Je le sais de source sure, certaines personnes se posent des questions sur ce qui se passe dans une des institutions du monde du cherchage: les congrès, également connus sous le nom de symposium, séminaire, école d'été, workshop, j'en passe et des meilleurs. Je rappelle à tous que le chercheur, comme le prof, a un boulot de chien pour un salaire inversement proportionnel à l'effort fourni. Il lui faut donc une compensation et cette compensation se présente sous la forme de congrès. Le prof lui, ne peut se consoler qu'avec les sorties scolaires, mais il se trouve que ça a plutôt tendance à avoir l'effet inverse. Donc le prof n'a pas de compensation, uh uh.
Le congrès présente de nombreux points positifs, également nommés avantages:
1 c'est ton labo qui paye, oui tout, l'avion, les frais d'inscription au congrès, les notes de restaurant sur place, tout je te dis (mais pas les cocktails, faut pas pousser l'argent du petit contribuable dans les orties).
2 les congrès sont souvent loin, parce que loin, c'est bien. Et donc tu prends l'avion, et le décollage c'est trop trop bien, j'adoooooooooore ça.
3 tu as (la plupart du temps) une chambre dans un hôtel que tu ne peux pas te payer en temps normal.
4 tu ne travailles pas.
5 entre les moments où tu ne travailles pas, tu fais plein de pauses café.
Penchons-nous maintenant sur les détails du déroulement d'un congrès. Tout d'abord, tu arrives, de préférence à l'heure, merci. Un comité d'accueil des plus aimables te demande ton nom, que tu prononces dans ta langue à toi que tu as, te regarde avec des yeux vides et te dit "sorry?". Tu répètes, tu épèles en anglais "Eille, bi bi, O, Ti ti". Dix minutes plus tard, tu en as marre de dire "Eille bi bi o ti ti" alors tu prends la liste, tu prends le stylo, tu fais un pâté devant ton nom et tu dis "It's me, Ashley Abbott Eille bi bi o ti ti". On te donne ton badge, que tu DOIS porter tout au long du congrès, que tu dois accrocher à un endroit que comme ça les mecs ils ont une bonne excuse pour regarder tes nichons. Et comme ça, des tas de chercheurs pouarks regardent tes seins et relèvent la tête en te disant "So you're from Paris. I love Paris, Eiffel tower, Notre Dame, Champs-Elysées". Et toi, tu te balades pendant plusieurs jours avec sur ton sein gauche "Ashley Abbott, Laboratoire d'Initiation aux Playmobils, Centre National de la Recherche des Sous, Paris, France".
Ensuite, tu retrouves forcément des gens que tu as déjà vus à d'autres congrès, ou même des collègues de ton propre labo. Le tout devant le buffet qui te propose en cette heure tôtive café thé jus d'orange viennoiseries.
Puis tu vas t'asseoir dans la salle, dans le fond de préférence parce que tu sais que tu vas dormir. A peine assis tu te relèves, tu vas chercher un autre café parce qu'il faut tenir le coup jusqu'à la prochaine pause qui aura lieu une heure et demi plus tard. Et c'est long une heure et demi. Et flûte, tu te relèves, t'as ENCORE oublié de prendre du sucre. Toutes les 20 minutes ou toutes les demi-heures, quelqu'un vient exposer ses travaux à la foule en délire, délire provoqué dès que dans le diaporama apparaît un slide "Thank you for your attention". Mettez ça sous le nez de n'importe quel chercheur, il applaudit direct, sans se poser de questions. Ensuite, ceux qui ont suivi posent des questions. Parfois c'est drôle, y en a deux qui ne sont pas d'accord, le ton monte, alors là la personne qui est chargée de veiller au respect des temps de parole (c'est-à-dire au respect de l'heure où on va passer à table, histoire de manger chaud) dit quelque chose du style "ça suffit maintenant, si vous continuez à vous engueuler on va être à la bourre pour la pause café hein". Ce qui rétablit immédiatement le silence.
Puis re belote, nouvelle session, nouveaux gens avec nouveaux powerpoints, nouvelles questions. Puis vient le temps de la pause déjeuner. C'est comme une pause café, sauf qu'on s'assoit à une table et qu'on ne mange pas de viennoiseries. Mais y a quand même du café à la fin.
Re sessions l'après-midi, avec pause café au milieu. Puis, vient le temps de l'apéro. C'est comme une pause café, mais sans café et sans viennoiserie. Il convient de papoter avec le premier venu badgé de la même couleur que soi (parfois il y a des pièges tu es dans un centre où il y a plusieurs congrès, alors si tu fais pas gaffe tu peux parler à quelqu'un qui ne congresse pas sur le même sujet que toi), et sur quoi vous travaillez, ah c'est intéressant, vous faites ça où, ah oui ben dites donc ça doit être du boulot, ah moi je travaille sur ça, oui oui je veux bien un peu de champ' , ah mais j'aperçois là bas quelqu'un avec qui je veux m'entretenir, j'ai adoré son exposé sur les castors lapons hermaphrodites alors on se revoit demain à la pause café.
