jeudi 7 juin 2012

A bloc 2: le dress code

La dernière fois que j'ai causé en 2010, je parlais fièrement de mes premières expériences au bloc opératoire. Depuis 2009, j'ai eu le temps de faire le tour du sujet, et plutôt deux fois qu'une, parce que c'est moi que j'étais deviendue la spécialiste du gratinage au bloc. Et quand je dis bloc, c'est pas du bloc de majorettes. Grosso modo, dès qu'il y avait du patient grand ouvert et du sang partout (voire même des intestins partout), c'était pour moi. Mes collègues m'appelaient Dexter. Mais bon youhou! J'avais donc enfin réalisé mon rêve, TRAVAILLER EN PYJAMA. C'était tous les jours la pyjama party. Joie, bonheur, mais surtout tremblements et mal aux mollets, car je bossais en pyjama, certes, mais debout toute la journée par 15°C. On ne peut pas tout avoir.

Prenons le cas d'une journée type au bloc. Il faut être en pyjama à 8 heures. Au bloc. Ce qui veut dire qu'il faut se lever (en pyjama), aller se laver, se coiffer, s'habiller avec des vêtements de cravail, se maquiller mais que les yeux de la tête et partir. Quand on arrive à l'hôpital, il faut aller au vestiaire. Enlever ses vêtements. Se remettre en pyjama. Enlever ses chaussures et mettre des magnifiques crocs 2 pointures au dessus ou 3 en dessous (dans le meilleur des cas) ou des jolies surchaussures. Ensuite, on met une belle charlotte, ce qui permet d'anéantir en 3 minutes tous les efforts capillairo-brushinguesques du matin. D'ailleurs, pendant que je vous tiens, conseil BEAUTE (oui parfaitement): cessez de vous ruiner en shampooing lissant, après-shampooing structurant disciplinant et masque tyrannisant, achetez-vous un paquet de charlottes de blocs (celles de la dame qui découpe le jambon à Carrouf marchent aussi) et mettez-en une le matin le temps d'avaler votre café. Vos cheveux de la tête seront soyeux comme la soie, lisse comme la lissitude et raplaplas comme le Nord Pas de Calais, voire même comme le raplapla pays qui est le sien. De rien.

Quand j'étais jeune, début 2010, je pensais que dans les hôpitaux et les cliniques, c'était comme à la guym au collège, il y avait le vestiaire des filles et les vestiaires des garçons. QUE NENNI. Les endroits où c'est comme ça sont rares. Le plus souvent, c'est vestiaire mixte. La première fois, j'étais légèrement embêtée, façon détournée de dire super gênée. Je n'avais pas vraiment envisagé qu'il y avait d'autres métiers que top model et périprostipute qui demandaient de se balader en sous-vêtements devant les clients. Au bout d'un moment, on s'habitue.

Corollaire de tout ça: ok, on bosse en pyjama mais du coup, faut oublier tout laisser-aller sous-vêtementesque. Et faut acheter des mulottes et des soutien-george répondant à un cahier des charges bien particuliers. Tout d'abord, il faut éviter la dentelle et autres choses d'obédience semi-transparente (il faut savoir garder une part de mystère voyez-vous). Mais il ne faut pas pour autant verser dans le coton SlowGuy, car c'est l'image de marque de la boîte qui est en jeu. Donc pas transparent mais pas vieillissant. Ni rajeunissant non plus, les motifs débiles il faut oublier. Il faut aussi mettre des sous-vêtements A SA TAILLE. C'est pas le moment d'avoir un nichon qui tente une sortie pour dire bonjour au docteur. Ou au professeur. Bref, on n'a pas des métiers faciles.

La semaine prochaine, nous verrons zensemble comment bien se comporter au bloc opératoire avec des gens anesthésies intubés ouverts de haut en bas en plein milieu de la pièce. Ou nous verrons ensemble comment bien se faire licencier. J'hésite encore. D'ici là je m'en vais grimper en haut de la dune du Pyla

mercredi 6 juin 2012

Y a quelqu'un?

Bon bon bon. L’autre jour que je déjeunais avec la belle Manue (je ne sais même plus mettre un lien, bonjour et bienvenue chez les neuneus), qui, en plus d’être belle, se tape le lusque d’être adorable, elle m’a dit « je suis zétée sur ton blog l’autre jour, et ben, y a rien de nouveau ». J’ai répondu que bah non, j’avais pas le temps, je travaillais et même plus j’avais le temps de lire ceux des autres. Et j’ai pensé (PARFAITEMENT. OUI MADAME. PENSE) que la belle Manue (toujours pas pour le lien), qui en plus d’être belle se tape le lusque d’être adorable, allait plus souvent sur mon blog que moi. Gloups. Et ensuite, je suis zétée découper un vieux dans un bloc opératoire, et du coup j’ai oublié.

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, et aussi sur nos têtes, merci la météo. J’ai retrouvé il y a quelques jours le statut envié d’assistée de l’Etat, pupille du Pôle Emploi, serf du Ministère du Travail. Tout ça c’est à cause d’Arnaud comte de Pulvarie  qui n’a pas redressé productivement l’entreprise où je sévissais. Enfin du coup, j’ai maintenant du temps pour raconter ce que je fais. Sauf que je ne fais rien, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai le temps de raconter ce que je fais. La vie est mal faite. Ceci dit, je ne serais pas très étonnée de causer dans le vide. 2 ans quand même c’est long…

dimanche 7 février 2010

A bloc

Oui je sais, ça fait longtemps que je n’ai rien écrit, mais que voulez-vous, les éléments se déchaînent contre ma volonté de bloguer. On peut citer pêle-mêle la coupure d’internet pendant 4 jours ou encore mon cassage de doigts (de la main droite, histoire que ce soit vraiment chiant), qui m’oblige depuis 2 semaines à avoir index et majeur de la main droite en position « pape qui bénit la foule en délire sur la place St Pierre »...
Et depuis le moment où j'ai écrit cet article, à l'instant où j'ai cliqué sur "Publier le message" vendredi 5 à l'heure du déjeuner, le wifi du resto est décédé...

Mais bon, étant donné ce qui se passe cette semaine, je suis obligée de passer outre la douleur qui s’est emparée de mon index le 22 janvier pour raconter mes folles aventures. Et puis étant donné le rythme de publication effréné de ces derniers mois, ça permettra de lever des doutes concernant mon éventuel décès. Car cette semaine, je suis zétée au bloc. Opératoire le bloc hein, pas notes, ni de marbre, OPERATOIRE.

Alors le bloc, c’est l’occasion de se rendre compte live de l’influence de l’augmentation exponentielle du nombre de séries médicales ces dernières années sur le téléspectateur moyen (aka je, Ashley).

Tout d’abord, dans les séries, on dit toujours « on le descend au bloc ». Je me vois dans l’obligation de vous annoncer que c’est une LEGENDE, jusque là je suis toujours montée au bloc. Une fois montée au bloc, il faut aller au vestiaire (des femmes dans mon cas personnel). Un des plus grands traumatismes de ma vie étant les cours de sport, la première fois que je suis rentrée là-dedans j’étais pas loin de la crise d’angoisse, j’ai cru que dès que je sortirais de là, on allait m’obliger à aller faire 3 tours de stade. En ma qualité de grosse nulle en sports, je finissais toujours en dernier, et au bout de 15 ans de cours de sport, je commençais à mal le vivre… Mais tout ça, c’était AVANT que je découvre le bonheur du vestiaire du bloc : le choix de la taille du pyjama. La première fois, j’ai ouvert le tiroir M en me disant « faisez que mon popotin arrière rentre dedans ». 3 minutes plus tard, j’avais le pantalon en papier sur le popotin arrière (sur lequel il y avait encore mon collant, pas folle moi, ça caille au bloc, faudrait pas attraper un rhume des mollets quand même) et je disais « faisez que j’arrive à serrer suffisamment les cordons pour pas me retrouver le patalon en bas des chevilles en pleine opération ». Le bloc, c’est encore plus pire que H&M, ça taille SUPER GRAND. ET je peux vous dire qu’arriver le matin la tête dans le popotin arrière, ouvrir le tiroir taille S et rentrer dedans sans rentrer le ventre, sans être en apnée et surtout sans péter les coutures, ça illumine votre journée.

