La matraquage de
Roselyne a eu raison de moi je crois bien. Le manger, je le maîtrise bien, mais le bouger, on peut pas vraiment dire ça. Alors en février, j’ai cédé et je m’ai dit « je vais aller à la piscine le midi ».
Première étape : réunir le matériel nécessaire, c’est-à-dire maillot de bain pas de plage, bonnet de bain et lunettes. Normalement, j’avais tout ça, parce que quand j’étais jeune et folle, après les cours, j’allais à la piscine. Sauf que visiblement, ma panoplie de
Laure Manaudou qui a mangé trop de rillettes est passée à la moulinette du déménagement puis a été rangée par mes soins dans un endroit plus connu sous le nom de « endroit où je mets le machin même si c’est pas du tout sa place comme ça je saurai
qu’il est là ». Je l’ai perdue quoi. J’ai donc dû me rendre à l’évidence, un passage chez Décathlon s’impose.
Deuxième étape : bien consciente
qu’il fallait que j’aille chez Décathlon, j’ai guetté les jours où je n’avais rien de prévu le soir et où je sortais du boulot à une heure telle que le magasin soit ouvert à mon arrivée.
Ça a bien pris deux semaines. Après deux semaines, à court d’excuses bidon, j’ai dû me rendre à l’évidence et à
Aquaboulevard. J’ai acheté un maillot et un bonnet, produits bleus comme on dit chez Décathlon pour éviter d’étiqueter le machin « produit de
merdouille fabriqué en Chine moins cher que ça tu meurs ».
Evidemment, j’avais omis que j’ai le pouvoir magique de faire tomber des torrents de flotte dès que je mets les pieds à
Aquaboulevard (résultat, si je veux aller chez Décathlon sous le soleil, je dois aller à Madeleine, mais c’est vachement plus loin). Je suis donc revenue trempée, après avoir hésité pendant tout le trajet à déballer le bonnet pour épargner mon brushing. Heureusement, juste avant de passer à l’acte, je me suis rappelé que jamais de la vie je me séchais les cheveux (sauf ordre maternel insistant, et seulement en hiver) et j’ai ainsi évité le ridicule de l’année.
Troisième étape : aller à la piscine. Alors là, de nombreuses excuses s’offraient à moi, je
les ai toutes utilisées les unes après les autres. J’ai pas le temps, j’ai un rhume, je suis pas épilée, j’ai pas la monnaie pour le casier, oh la la, je voulais et je pouvais y aller
aujourd’hui mais pas de chance c’est le jour de fermeture.
Ça a duré deux mois. Et la semaine dernière, j’y suis
zétée.
La piscine à Paris, et ben en fait c’est un peu comme dans le métro, sauf que les gens sont en maillot de bain et que tout le monde a une tête de b*te à cause du bonnet.
Un des trucs pas faciles, c’est la préparation. Faut se changer dans une
mini-cabine où tous les porte manteaux sont cassés. Ensuite, il faut confier son
panier-cintre non sans avoir au préalable passé le magnifique bracelet en caoutchouc rouge autour de sa cheville (et non sans avoir au préalable du préalable mémorisé le numéro au cas où que le bracelet tomberait)
Ensuite, il faut aller se laver avec du savon avant d’aller dans la piscine. Mais ça personne le fait à part moi (je suis très bête moi, je fais tout ce qui est écrit
qu’il faut faire), et je suis pas certaine d’être la plus sale. Ensuite arrive l’
Epreuve : le
mettage de bonnet de bain. Le bonnet de bain, c’est moche et perfide (on dirait
Miqueline en fait) (sauf
qu’un bonnet de bain n’appelle jamais les flics). La spécialité du bonnet de bain, c’est le «
héééééé non, je t’ai bien eue », c’est-à-dire
qu’au moment où tu crois que c’est bon,
qu’il va tenir,
CLAC il vient claquer dans ta face. Ne jamais jamais jamais baisser la garde face à un bonnet de bain, sauf si on est tout seul dans la pièce, parce que dans ce cas, le bonnet de bain se laisse faire.
Ensuite, il faut repérer les lignes où il y a les gens qui pensent
qu’à part eux, personne ne sait nager. Et c’est comme ça
qu’on se retrouve invariablement dans la grosse ligne générale. Par ordre de profondeur croissante, on trouve (ah oui, à Paris la piscine est de petite taille, dans la mienne y a un unique bassin qui fait petit et grand bassins à la fois, le tout sur 25 mètres) la mémé resquilleuse, celle qui ne vient que pendant les cours d’
aquagym mais qui suit le cours de loin pour ne pas payer, puis la mémé en tandem, qui vient à deux pour partager les derniers potins en faisant des mouvements de bras pour faire croire
qu’elle n’est pas venue avec sa copine juste pour partager les derniers potins. On croise ensuite la
non-mémé venue pour faire trois battements de pieds (celle de mardi était géniale, elle ressortait de l’eau toutes les 10 minutes pour se remettre du rouge à lèvres). Et ensuite y a les gens qui tentent de nager, avec plus ou moins de succès. La plus mieux c’est celle qui vient avec son maillot
trikini imprimé
zébre de
moda et qui nage en se pétant le dos pour maintenir la tête le plus haut possible pour ne pas
niquer son brushing.
Après tous ces efforts de natation, de
slalomation et d’
esquivation de coups de pieds, il faut aller se laver, ou plutôt essayer de virer au maximum l’odeur de chlore histoire de ne pas empester tout le bureau pendant l’après-midi. Dans des douches mixtes et communes, on a vu plus facile. Double shampooing et double douche, ça ne suffit pas mais bon tant pis. Dans les douches, c’est comme dans le métro. Quand y a personne d’autre que toi dans le wagon, tu peux être sure que le premier qui monte va venir juste à côté de toi. Mardi, ce fut charmant, un type est venu dans la douche juste à côté. Il se sentait chez lui visiblement,
puisqu’il a décidé
qu’il allait se moucher dans ses mains. Je lui ai dit que c’était dégueulasse, il m’a rétorqué que pas du tout, c’est NATUREL, j’ai pensé très fort que la prochaine fois je lui ferais, de façon non moins naturelle, caca sur les pieds et que ça ne serait pas sale, mais comme j’étais propre je suis partie parce que
beeeeeurk quoi.
Après, il faut retourner bosser avec les cheveux mouillés et supporter les remarques débiles des collègues, mettant subtilement en doute mes capacités «
aaaaaaah boooon, t’étais à la
picine ? Mais tu flottes toi ? » (au jeu de ni oui ni non, il faut répondre CONNARD à cette question) et autres « mais t’es tarée pourquoi tu fais ça, pour maigrir ? » (non, juste pour éviter de supporter vos faces de
prout pendant le déjeuner).
Non franchement, le plus simple dans la natation, c’est de nager. Le reste, c’est du sport, c’est moi que je vous le dis. (
aujourd’hui, exceptionnellement, on n’est pas prié de me plaindre)
Je vous aurai volontiers mis
ça en début de note, mais je ne trouve plus comment récupérer le code pour mettre la chanson dedans le blog avec dis
zeur sa mère la poule...