Après vient le moment du brainstorming. Il faut réunir tous les collègues et gens qu'on connaît bien pour concentrer les efforts, car il faut résoudre LA question du jour "c'est où qu'on bouffe ce soir? Y a quelqu'un qui connaît un bon resto?"
Et après, il faut rentrer à l'hôtel, préparer à l'arrache son powerpoint pour le lendemain matin. Et on recommence le lendemain.
Alors vous voyez, un congrès, c'est pas facile, plaignez-moi les gens, plaignez-moi.
PS sérieux: En vrai les congrès c'est bien au début, et rapidement tu en as ras le bol parce que tu ne peux rien faire seul, il faut toujours être dans le troupeau, la plupart du temps c'est la lutte armée pour trouver 5 minutes de solitude pour dire à Victor Newman que tout va bien. Et moi la solitude je ne peux pas faire sans, et quand le seul moment où tu es non accompagnée c'est quand tu es aux toilettes (mais tu peux être sure que quand tu vas sortir une collègue t'attendra et te regardera te laver les mains) ça finit par devenir pesant. Mais sinon on rigole bien.
Le congrès présente de nombreux points positifs, également nommés avantages:
1 c'est ton labo qui paye, oui tout, l'avion, les frais d'inscription au congrès, les notes de restaurant sur place, tout je te dis (mais pas les cocktails, faut pas pousser l'argent du petit contribuable dans les orties).
2 les congrès sont souvent loin, parce que loin, c'est bien. Et donc tu prends l'avion, et le décollage c'est trop trop bien, j'adoooooooooore ça.
3 tu as (la plupart du temps) une chambre dans un hôtel que tu ne peux pas te payer en temps normal.
4 tu ne travailles pas.
5 entre les moments où tu ne travailles pas, tu fais plein de pauses café.
Penchons-nous maintenant sur les détails du déroulement d'un congrès. Tout d'abord, tu arrives, de préférence à l'heure, merci. Un comité d'accueil des plus aimables te demande ton nom, que tu prononces dans ta langue à toi que tu as, te regarde avec des yeux vides et te dit "sorry?". Tu répètes, tu épèles en anglais "Eille, bi bi, O, Ti ti". Dix minutes plus tard, tu en as marre de dire "Eille bi bi o ti ti" alors tu prends la liste, tu prends le stylo, tu fais un pâté devant ton nom et tu dis "It's me, Ashley Abbott Eille bi bi o ti ti". On te donne ton badge, que tu DOIS porter tout au long du congrès, que tu dois accrocher à un endroit que comme ça les mecs ils ont une bonne excuse pour regarder tes nichons. Et comme ça, des tas de chercheurs pouarks regardent tes seins et relèvent la tête en te disant "So you're from Paris. I love Paris, Eiffel tower, Notre Dame, Champs-Elysées". Et toi, tu te balades pendant plusieurs jours avec sur ton sein gauche "Ashley Abbott, Laboratoire d'Initiation aux Playmobils, Centre National de la Recherche des Sous, Paris, France".
Ensuite, tu retrouves forcément des gens que tu as déjà vus à d'autres congrès, ou même des collègues de ton propre labo. Le tout devant le buffet qui te propose en cette heure tôtive café thé jus d'orange viennoiseries.
Puis tu vas t'asseoir dans la salle, dans le fond de préférence parce que tu sais que tu vas dormir. A peine assis tu te relèves, tu vas chercher un autre café parce qu'il faut tenir le coup jusqu'à la prochaine pause qui aura lieu une heure et demi plus tard. Et c'est long une heure et demi. Et flûte, tu te relèves, t'as ENCORE oublié de prendre du sucre. Toutes les 20 minutes ou toutes les demi-heures, quelqu'un vient exposer ses travaux à la foule en délire, délire provoqué dès que dans le diaporama apparaît un slide "Thank you for your attention". Mettez ça sous le nez de n'importe quel chercheur, il applaudit direct, sans se poser de questions. Ensuite, ceux qui ont suivi posent des questions. Parfois c'est drôle, y en a deux qui ne sont pas d'accord, le ton monte, alors là la personne qui est chargée de veiller au respect des temps de parole (c'est-à-dire au respect de l'heure où on va passer à table, histoire de manger chaud) dit quelque chose du style "ça suffit maintenant, si vous continuez à vous engueuler on va être à la bourre pour la pause café hein". Ce qui rétablit immédiatement le silence.
Puis re belote, nouvelle session, nouveaux gens avec nouveaux powerpoints, nouvelles questions. Puis vient le temps de la pause déjeuner. C'est comme une pause café, sauf qu'on s'assoit à une table et qu'on ne mange pas de viennoiseries. Mais y a quand même du café à la fin.