Ces tenues de bloc ont énormément d’avantages, en dehors de leur taille. Par exemple, elles sont aussi confortables qu’un pyjama, et pour quelqu’un comme moi qui aimerait passer sa vie en pyj, c’est le bonheur. Mais il y a un défaut principal : le pyjama est archi transparent. La première fois, j’avais gardé mon collant, j’ai donc pu conserver mon intimité mulotale. En revanche, j’avais l’impression de me balader en soutif, ce qui n’est guère relaxant quand on n’est ni seule, ni chez soi. Du coup la deuxième fois, j’avais prévu un marcel à caler sous ma blouse, mais je suis venue en jean. Sans collant donc. Avec une mulotte de ma collection spéciale dont moi seule ai le secret (oui oui, une avec des gros dessins débiles multicolores, exactement). La transparence du pantalon est telle que même si j’avais eu la mulotte sur le pantalon, superman-style, ma mulotte n’aurait pas été beaucoup plus visible qu’en dessous. Toute la matinée je me suis sentie très très élégance et prestance. Un vrai bonheur. Bon le médecin avait un caleçon à manches ¾, qui lui arrivait aux genoux, du coup ça m’a un peu détendue.

Bref, c’est pas au bloc que j’ai pu faire ma moda, ah ça non.

Après toutes ces considérations vestimentaires, passons à des propos plus opératoires si vous le voulez bien, parce que je suis pas viendue au bloc pour refaire la déco, je suis viendue pour gratiner des gens.

Les gens arrivent au bloc, et là y a un monsieur qui mange un chewing gum très bruyamment, plus connu sous le nom d’anesthésiste, qui pique et qui branche les patients. A ceux qui croient qu’une fois endormis, on n’entend plus les patients, je dis NON (et j’explique plus tard).

Quand les patients sont endormis, on passe à l’action, dans nos pyjamas transparents. Et c’est à partir de ce moment que je ne réponds plus de rien. Le bloc, c’est rigolo, on se croirait dans Urgences, sauf que figurez-vous qu’en vrai les docteurs sont vachement moins beaux. Y a des trucs qui bipent de partout, comme ça au cas où l’anesthésiste tape une micro-sieste, il sera quand même réveillé par une tentative de décès du patient. Le problème, c’est que quand le bip s’affole, moi aussi je m’affole, et je suis soudainement prise d’une envie irrépressible de crier « allez me chercher un chariot de réa, on lui NFS chimie iono et un scan crâne, et où est le Dr Green ? ». Sauf que non, l’anesthésiste refait nonchalamment une piqure au patient, et le bip reprend son cours.

La dernière fois, le médecin a dit « ON L’INTUBE ! ». J’ai à peine eu le temps de dire « ne vous en faites pas Docteur, j’ai vu faire ça des dizaines de foi le dimanche soir sur la 2, je vais très bien m’en sortir. Passez-moi une clé de 12, un bistouri et ouvrez-moi Google Images sur la page « intubation » et c’est parti ». Avant même que j’aie pu prononcer un seul mot, le patient avait déjà le tube dans la gorge, 3 tours de scotch autour de la tête pour tenir le tube, et le tout était relié à la machine à bips.

Un des seuls trucs qui est vraiment comme à la télé, c’est le fameux « A 3 on y va » et hop on chope le drap et on déplace le patient. Bon moi j’ai le doigt cassé et la main droite hors d’état de nuire, donc à 3 je me contente de dire « «Oh hisse la saucisse » et de soutenir moralement les porteurs.

Mais revenons si vous le voulez bien au fait que les patients ne sont pas silencieux du tout lorsqu’ils sont dodosthésiés. Bon déjà y a ceux qui ronflent (à peu près tous, sauf les intubés évidemment), mais surtout, y a ceux qui pètent. Et y a moi, avec mon bol habituel, à qui on dit de se mettre là, oui là voilà, juste à côté des fesses du patient. Ah ça je dois dire que c’était un aspect de métier que je n’avais pas envisagé : me faire péter dessus toute une journée pour la science. Ah bravo…

C’est sur cet instant de grande poésie que nous nous quittons, car je dois retourner au bloc. Du coup plaignez-moi les gens, plaignez-moi, car je sens que le dieu Eole m’en veut personnellement.

vendredi 1 janvier 2010

Bonne année!

Bonne année les gens!

Les résolutions, ça pue un peu du popotin arrière. Surtout si on pense que l’an dernier j’avais pris UNE SEULE résolution pour être sure de la tenir : soutenir ma thèse (sous vos applaudissements). J’ai raté (et c'est tant mieux). Donc je vais éviter de la faire cette année, ou alors pour des trucs qui ne vont pas être très très importants, comme par exemple : je prends la résolution de faire mes créneaux vachement plus mieux en 2010 qu’en 2009. Voilà. Si j’y arrive pas, c’est tant pis. Si j’y arrive, c’est tant pis aussi, mais pour le coboille, qui aura le droit le soir au récit du créneau de la journée avec moult détails et précisions absolument passionnants.

Mais que va-t-il se passer en 2010 ? Attention, spoiler. Si vous voulez conserver le suspense pour la saison 2010, ne lisez pas ce qui suit.

En janvier, le 6, il y aura mes 17 ans. C’est quand même foufou.
En janvier, le 6, le coboille et moi sommes convoqués au tribunal. Motif de la convocation : pacs (je voudrais bien savoir combien d’entre vous ont cru que c’était Miqueline qui avait encore frappé). Le premier (ainsi que tous les suivants) qui demande pourquoi qu’on se marie pas, quand même on aurait pu faire un gueuleton ça aurait été mieux et pi d’abord le pacs c’est pour les homos, dis au moins t’es pas homo parce que bon le coboille on ne l’a jamais vu alors si ça se trouve c’est une fille, bref, celui-là sera châtié.

Du 10 au 14, je pars fêter mon pacs avec mes collègues mais sans le coboille (c’est plus convivial). La réunion commerciale que ça s’appelle. On va tous au ski, sauf le matin où on fait semblant de bosser sauf que personne n’y arrive parce que tout le monde est en train de cuver la convivialité de la veille. Finalement c'est tout pareil que les mini congrès qu'on organisait avec un sujet tellement pointu que y avait que les copains de la science qui étaient concernés, après on demandait des sous à l'UE parce que quand même une belle collaboration scientifique comme celle-là on n'en fait plus des tonnes, et après on partait se bourrer la goule avec les sous du petit contribuable européen. Ben là pareil, mais avec les sous du grand capital et au ski.

Ensuite j’ai rien de prévu, mais si jamais y a une fiesta à haute teneur festive du slip, je vous fais signe.

En février, je m’en vais me peler le cul en Laponie. C’est mon cadeau de Pacs et de Noël que le coboille il me fait. Comme on en a marre des chevals du ranch, on part dans les ranchs du Grand Nord où dedans y a des rennes (mais aussi et surtout des saunas des Jacques Ouzy du saumon fumé et des boulettes de renne, mais meilleures que chez Ikea). A mon retour, je parlerai l’Ikea couramment, grâce à l’effet conjugué de l’alcool local, de la chaleur du sauna et de la fraîcheur du fond de l’air, ce qui sera extrêmement étrange puisqu'on part en Finlande et pas en Suède. Si tout va bien, il m’arrivera des trucs foufous que je bloguerai, et vous pourrez vous moquer de ma maladresse et de ma poisse naturelles, comme à l’accoutumée. Si tout va mal, je ne pourrai plus bloguer, car j'aurai été amputé de mes gros doigts boudinés à cause qu'ils ont pas résisté aux -30°C.

