lundi 4 décembre 2006

Ouais ouais les copains, c'est demain qu'on prend le train

Rediffusion du 4 décembre 2006

Genses, gens,

non je ne suis pas décédée, je ne suis pas même morte. En fait devinez quoi, je travaillais. Mais parfois, j'arrête de travailler. Et quand j'arrête de travailler, il m'arrive de faire la France-trotteuse (copyright Mickael). Et où suis-je allée ce week end? (non non, pas là où tu crois Mickael). Je suis été à Lyon. Pour ce faire, je me suis aidée d'une entreprise nationale connue de tous: la Société Nationale de la Connerie sans Fond. Et une fois de plus, elle a su montrer à de nombreux usagers ébahis que ce nom était mérité. A l'aller, une seule chose à signaler, et pas des moindres, le train était (attention asseyez-vous et préparez-vous psychologiquement à entendre l'inentendable. Serrez les dents, serrez les poings, serrez les fesses, serrez tout ce que vous pouvez serrer) le train donc était en avance. Oui je sais ça fait bizarre. Ceci dit, j'aurais dû me douter qu'il y avait mamouth sous gravillon. Parce qu'au retour, les choses se sont légèrement gâtées.

Oui voyez-vous, le train du retour avait quelque chose comme une heure et quelque de retard, ce qui a eu pour effet la chose suivante: l'organisation d'une grande course dans laquelle tous les coups étaient permis pour arriver à temps sur le quai du RER pour avoir le dernier (le dernier RER, pas le dernier mot Jean-Pierre, fais un effort s'il te plaît). L'avantage dans ce genre de courses réside dans le fait que les concurrents descendent tous du train, et sont donc tous préalablement chargés par leurs propres soins. Ces charges peuvent avoir deux fonctions: tout d'abord, une fonction désavantageuse car une charge par définition a un poids non négligeable susceptible de freiner votre accélération dans la dernière ligne droite, c'est-à-dire dans le dernier escalator. La seconde fonction est donc une fonction qui avantage le candidat porteur de la dite charge, puisque celle-ci peut freiner les adversaires dans leur dangereuse progression vers le dernier train. Cela peut-être effectué de différentes manières selon la taille et la géométrie .

Si votre sac est petit mais assez anguleux, n'hésitez pas à le projeter de façon précise dans les parties situées au dessus de la ceinture de votre adversaire (tout coup porté en dessous de la ceinture entraînera directement flot d'injures, regards menaçants, poing dans la gueule et de façon indirecte votre défaite dans cette course). Si votre sac est volumineux, nul besoin de le projeter. Il vous suffit de le porter de façon à bloquer le passage de vos adversaires. Cela vous expose donc à divers flots d'insultes. Cependant si vous êtes de sexe féminin, ce handicap peut se transformer en avantage, car un de vos concurrents de sexe masculin, ému par tant de maladresse chez une faible femme et désireux de rouler des mécaniques (ta mère) peut proposer son aide pour porter le handicap cité plus haut. Cela vous permettra de gagner un temps précieux et et permettra à l'homme à la bedaine débutante de se rassurer sur sa virilité et son indispensabilité.

Bref, tout ça pour dire que vous êtes enfin arrivé sur le quai du rer. Vous attendez aussi paisiblement que vous le permet votre essouflement le train qui vous mènera peut-être jusqu'au métro qui vous mènera hypothétiquement chez vous. Vous avez pris soin de vous placer sur la moitié du quai située en tête de train afin de ne pas avoir à courir une fois de plus vers un wagon de la rame qui est dite "courte" par la Société Nationale de la Connerie sans Fond et la Régie des Abrutis et des Tarés Paresseux. Or visiblement le dimanche soir après minuit, les rames ne sont pas courtes mais plutôt miniriquiqui. Donc re sprint, re essouflement, re transpiration, re ras le bol, re prière au Très Haut poour qu'Il intercède pour vous afin de retarder le dernier métro sur la ligne 6. Le problème, c'est que les intercessions c'est comme le portable, dans le métro et dans les tunnels, ça passe pas.

Nous en sommes donc arrivés au moment où la loi de Murphy intervient. Le dernier métro part à 42 vous arivez à 43 et vous avez, même en sprintant, environ 3 minutes de couloirs à avaler. Aucun espoir, mais bon comme l'espoir fait vivre et peut même parfois permettre de rentrer chez soi, vous y croyez et vous sprintez. Bien sûr, pour rien, et donc vous resprintez en sens inverse histoire d'éviter de vous faire enfermer dans le métro. Là le désespoir, la fatigue et la sueur s'emparent concomitamment (oui y a beaucoup de syllabes, je sais, ça impressionne) de votre corps. Quand tout à coup, votre cerveau qui n'a pas du tout envie de marcher une heure et demi avec les bagages sous la pluie (oui mon cerveau marche, mes pieds aussi, mais je me plais à croire que ce n'est pas la partie de mon corps qui réfléchit le plus). Et vous vous dites qu'après tout, l'Homme habite à 5 minutes à pied de ce métro désert et après une rapide comparaison entre le chiffre 5 et le chiffre 90, en tenant compte des précipitations, du fait que vos bottes magnifiques et belles et trop glamour tendance Thierry la Fronde ne sont pas très très bien imperméabilisées, vous vous décidez à réveiller l'Homme. Bon l'Homme se doutait de l'issue de l'histoire et donc ne dormait pas. Quel homme cet Homme!

Mais demain, je recommence, enfin moins loin, mais plus tôt. Donc je ne recommence pas en fait. Enfin vous avez compris, je prends le RER. Souhaitez-moi bonne chance. Merci d'avertir les autorités si la Société Nationale de la Connerie sans Fond et la Régie des Abrutis et des Tarés Paresseux ne m'ont pas relâchée dans un mois.

Illustration ci dessus: ne souhaitant pas dénaturer la beauté de ce blog par d'immondes images sur la Société Nationale de la Connerie sans Fond, je me permets de mettre une image sans aucun rapport avec le train, mais plutôt avec la connerie sans fond, puisque cette plaque se trouve comme vous pouvez le constater dans un escalier, par définition rempli de marches.