse. Quand je vois l'immeuble je commence à piger pourquoi elle a des dépassements. Hall, rez de chaussée, un regard à gauche, un regard à droite, personne, j'en profite pour remonter mon soutif avec la grâce de l'éléphanteau manchot. Ben oui, un soutif sans bretelle quand on marche vite en mode furtif, ça descend un petit peu (j'ai dit un petit peu, je ne l'avais pas au niveau du nombril non plus). Pendant que j'effectue la remise en place, une pensée m'effleure "ah mais dans un immeuble comme ça c'est O BLI GE qu'il y ait au moins une caméra de surveillance par couloir". BINGO! et je suis juste en face. Du coup je fais coucou au monsieur, et je monte dans l'ascenceur. Dignement.
Je sors, pour varier les itinéraires, je décide de changer à Montparnasse, parce que j'adoooooore les tapis roulants (à Montparnasse y en a plein, et y en a un super rapide que je n'avais jamais essayé parce qu'il est éteint aux heures de pointe). Surprise, le tapis roulant trop-rapide-sa-race fonctionne. J'y vais. Oh pinaise c'est quoi ça? Des roulements à bille? Uhuhuh, ça masse le dessous des pieds. Aaaaaaaah, mais c'est méga casse-goule aussi. Ah mais ça doit être pour ça que la madame dans le micro dit toujours "gardez les pieds à plat" et que le monsieur dit "tiendez la rampe". J'arrive au bout de ce truc, j'ai les genoux qui font rien qu'à se faire des entrechoquages, c'est pire que Space Mountain ce truc. (oui, je suis une grosse flippette, et alors?)
Retour au labo, oh pinaise mon bureau est hyper mal rangé. Je m'y mets, je jette, jette jette. Objets trouvés dans le bureau (la pièce hein, pas mon meuble): une paire de chaussures taille 46, des tickets de caisse de janvier 2004, des convocations à des visites médicales de 2005, une bouteille d'huile d'olive, des fémurs en plastique. J'ai donc dû faire le tour des bureaux avec pompes et os à la main, en demandant "c'est à vous les fémurs et les godasses? parce que si c'est à personne, je jette." Effectivement, ça n'était à personne (qui peut perdre une paire de chaussures au bureau? QUI?).
A 20 heures, après avoir fait le ménage et deux heures de stats, j'ai rentré chez moi et j'ai fait ouf.
Et ça, c'est une journée tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Plaignez-moi les gens, plaignez-moi
PS Je précise avant de me faire flinguer que d'ordinaire je suis plus patiente avec les gens hein, mais là, je suis au bord du gouffre, et c'est pas en pensant aux 15 heures de boulot non-stop par jour que je vais devoir me taper la semaine prochaine que j'arrive à me calmer.
J'avais déjà prévenu, mais visiblement ça n'était pas suffisant, donc je réitère.
LES GENS QUI VIENDEZ ICI EN CHERCHANT VICTOR NEWMAN DANS GOUGUEULE, SI VOUS CONTINUEZ A LE CHERCHER, C'EST MOI QUE VOUS ALLEZ TROUVER. Et je vous rappelle que je ne suis pas patiente aujourd'hui.