A cause de la grève des scénaristes, la suite de la saison n’a pas encore été écrite, veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée.

Et bonne année encore.

mercredi 25 novembre 2009

Eurêka

Oui ayé, j'ai trouvé. Ayé, je sais comment je vais parler de mon brand new job. Ca m'est viendu quand j'étais dans ma ouature, ce qui est assez normal vu que le reste du temps j'ai pas trop le temps de penser à ça. Et surtout, ma ouature c'est un peu mon poste de contrôle (ça fait aussi mini-bar: eau et gourdasses de compote à volonté, sauf si on en veut plus que 2, et cet après-midi y avait même du beaujolais, allez, viendez boire un p'tit coup à la ouature, y a du rouge, de l'eau et de la pompote). Mais je digresse (graisse), et donc revenons à nos moutons (sous le canapé et derrière la porte de la cuisine pour ceux qui ne sauraient pas): 1 je pense à bloguer quand je suis dans les bouchons, et même quand ça roule bien et 2 j'ai trouvé et je vais donc pouvoir causer de ce que je fais, ce qui tombe bien, parce que c'est quand même mon occupation principale (soit disant que tailler une bavette au monsieur qui parle dans le GPS c'est pas une activité, non mais n'importe quoi).

Déroulons ensemble le fil de ma pensée, qui va vous paraître fort court et pas très emmêlé, parce que je vous épargne le chapelet de moots se terminant en ard ou en asse et commençant par "va mourir bat-", "va te pendre sale conn-" et autre "mais va chier dans ta caisse pét-". Je me disais donc qu'une des rares choses qui allaient me manquer de mon ancien boulot, c'est de ne plus pouvoir dire que je gratine. Alors même si j'arrête le rat, j'ai décidé que je continuais le gratin, juste pour ne pas me priver du plaisir de dire que je gratine. Et aussi parce que ça va être vachement pratique pour dire ce que je fais sans dire ce que je fais.

Donc, roulement de tambour, la révélation: mon boulot à moi que j'ai. De façon très simplifiée, je montre à des médecins dans des cabinets en ville ou à l'hostopital comment marchent des machines à gratin pour soit leur montrer à quel point cette machine à gratin est essentielle à sa vie, soit leur montrer comment s'en servir maintenant qu'ils l'ont achetée et leur installer leurs réglages préférés. Et pour faire ça comme il faut, on bloque une demi-journée minimum, je vais chez les médecins et je reste avec eux pendant qu'ils gratinent les patients.

Voilà, maintenant, je vais pouvoir vous raconter un peu mes mésaventures au service du capital. Et ça va envoyer...


(ah oui, je sais aussi que j'avais dit que je bloguerais moins, mais le coboille il a parti en vadrouille de la science jusqu'à dimanche et ce matin j'ai fini ma démo de machine à gratin de bonne heure, alors voilà, j'ai plus de temps...)



lundi 23 novembre 2009

Atame (sans Pedro Almodovar)

Bon, hier j'ai dit que je n'avais point le temps, mais j'avais sous le coude un truc que j'ai écrit la semaine dernière au fond d'un sinistre hôtel dans la sinistre ville de Lisieux et que je viens de retrouver. Donc voilà.


Oui je sais, je fus muette un certain temps. Mais c’est pas de ma faute, c’est à cause que maintenant, j’ai un travail qui requiert de passer de nombreuses heures dans les bouchons. Et comme y a pas le wifi dans les bouchons, je peux pas bloguer voyez. Non j’ai pas d’Aïe Phone. Et encore heureux, j’ai déjà assez de trucs électronico-geekesques de fonction à régler avant de pouvoir démarrer. Ah mais oui, on m’en a donné du truc de fonction le premier jour de mon nouveau travail. Déjà, on m’a donné un téléphone de fonction, avec un numéro de fonction, et l’ordre strict de veiller le plus possible dans la mesure du possible à ne pas dépasser les 300€ de forfait par mois. Oui je sais c’est scandaleux, 300 c’est rien, non mais qu’est ce qu’on fait avec 300€ de nos jours hein, je vous le demande (30 repas chez le japonais du coin me murmure Thon à l’oreille, la droite d’oreille, parce que la gauche elle est toute bouchée par la crève, je n’entends que pouic). Je disais donc qu’on m’a attribué un téléphone de fonction avec 30 menus M25 de forfait par mois. Que personne ne s’enflamme, ce n’est PAS un téléphone du Noir Berry (le Berry, c’est comme le Périgord, ça se décline en différentes couleurs), c’est juste un téléphone tout bête, mais en noir quand même.

Après on m’a donné deux clefs identiques. L’une était la clef de ma voiture de fonction, et l’autre était la clef de ma voiture de fonction. Du coup, on m’a donné une voiture de fonction. Rouge. Un C’est Max. Qui fait un bruit de camion à cause que c’est un diesel, comme les jeans. Avec plein d’options dedans, et vas-y que je fais bip quand je recule, et vas-y que je fais bip mais un autre quand j’avance, et vas-y que dès que la nuit tombe les phares s’allument, et vas-y que dès qu’il se met à pleuvoir les essuie-glaces prennent l’initiative de me dégager la flotte de devant moi. Et y a même une prise allume-cigares dans le coffre. Moi, ça ne m’a pas mise en transe, mais le coboille a sauté de joie en la voyant. Au début j’ai eu peeeeur, j’ai cru qu’il voulait kidnapper des gens riches, les jeter dans le coffre pour les emmener loin très loin et demander une très grosse rançon, mais le tout en leur laissant un maximum de dignité, grâce à la possibilité de s’en griller une au cours du transfert dans le coffre. En fait c’était pas ça, c’était « naaaaaan mais attends comme ça on peut brancher une glacière dans le coffre sur la prise allume-cigares comme dans les camping-cars ». Ah. D’accord.

On m’a également donné un ordinateur portable, qui est une bouse intersidérale, mais bon on fait avec ce qu’on a, ce qui porte à 4 le nombre de PC au ranch, chacun un perso, chacun un boulot. On envisage d’ouvrir un cyber café.

Avec le PC, on m’a aussi donné une imprimante multi-fonction qui scanne qui imprime qui faxe qui fait des tas de trucs extrêmement inutiles, puisque de repassage point il n’est question, j’ai essayé, y a pas de touche repassage, et si on met les fringues dans le scanner, on se retrouve au mieux avec une impression couleur du vêtement en question, au pire avec l’air très con devant l’imprimante qui a l’air d’avoir bouffé un pantalon. Donc pour le moment, la seule et unique fonction de l’imprimante, c’est d’emmerder le monde parce que c’est GROS et qu’il a fallu bouger les meubles pour lui trouver une place dans le ranch.

Au rang des joujous, on a aussi l’avertisseur de radars. On dirait un très vieux téléphone à clapet, sauf que ça ne s’ouvre pas (ou si c’est ouvert, c’est bon à jeter à la poubelle). Dedans, y a le petiot frère de Passe-Partout qui est enfermé. Et son boulot c’est de me dire quand il y a des radars fixes (au cas où je n’aurai pas les yeux en face des trous), et quand je suis dans des zones où il y a habituellement beaucoup de contrôles. L’utilité de la chose est extrêmement limitée, étant donné que quand je rentre à la maison, je passe rarement la 3ème. Mais bon ça clignote de toutes les couleurs, ça doit pas être mauvais pour mes chakras, alors je garde.