Re sessions l'après-midi, avec pause café au milieu. Puis, vient le temps de l'apéro. C'est comme une pause café, mais sans café et sans viennoiserie. Il convient de papoter avec le premier venu badgé de la même couleur que soi (parfois il y a des pièges tu es dans un centre où il y a plusieurs congrès, alors si tu fais pas gaffe tu peux parler à quelqu'un qui ne congresse pas sur le même sujet que toi), et sur quoi vous travaillez, ah c'est intéressant, vous faites ça où, ah oui ben dites donc ça doit être du boulot, ah moi je travaille sur ça, oui oui je veux bien un peu de champ' , ah mais j'aperçois là bas quelqu'un avec qui je veux m'entretenir, j'ai adoré son exposé sur les castors lapons hermaphrodites alors on se revoit demain à la pause café.
Après vient le moment du brainstorming. Il faut réunir tous les collègues et gens qu'on connaît bien pour concentrer les efforts, car il faut résoudre LA question du jour "c'est où qu'on bouffe ce soir? Y a quelqu'un qui connaît un bon resto?"
Et après, il faut rentrer à l'hôtel, préparer à l'arrache son powerpoint pour le lendemain matin. Et on recommence le lendemain.
Alors vous voyez, un congrès, c'est pas facile, plaignez-moi les gens, plaignez-moi.
PS sérieux: En vrai les congrès c'est bien au début, et rapidement tu en as ras le bol parce que tu ne peux rien faire seul, il faut toujours être dans le troupeau, la plupart du temps c'est la lutte armée pour trouver 5 minutes de solitude pour dire à Victor Newman que tout va bien. Et moi la solitude je ne peux pas faire sans, et quand le seul moment où tu es non accompagnée c'est quand tu es aux toilettes (mais tu peux être sure que quand tu vas sortir une collègue t'attendra et te regardera te laver les mains) ça finit par devenir pesant. Mais sinon on rigole bien.
10 commentaires:
Lol, j'ai envoyé le lien à "quelqu'un que je connais", j'attends sa réaction, uh uh uh.
Mais aller LOIN, c'est bien, hein, quand même à la base (cette année je fais passer le baque à 30km de chez moi, yeepeeee !...)
Tu me donnes presque envie de devenir chercheuse là ... juste pour les congrés !!
Enfin oui mais non parce que moi j'ai la chance d'avoir les séminaires et je peux te dire que c'est top aussi (bientôt une note puisque j'y ai droit début juin !!)
@sixtine: prévois l'équipement de survie, couverture de survie, fusées de détresse, silex au cas où tu aurais besoin de faire du feu, et GPS, on n'est jamais trop prudent quand on part si loin
@mamzelle maupin: oui mais mon congrès de cette semaine il est pas drôle, il est dans le même batiment que mon labo, c'est tout de suite moins exotique
plutôt sympa comme festivité en somme.
tiens sinon rien à voir mais waouuh je t'admire : couchée après 23h (p't-être même minuit) (oui oui j'ai des preuves ;p) et levée à 6h (p't-être même avant) moi je dis chapeau!
Là, tout de suite, je regrette de ne pas l'avoir fait, ce fichu DEA de chimie ! mais en fait, non, parce que qu'est-ce que je me faisais iech dans mon labo à touiller des gels douche et des crèmes anti-rides (alors qu'écrire des conneries sur internet, c'est de suite bcp plus rigolo... j'y retourne d'ailleurs !) ^_^
@art.truk: cette semaine la nuit où j'ai le plus dormi a duré 3 heures. Mais le week end j'écrase 15 heures par jour, c'est mon rythme, c'est comme ça. Si je me couche tôt en semaine j'ai l'impression de ne faire rien d'autre que bosser dans la journée, et ça me déprime
@shalima: mais on peut faire les deux figure-toi! Et en plus, j'aime ce que je fais dans mon labo, ton col du fémur me remerciera dans quelques années
Héhé, merci alors ! ;-)
(j'ai une excuse, de mon temps, internet n'existait pas, ou presque !!)
signé mamie shal ^_^
je comprends tout à fait!
en ce moment je ne travaille pas (enfin je ne gagne pas de fric quoi): je m'occupe de mon petit bonhomme, entre autres.. journées bien remplies aussi, mais différemment.. et, comme toi, j'apprécie aussi mes soirées.. mais pour être d'attaque le lendemain, il me faut un minimum 7h de sommeil! voilà je referme la parenthèse je raconte ma vie ;)
@mamie shal: malgré ton grand âge tu as su t'adapter, et maintenant tu es une bonne maîtresse pour chocolatyne (que moi je crois que je pigerais même pas comment ça marche)
@art.truK: moi le problème vient du fait que j'ai du boulot par dessus la tête, mais que je refuse de sacrifier ma vie sociale, alors je prends sur mes heures de sommeil. Et il se trouve que Victor Newman et moi partageons une passion commune pour le sommeil, donc je n'ai aucun scrupule à pioncer tout le week end, il dort aussi
Y'a des sushis? sinon c'est pas la peine d'y aller hein!!
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