J’ai eu aussi tout un lot de cartes : carte pour rentrer dedans l’entreprise sans embêter la gentille personne de l’accueil qui est déjà pas bien loin du surmenage si on en croit le nombre de fois où elle décroche le téléphone par minute, carte pour payer le péage et l’essence dans chez Toto, et carte pour payer l’essence chez Essal.

Donc bref, tout ça pour dire quand je monte dans ma ouature, je dois 1 brancher le kit mains libres, ce qui sous-entend que je dois en préambule démêler le câble sa mère la poule qui est somnambule et fait des nœuds dans la nuit, 2 brancher le GPS sur la prise allume-cigares, l’allumer, le coller sur mon pare-brise, lui dire où je veux aller, taper à côté avec mes gros doigts, effacer, recommencer, puis m’apercevoir que c’est mon cerveau que j’aurais dû brancher avant, puisque je connais la route, 3 allumer et installer l’avertisseur de radars, 4 m’apercevoir qu’il n’a plus de batterie et le reranger, 5 attacher ma ceinture, 6 m’apercevoir que j’ai fait des nœuds avec les câbles du GPS, du kit mains libres et la ceinture, 7 me détacher et me rattacher sans noeuds, 8 attacher le micro histoire de ne pas avoir à beugler si ça sonne et 9 démarrer. Voilà, c’est extrêmement rapide comme vous vous en doutez. Du coup vendredi, j’ai allé bosser en métro, ça a été vachement moins long…

Non mais plaignez-moi les gens, plaignez-moi, je vous jure que c’est pas une vie d’être comme ça attachée à la technologie.

dimanche 22 novembre 2009

Oui je sais, y a comme une interruption des programmes depuis quelques semaines. Bien entendu, c'est point de ma faute, c'est à cause que y a pas le wifi dans les bouchons et que mon Tomtom cet abruti est infoutu de se connecter au ternet. Et aussi un peu parce que je bosse plus beaucoup beaucoup sur PC en ce moment ou alors seulement dans des endroits où de connexion il n'est point question. Si on ajoute à ça que je n'ai pas très très envie que tout le monde puisse savoir exactement où je bosse, et que y a pas 12 000 boîtes dans le monde qui font ce que je fais, faut que je trouve un moyen détourné de causer de tout ça pour que ce soit compréhensible sans être compréhensible. Et j'ai pas encore trouvé.

Mais bon rassurez-vous, je n'ai pas arrêté toute vie bloguesque, puisque pas plus tard qu'hier j'avais une paire de Pitous dans mon salon (et que pas plus tard que ce matin, y avait plus boucou de rhum au ranch) (elle est belle la jeunesse, ah bravo).

Ca devrait se tasser d'ici quelques semaines (le boulot, pas les Pitous, qu'on soit bien d'accord), mais pour le moment c'est un peu la course. Donc pour le moment, nos amis chinois assurent l'intérim dans les commentaires. Voilà


mercredi 28 octobre 2009

La 7ème compagnie

Heureusement qu'il y a des Chinois pour faire vivre ce blog et répondre aux commentaires, sinon on pourrait croire que je suis décédée. Or il n'en est rien, je suis juste super occupée à rien branler. Du coup j'ai rien à raconter. Pourtant j'ai tout donné, je suis allée au coiffeur, mais depuis que c'est la plus meilleure coiffeuse de la terre qui s'occupe de mes poils de tête, aucun ratage à signaler. Sinon je peux aussi vous raconter mon quotidien passionnant. Par exemple hier je suis allée voir la gynéco, parce que sur mon CV que j'ai envoyé en 15 000 exemplaires, dans la rubrique hobby j'avais écrit frottis. Mon deuxième hobby, c'est me balader le frottis en question dans mon sac à main jusqu'à ce que je trouve une boîte aux lettres qui en veuille (oui c'est épais comme enveloppe). Et après, tellement les frottis c'est mon hobby, je suis retournée chez la dame parce que j'avais oublié mon écharpe. Ah et sinon la semaine dernière je suis allée au bord de la mer avec mon Pôpa et ma Môman mais il pleuvait tout le temps. Du coup j'ai perdu aux petits chevaux et ça m'a fichu un coup au moral (surtout que la mère elle est du genre à pas trop rigoler avec les jeux, et elle jubilait). Bref, ça trépide sec en ce moment.

Et un truc qui me prend aussi vachement de temps en ce moment, c'est de me prendre la tête entre les mains en disant "nonononononononon mais c'est pas possib" quand je pense à mes élèves. Là cette semaine ils sont en vacances (fatigués qu'ils sont par leurs siestes en cours entre deux grilles de sudoku). J'ai comme l'impression de faire l'année de trop, impression fortement accentuée le mardi à 5h quand le réveil sonne.

Les élèves, je les vois dans deux situations différentes. Soit en cours ou TD, où c'est moi que je cause, eux qui dorment, qui gloussent, qui sudokutent et qui aïephonent, soit en TP où ils sont supposés être actifs (et donc faire face à leur inefficacité, dure confrontation). Dans le premier cas, mon rôle est très simple: je les traite de gamins de maternelle, les fais changer de place pour séparer les glousseurs, m'approche à pas de loup des dormeurs pour mieux faire un grand bruit qui claque près d'eux (taper dans les mains, ça marche sur les gerbilles ET les élèves. Peut-être que ça a un rapport avec la taille du cerveau rapportée à la taille totale du sujet, parce que les rapports ne doivent pas être loin d'être égaux), en dégage un ou deux en cas de récidive. Pour les cas TRES difficiles, du style y en a pas un qui est capable de me sortir une formule moins compliquée que le théorème de Pythagore, je ferme la porte à clef pour les empêcher de partir avant qu'au moins un d'eux ait pigé.

En TP,ça se corse nettement. Je dois faire 4 sujets différents en même temps. Traduit en langage plus courant, ça se dit "Cours Forrest, cours", avec dans le rôle de Forrest, votre serviteuse. Et attention c'est de la course d'endurance, ça dure 4 heures quand même. Et puis en TP, ils sont en binôme, du coup ça les désinhibent, ils posent toutes les questions que jamais de la vie ils poseraient en cours. Et pourquoi ne le font-ils pas en cours? Parce que quelque chose, tout au fond d'eux, leur dit que ce n'est pas une bonne question. Et au lieu d'écouter ce petit quelque chose, ils laissent la parole au grand rien, et VLAN, c'est la question con (dans le meilleur des cas). Les autres cas, c'est assez inexplicable, je vais donc donner un exemple, l'exemple fondateur et complètement révélateur de ce que sont les élèves cette année, j'ai nommé l'exemple 7ème compagnie.

Prenez un duo de choc. Appelons les au hasard Minus et Cortex. Pour les non-initiés, Minus et Cortex, c'est eux.



C'est dans ces moments-là que je me dis qu'on s'est un peu raté dans le baptisage des gerbilles. Mais là n'est point le propos.

Je disais donc, l'exemple 7ème compagnie, le duo de choc, Minus et Cortex, tout ça tout ça. Donc prenez Minus et Cortex. Ils sont seuls, face à leur TP, plein de désarroi, de câbles et de composants électroniques vus et revus en cours et en TD. Première épreuve, et pas des moindres, câbler tout le bordel, sachant que ça fait 3 ans qu'ils font ça à longueur de TP et que pour plus de précautions, je leur ai réexpliqué avant (sachant qu'avec eux, 1765 précautions valent mieux que 1764) (et sachant surtout que ça va bien de faire sauter l'ondulé de toute l'école remplie de gens qui programment sans faire Ctrl+S, on a déjà donné l'an dernier et je peux vous dire que ça fait mauvais genre). Mais on en était au câblage. Première constation de moi:
-Il vous manque des câbles, allez en chercher
-Maaaaaaadame, on peut pas, on sait pas où c'est
-Et vous n'avez pas cherché?
-Bah non
-Et vous n'avez même pas cherché dans le tiroir sur lequel il y a écrit CABLES?
-Ah bah non
-...
- Bah on fait quoi madame?
- Euh je sais pas, à ton avis?
- Bah je sais pas moi
- ON VA CHERCHER DES CABLES DANS LE TIROIR EN QUESTION!
- Ah d'accord, j'avais pas compris...

Ceci n'est pas un dialogue particulier issu d'un cas particulier, non ceci est la réalité de mon quotidien avec le millésime 2009-2010.

Minus et Cortex reviennent (oui ils y sont allés à deux, fallait deux cerveaux minimum pour aller chercher des câbles à 1 mètre de là), les bras chargés de présents, des câbles de toutes les couleurs et de toutes les longueurs, en bref un merveilleux cretin.fr. Intervention profesque (c'est moi que je cause donc)
-Passez-moi un câble s'il vous plaît
-Lequel vous voulez madame?
-Peu importe, passez-moi un câble
-Mais vous allez le brancher où?
-Là, au -15 volts, sur la fiche bleue
-Ah d'accord, alors je dois vous donnez un câble bleu
-Euh si tu veux, mais bon n'importe quelle couleur ira.
-AH BON? Ca marche même si c'est pas la même couleur?
-Euh oui. Non mais tu rigoles là, tu me fais une blague t'es pas sérieux? (anxieuse j'étais je peux vous dire, il m'aurait annoncé qu'il ne savait pas lire que je n'aurais pas fait une autre tête)
-Bah non, je savais pas moi. Vous voulez que j'aie appris ça où?
- Dans ton cu...rsus scolaire, t'as quand même 3 ans de lycée, 2 ans de prépa ou de Bts et 3 ans d'école d'ingé derrière toi, c'est super inquiétant là...
- Nan mais je vous jure que je savais pas madame, j'ai appris un truc aujourd'hui
-Non mais ça va pas la tête, c'est pas la 7ème compagnie ici hein, on met pas le fil rouge sur le bouton rouge et le fil vert sur le bouton vert et après BAM on fait sauter le pont!
-Maaaadaaaaaame, c'est quoi la 7ème compagnie?



Voilà, du coup maintenant les élèves de cette année, je les appelle "la septième compagnie". Et je crois bien qu'ils l'ont pas volé. J'en ai encore une bonne dizaine comme ça en réserve, suffit de demander. Mais heureusement que je suis chomiste entre deux cours, parce que cette année vu le niveau, je peux pas avoir une activité à temps plein en parallèle, faut vraiment que je me repose à temps plein, sinon je peux pas endurer de telles souffrances.

Plaignez-vous les gens, plaignez-vous, parce que ce sont EUX qui vont fabriquer vos futures bagnoles. Et mettez-vous au vélo aussi tant que vous y êtes, c'est plus sûr.





mardi 13 octobre 2009

Remember tag

Bon, y a comme un bug là. Je suis en chômances, ou en vamage, au choix, et j'ai le temps de RIEN. A part bosser. En même temps, fallait s'y attendre, parce que quand on sait que le 30 septembre on aura un mois de chômances devant soi, on remet plein de trucs très chiants à plus tard en se disant qu'on aura le temps en octobre. Et en fait, en dehors de ces trucs chiants, on a le temps de rien. C'est quand même ballot. Donc là voilà, je suis super rangeuse trieuse jeteuse nettoyeuse téléphoneuse courseuse cuisineuse. Ah oui parce qu'il fait rajouter à ça ma bonne conscience complètement crétine qui me fait dire "han mais le coboille il est au boulot toute la journée lui, je peux quand même pas lui laisser ça à faire" (alors qu'en temps normal il le ferait sans que je lui demande, bref je suis bête).

Tout ça pour dire que oui, j'ai rien blogué depuis le 30 septembre, mais entre les cours et ma vie de ménagère de moins de 30 ans, j'ai le temps de rien, même pas de faire la sieste devant les feux de l'amour. Alors que bon j'en ai des choses à raconter: ma non-thèse party, le magnifique week end disco à 30 dont deux gastrotés et une pharyngitée dans un gîte normand dont j'ai réussi à revenir avec seulement la pharyngite (et un kilo de fromage aussi, mais ça rend moins malade, sauf si on mange tout d'un coup), les élèves 2009-2010 qui regorgent de surprises toutes plus folles les unes que les autres. Mais en fait bah j'ai pas le temps, donc je vous colle un tag, ce qui est fort mal, mais ça fera au moins plaisir à Fyfe qui me l'a refilé, et ça me suffit.

L'idée c'est de coller une chanson que quand on était jeune on l'adorait alors que bon quand même bonjour la honte. C'est une magnifique chanson de 1989 que j'ai choisie (j'avais donc 6 ans à l'époque pour ceux qui ne savent pas compter) et j'espère qu'elle va bien vous rester dans la tête toute la journée, parce que y a pas de raison que ça ne me pourrisse que ma tête à moi.



Voilà, de rien. Reprend qui veut, j'en ai marre de désigner, je passe assez de temps comme ça à dire qui va au tableau faire la question 1, la question 2, puis la question 3 etc.

mercredi 30 septembre 2009

Au revoir, au revoir Président

Les ceux qui disent que je mets "au revoir président" à toutes les sauces en ce moment n'auront pas tort, mais je ne me lasse toujours pas de l'effet que ça me fait de l'écrire, le dire, le chanter, le mimer, le enfin vous avez saisi quoi.



Aujourd'hui, 30 septembre, c'est mon dernier jour au labo. J'y suis depuis janvier 2006 dites donc. A l'époque j'avais 13 ans, des boutons plein la tronche, je trouvais que les parents c'étaient tous des cons et je voulais fucker le système. Non en vrai je devais effectivement avoir quelques boutons, et le seul truc que je fuckais c'était le RER A que je me farcissais matin et soir pour rentrer dans cette ville pourrie de Perpette sur Oise où j'avais élu domicile depuis septembre 2001. J'étais toute contente d'être en stage au labo, j'étais très décidée à faire une thèse après. Tous mes copains de promo faisaient des stages en entreprise (et étaient rémunérés, j'aurais dû me douter dès ce moment-là que les labos ça puait le caca à 12 bornes. Mais je pouvais pas, je passais trop de temps à attendre le RER à Châtelet Les Halles qui pue le caca, j'avais le pif saturé) (cette douce expérience olfactive vous était offerte par la Ratp et la région Ile de France qui sponsorise la carte ImaginR).

On va pas s'attarder sur le côté qui sent lui aussi le caca et qui fait que je suis super contente de partir, que j'ai envie de crier "free at last, I am free at last" en courant cheveux zau vent et bras grand ouverts à demi nue dans les rues de Paris. Parce que bon en trois ans forcément, y a eu des trucs biengs. Le truc bieng principal c'est que j'ai gagné un coboille dans l'histoire, soleil de mes jours, astre de mes nuits, et descendeur de mes poubelles.

Et puis il y avait aussi des trucs dont je ne mesurais pas forcément l'importance. Et que maintenant que je sais où je vais bosser à partir de novembre, je me rends compte. Mon nouveau boulot que je ne vous en dirai pas plus, mais qui est dans une boîte privée où les gens ils s'en tamponnent complètement du mot thèse. Et qui est aussi situé dans une ZA de la région parisienne. Et quand tu as bossé 3 ans presque 4 dans un labo situé en plein milieu du 6ème arrondissement de Paris, près du boulevard St Germain, près de St Michel, près du Luxembourg, près du métro, du RER, du bus, du velib, tu pleures un peu de te retrouver dans la ZA que même pas y a des bus pour y aller, mais seulement des CARS tout pareils que pour aller au salon des Vieux Libidineux sauf qu'il faut payer. Et que y en a un toutes les heures, aux heures de pointe. Ah, on m'en signale que je m'en tamponne puisque j'aurai une voiture de fonction. Très bonne remarque (oui c'était juste pour caser la voiture, mais que voulez-vous je ne m'en remets pas). Ceci dit, voiture de fonction ou pas, je peux me brosser pour avoir de nouveau 4 starbucks à moins de 3 minutes à pied de mon lieu de travail. Et y a pas de Nespresso dans ma nouvelle boîte, ce qui est un pur scandale.

Et à partir de novembre, je vais devoir me donner l'apparence de quelqu'un de sérieux qui possède un fer à repasser. Ca change de mon look habituel de sortie de machine à laver. Du coup, je pense que ça sous-entend que je vais devoir faire l'acquisition d'une planche à repasser. Voyez-vous ça. Et ça veut aussi dire qu'une fois la planche acquisitionnée, je devrai m'en servir. Et ça veut aussi dire que je devrai m'en servir pour l'usage auquel elle est destinée, et non pas comme annexe du meuble de l'entrée pour entreposer le courrier dans une magnifique reproduction du chaos de l'univers. Bref, je me donne 3 mois avant de craquer et de prendre quelqu'un pour donner une tronche workproof à mes fringues. Ah oui parce que j'ai oublié de vous dire, mais avec ce nouveau travail j'ai un nouveau salaire. Et je trouverais ça dommage d'en redonner un max à l'Etat tout en continuant à passer mes soirées à repasser, alors je sens que je vais sous peu faire d'une pierre deux coups de cuiller à pot. Enfin tout ça pour dire que c'est fini d'avoir des collègues qui demandent si on est sapé pour un mariage parce qu'on est arrivé au boulot avec un jean sans trou et un pull qui n'a pas connu le 20ème siècle. Ouais, faut que je mette mon mois de chomiste à profit pour me faire une garde-robe de fille sérieuse. Et un garde chaussures aussi, parce que les Converse ça va moyen avec les tailleurs si je ne m'abuse.

Si vous le voulez bien, je vous entretiendrai de mon portable avec 300€ de forfait mensuel, de mon PC de fonction et de ma carte qui sert à payer l'essence de ma ouature même pour mes déplacements privés tels que vacances, week ends et autres virées chez Ikea, parce qu'avec toutes ces âneries faut que je me trouve un box pour ma ouature (de fonction mouhahahaha). Non mais pardon mais comprenez ma joie, je passe de salaire pourri et considération zéro à salaire normal et avantages en nature comme s'il en pleuvait, et les gens autour veulent que je sois happy dans mon travail, donc je jubile.

Voilà, au revoir au revoir Président, bonjour ouacances et pôle Emploi et un peu plus tard bonjour nouveau président. Ne me plaignez pas, je vous autorise même à jubiler par procuration. (oui je sais, ce post est puant d'auto-satisfaction, mais une fois de temps en temps ça fait pas de mal)



lundi 28 septembre 2009

Le dimanche, on fait salon

Il y a eu un énoooooooorme teaser . Et maintenant, il y aura le récit ici.

Le coboille est l'homme parfait, ça on le sait. Comme tout homme parfait, il a ses petits défauts. Parce que si un homme parfait n'avait pas de défauts, il ne serait pas parfait. Si si. Le défaut du coboille, c'est qu'il aime un peu trop les camping-cars. (là c'est le moment où vous compatissez, parce que cette phrase va me coûter une soirée entière de justifications, explications, etc...)

En ce moment, au Bourget c'est le salon du véhicule de loisirs, SVL pour les cools, qui ressemble assez bizarrement au Salon des Vieux Libidineux, on se demande bien pourquoi. Alors dimanche, j'ai accompagné le coboille au Salon des Vieux Libidineux. Et ce fut une expérience, euh bah euh, enfin une expérience quoi.

Pour aller au Salon des Vieux Libidineux, ils faut prendre le RER B, le plus pourri de l'Ile de France, et aussi celui qui traverse les villes les plus sympas quand il va vers le Nord. Ensuite, il faut descendre au Bourget et se rendre sur le parking devant la gare. Là, des navettes gratuites attendent les Vieux Libidineux pour les emmener au Salon du même nom. Donc il faut monter dans un car, avec dedans déjà quelques vieux qui sont over contents et qui se trémoussent tellement ils ont hâte d'y être. Ou alors c'est l'incontinence, on ne sait pas, mais dans le doute on va voter pour l'impatience. le vieux est bon élève et s'assoit devant dans le car. Enfin en même temps, le vieux est plus large qu'un gamin de CE1 et connaît donc quelques difficultés pour progresser entre les sièges jusqu'au fond du bus. Le vieux est conten t qu'il est là, et le vieux a l'impression de former une grande famille avec tous les autres amateurs de véhicules de loisirs, alors le vieux dit BONJOUR quand on monte dans le bus. Ca désarçonne, parce que d'habitude dans le bus je dis bonjour au chauffeur qui répond grrr ou rien et picétou (le coboille, lui, préfère dire au revoir au chauffeur quand il monte dans le bus, mais c'est une autre histoire, que je ne raconterai pas ici, sinon je suis partie pour une deuxième soirée de justifications).



Quand on arrive au salon, on rentre par le hall qui accueille les caravanes. Et caravane= zéro intérêt. Mais dès le premier hall, on voit bien les deux clans qui s'affrontent: d'un côté, les Vieux libidineux en tenue de camping, pour être bien certains que leur nouveau véhicule de loisir s'accordera avec leur bermuda à fleurs qui lui même s'accorde formidablement avec leur chemise à carreaux et leur belle banane à pois (la banane ventrale, celle où on range les papiers et les clefs du véhicule de loisir, pas celle de dessus la tête, à cause que la calvitie les en empêche. God bless la calvitie). De l'autre côté, les commerciaux, costume cravate et air affairé. Toute la subtilité du jeu consiste à visiter le maximum de camping-cars sans se faire coincer dans el camping-car en question par un commercial (oui, y a des limites à la libidinerie quand même)

Ensuite, on arrive dans un des halls réservés aux camping-cars. Ils sont triés par marque.E t les marques sont triées de la façon suivante: les marques pour les riches et les marques pour tout le monde. Dans les marques pour tout le monde, on peut rentrer comme on veut dans les camping-cars, faire semblant de faire pipi comme Barbie, se vautrer sur le lit et mettre la tête dans le frigo pour vérifier si on peut faire tenir assez de bières. Dans les marques pour les riches, il faut montrer patte blanche et avis d'imposition multi-zéroté pour avoir le droit de rentrer dans les camping-cars. De toute façon y a une petite chaîne qui bloque l'accès aux pauvres (oui maintenant avec les matériaux techniques intelligents on fait des trucs foufous).

Du coup, on s'est fait les camping-cars de pauvres. Enseignement principal de la chose: y a rien qui ressemble plus à un camping-car qu'un camping-car. Enseignement secondaire (collège et lycée): c'est pas parce que le camping-car A ressemble à s'y méprendre au camping-car B que le camping-car B ne sera pas vendu 15 000 € plus cher que le A.

Mais je pense qu'il faut laisser parler les photos. Alors c'est parti.

Ashley: coboille, mon coboille, où donc as-tu garé la ouature? Je ne la trouve point sur le parking
Coboille: dans ton c...amping-car ma chère.


Le camping-car katkat (4x4 on dit quand c'est qu'on est culturé de l'auto-moto), une voiture qu'elle est bien pour la conduire.


Ce qui est bien avec les salles de bains spa sauna Jacques Ouzy des camping-cars, c'est qu'on peut se doucher en double-pitant en faisant la vaisselle en ouvrant le frigo pour voir combien il reste de bières (mais ça donne un peu l'air con)


Ce qui est bien avec les sièges de camping-car, c'est que si on se fait chier en conduisant (ce qui ne veut pas dire qu'on conduit assis sur les wawas) parce qu'on est aux Ztazunis et que la route est toute droite sans même une petite wild turkey ou un petit chipmunk à écraser, on peut se retourner pour taper la belote avec les gens de derrière.



Ce qui est bien avec les camping-cars, c'est que souvent la déco est kitsch et on peut prendre des poses élégantes et prestantes sur un lit à froufrous. Et ce qui est bien avec les camping-cars c'est qu'ils ont tous des rideaux qu'on peut tirer pour que les gens qui pensent que les camping-cars c'est du SERIEUX ne voient pas les jeunes irrespectueux faire les foufous.


Ce qui est bien avec les camping-cars c'est qu'on peut mettre les bières dans le frigo ET la vodka au congélo.


Ce qui est bien avec les camping-cars, c'est que quand on est crevé d'en avoir autant visité, on peut taper la sieste ni vu ni connu. Et que si on se réveille à l'heure de l'apéro, on peut ouvrir le frigo avec les pieds pour se sortir une bière, et la boire sans se lever. Et ça, même Barbie elle peut pas.


Voilà, je sens que je viens de faire exploser les ventes de camping-cars là. De rien.

mercredi 23 septembre 2009

Millésime 2009-2010

Hier, j'ai eu la joie et le bonheur de faire connaissance avec mes nouveaux élèves. Et les nouveaux élèves ont eu la joie et le bonheur de faire ma connaissance. Ça commençait plutôt mal puisque les aléas de l'emploi du temps et des occupations de salle ont fait que nous avions cours de 8heures à 10heures puis de 13h15 à 17h15. Et comme évidemment c'étaient les premières heures de cours, il était assez compliqué de faire autre chose que du cours, pas de TD possible sans un minimum de cours. Bref, ça s'annonçait long, pénible et fatigant, pour eux comme pour moi.

A 5h du matin, étrangement, j'ai eu quelques petits problèmes pour sortir du lit et à 5h20, j'étais déjà en retard sur le programme. D'où gros coup de stress, parce que je mets un point d'honneur à arriver à l'heure (avec les horaires de train d'ailleurs ça m'oblige à arriver 10 minutes en avance), comme ça je peux légitimement couvrir de honte les retardataires. J'aime bien quand ils deviennent tout rouges et qu'ils vont s'asseoir tout penauds, c'est mon côté Cruella.

Bref, à 7h50 j'étais à l'école des ingénieurs orthographiquement déficients, le temps de faire un double-pi, de me prendre un café, de me taper la honte à la machine à café, et j'étais dans la salle. Ah oui j'ai fait forte impression à la maquina du café, j'ai mis ma pièce dans la machine, fait une micro sieste de 3 secondes debout devant la machine, appuyé comme une damnée sur le bouton "café long en grains" (que c'est pas précisé si les grains en question sont des grains de café, et si effectivement ce sont des grains d'autre chose, ceci explique cela), juré comme, euh bah comme à mon habitude j'ai envie de dire. Jusqu'à ce qu'un étudiant a compatissant ou b agacé et pressé d'avoir son café (réponse B Jean-Pierre, et c'est mon dernier mot) me dise "nan mais votre pièce elle est tombée, faut la récupérer et la remettre" et m'éclaire donc sur les évènements qui se sont déroulés pendant ma micro-sieste. Hum.

Armée de mon café, je descends dans la salle et je m'applique à prendre un air très digne et surtout très réveillé, parce que je sais de source sure que la première info que donnent les élèves de l'année précédente à leurs successeurs en début d'année c'est "Madame Abbott le matin elle est pas réveillée ouh la la c'est la lutte".

Les premiers élèves arrivent dans la salle "vous êtes bien madame Abbott?" oui oui, prendez place je vous en supplie. A 8h, on est 12, sur un effectif prévu de 32. Je prends un air excédé, je regarde ma montre et je fais les 100 pas dans la salle (en vrai c'est pour avoir le temps de boire mon café avant de commencer le cours, parce que sinon il est froid et déjà chaud il est dégueu donc on va éviter de tenter l'empoisonnement.)

A 8h10, je claque la porte, en disant que c'est un pur SCANDALE, que la ponctualité c'est quand même la moindre des choses, et bla bla bla. Là, normalement, y a toujours un élève qui dit "mais madame nous on vient de loin, faut qu'on se lève tôt, vous vous rendez pas compte, ce matin par exemple on devait se lever un peu avant 7h". Ça n'a pas raté, heureuse j'étais et j'ai pu leur dire de façon héroïque "pour être à l'heure, je me lève à 5h MOI, alors vous n'avez aucune excuse". Et là, ça les calme.

Les élèves sont arrivés au compte-gouttes pendant mon blabla habituel de début d'année, les élèves se sont donc fait engueuler au compte-gouttes. La salle qui m'est attribuée a une vitre qui donne sur le couloir, et en face il y a la porte des wawas, théoriquement wawas des filles, mais en pratique wawas mixtes. "Oh y en a encore un qui arrive madame" et effectivement on voit un élève qui passe dans le couloir et se dirige vers la porte (je suis au bout du couloir, donc si il passe par là c'est forcément qu'il vient chez moi). Sauf que personne n'entre. Et c'est là que mon léger problème de réflexion à voix haute a fait surface, et environ 10 minutes après avoir fait connaissance avec mes élèves, j'ai donc annoncé fièrement "ah tiens on dirait qu'il y en a un qui a un pipi sur le feu". Tronches incrédules des élèves, han la prof elle a dit pipi (ah oui, en écoles d'ingénieurs, les trucs qui font rire sont les mêmes qu'en maternelle, auxquels on ajoute cependant cul, bite et nichons, pour plus de subtilité). Le retardataire entre, avant même qu'il ait eu le temps d'ouvrir la bouche je lui demande "tu t'es lavé les mains au moins?". Il passe au rouge foncé et va s'asseoir dans le fond, je l'ai pas entendu de la matinée (ça en faisait au moins un).

J'ai donc fait mes deux heures de cours en déployant toute mon énergie, et il m'en a fallu parce que j'avais en face de moi une vingtaine de personnes qui soupiraient, baillaient dans le meilleur des cas, ou mieux dormaient.

J'ai fait passer une feuille pour qu'ils écrivent leur nom, pas dans le but de les fliquer mais plutôt parce que personne ne me donne de liste, donc j'ai pas d'autre moyen d'en avoir une. Je l'ai récupérée pleine de coeurs rouges devant certains noms, j'ai même récolté un certain nombre de 06, c'était magnifique (mais qu'ils sont bêtes).

A 10h, arrive la pause. Arrive aussi l'étudiant chinois de l'année (oui, tous les ans il y a des étudiants chinois, l'étudiant chinois est depuis quelques années THE accessoire fashion de tout directeur d'école d'ingénieur qui se respecte). Ce qui donne
Etudiant chinois: Madame, c'est quoi votre nom de famille?
Moi: Abbott
Etudiant chinois: Mais alors votre prénom c'est quoi?
Moi: Ashley
Etudiant chinois, pensif: mais alors on doit vous appeler comment, Madame Ashley ou Madame Abbott? je suis en France depuis deux semaines et je ne sais pas bien comment il faut faire.
Moi: madame Abbott
Etudiant chinois: mais Ashley c'est pas très répandu comme prénom en France non?
Moi: non effectivement (à cet instant précis je me demandais si je devais lui expliquer le coup du club Ashley, avec sa bande de Musclés et ses séries et dessins animés, mais je suis pas maso quand même), c'est un prénom qui n'était pas ebaucoup donné aux filles qui sont nés à la meêm époque que moi.
Etudiant chinois: ah d'accord madame Abbott, merci.

Puis j'ai eu droit à un déjeuner qui n'était pas des plus agréables pour des raisons diverses et variées, tenant à la fois à la présence d'huile aux pâtes et de sauce grasse à l'os de lapin dans mon assiette, et également à la présence de mon cher camarade le directeur de l'école à qui j'en veux boucou depuis le coup de la fête de mouton de l'an dernier et encore plus que boucou depuis un certain mail me disant "oh mais vous faites la plus grosse erreur de votre vie, il ne faut pas faire ça bla bla bla" (en même temps je ne suis plus à un mail de ce genre près, mais tout de même).

Et re 4 heures de cours. Les élèves étaient plus détendus et moins intimidés par mon aura professoresque qui s'étend jusqu'aux confins de la vallée du Vexin en passant par le 93, donc on a pu rigoler. J'ai aussi pu engueuler ceux qui ne sont venus QUE l'après-midi et pas le matin. Surtout qu'ils n'ont pas fait dans la discrétion, ils sont arrivés en cours à 13h15 en me disant bonjour. "Comment ça BONJOUR? C'est ce matin que tu aurais dû me dire bonjour, pas là à 13h"Mais madame j'ai raté la voiture pour venir ce matin (comme certains viennent de loin, mais du même loin, ils covoiturent) "Ah bon? Et l'idée de prendre le train pour venir ne t'a pas effleuré?" Bah si mais comme je me suis levé à 8h30 bah le temps que j'arrive il était fini votre cours. S'en est donc suivi un petit cours intitulé "à quelle heure dois-je me lever si je suis attendu à 8h à 1h de chez moi?". Et on a bien fait de revoir les bases parce que visiblement c'était loin d'être évident pour tout le monde (désespoir de moi). Du coup ils sont tous passés au tableau histoire d'être à peu près au point sur les trucs vus le matin (bien fait, gniark gniark)

Au bout de 3heures de cours, j'ai capitulé, parce que je voyais bien qu'au moins 10 d'entre eux était sous le point de se faire ara-kiri (une sorte de perroquet fan du fromage des gastronomes en mulotte courte) avec un stylo. En plus j'étais supposée leur laisser du temps pour constituer les binômes et trinômes pour les TP. J'aurais très bien pu les laisser faire tout seul, mais vu le niveau sonore alors que dans la salle d'à côté, ils essayaient de bosser, je suis restée histoire de faire un peu baisser les décibels. Et j'ai très bien fait. Parce que dans cetet classe, il y a 3 filles, et ces 3 filles ne pouvaient pas être dans le même groupe, donc elles devaient obligatoirement avoir un binôme de sexe masculin. Et c'est là que ça a commencé à devenir intéressant. "Qui veut être avec Machine?" a fort intelligemment beuglé la déléguée. MOI MOI MOI MOI a beuglé le choeur de tous les représentants masculins de la classe, sauf un, qui a sagement attendu que ses camarades aient fini de beugler pour se lever et annoncer d'un air triomphant "laissez tomber, on a déjà vu ça tous les deux, et c'est MOI qui serai son binôme". La fille passe à l'écarlate, les déceptionnés crient que c'est dégueulasse, et moi je m'assois en disant "eh ben je crois que tout compte fait, je vais rester parce que j'ai comme l'impression que ça devenir intéressant tout ça". (note pour moi-même: en TP, vérifier que les mains sont bien SUR la table). Le grand mercato du TP a continué sur le même mode, j'étais écroulée dans mon coin, et 40 minutes plus tard il n'y avait toujours aucun groupe de formé à part la blonde et le chevalier blanc qui se lançaient des regards prometteurs.

On va bien rigoler cette année, c'est moi que je vous le dis, y a du niveau côté rigolos (mais isl en le font pas tous exprès) (au secours).


jeudi 10 septembre 2009

L'enjeu

La maison des secrets, tout ça tout ça, c'est bien joli, mais j'avais dit que je ferais un billet pas drôle sur cet enjeu à la con. Alors voilà, je m'exécute.

J'ai pas été hyper claire jusque là sur ce que j'avais décidé de faire ou pas après ce billet. En grande partie parce que je ne savais pas, et parce que j'attendais de voir la tournure que prenaient les choses, et aussi parce que c'est pas drôle et que je me posais assez de questions à longueurs de nuits et de journées pour ne pas en causer encore ici en plus. Bref.

Je vais pas vous refaire ici tout l'argumentaire, le pour, le contre, le aaaaaaaaaah, le mais comment je vais faire si ça si ça et si ça et si..., le comment je vais le dire. J'en ai parlé avec plein de gens gentils, y a des gens très gentils du blog qui m'ont envoyé des mails gentils et je leur dis boucou merci. Et ça m'a même permis de rencontrer Ccil, gentille elle aussi (enfin avec moi, pas avec sa banquière). En mai, après un certain nombre de soirées/nuits/litres de larmes/ retournages de cerveau/imaginages de scénarios catastrophes, j'ai dit STOP (in the name of love before you break my heart et surtout in the name of la raison before je me ruine la vie sur un truc qui n'en vaut pas la peine). En mai, le coboille a géré un certain nombre de soirées/nuits/litres de larmes/ retournages de cerveau/imaginages de scénarios catastrophes d'une façon que même pas en rêve tu peux imaginer que quelqu'un réagisse comme ça, parce qu'à ce niveau-là on ne peut même plus dire qu'il a assuré, c'était plus la perfection incarnée (et que du coup je culpabilisais encore plus de lui faire subir ça).

Donc voilà, j'ai dit STOP et j'ai décidé que fin de financement de thèse serait transformé en fin de thèse. C'est pas le tout de décider ça, faut assurer derrière. Alors j'ai décidé de me présenter à des concours d'ingénieurs de la fonction publique (là c'est le moment où je remercie la gentille personne qui m'a beaucoup aidée et qui se reconnaitra), parce que chat échaudé ne craint même pas l'eau froide. Et pour assurer, j'ai aussi postulé (et je postule) dans le privé.

Pour ceux qui ne savent pas comment se passe un concours d'ingénieur, un résumé rapide: envoi de dossiers avec des tas de pages à remplir de tas de renseignements que personne ne lira (c'est interdit, les membres du jury ne doivent pas lire certaines infos, en particulier les plus chiantes à écrire pour le candidat, comme par exemple la lettre de motivation). Le dossier est examiné par un premier jury qui décide si le candidat est admissible. Si oui, il passe l'épreuve d'admission, un oral de 30 minutes devant un jury composé de 5 personnes, dont au moins 3 ne comprennent pas la fiche de poste (les deux autres, les membres experts, sont supposés être en mesure de le faire, mais en pratique c'est peu souvent le cas).

Les résultats d'admissibilité sont tombés avant les grandes vacances, ok pour tout. Et en juillet j'ai eu un premier oral. Bien évidemment, je m'étais préparée. Et bien évidemment, j'avais blindé la partie "pourquoi je ne vais pas soutenir ma thèse et me barrer à la fin de mon contrat" (on notera au passage qu'il n'y a vraiment que dans les labos où c'est un scandale de ne pas venir bosser gratos sous la fallacieuse raison qu'on n'a plus ni contrat ni salaire. Mais je vais y revenir plus tard). Et je m'attendais à ce qu'on me pose pas mal de questions là-dessus. Mais je ne m'attendais pas à ce qu'on ne me parle QUE de ça pendant les 30 minutes destinées à déterminer si oui ou non je faisais l'affaire pour le poste. Je m'attendais bêtement à ce qu'on me pose quelques questions techniques et quelques questions pour déterminer si j'étais une psycho-sociopathe ou non, parce que bon y a de l'enjeu quand même, la personne recrutée est là pour 40 ans quand même, vaut mieux éviter les boulettes. Mais non. Que des questions sur le pourquoi de la non-soutenance, et vous n'avez pas l'impression que ce que vous faites est scandaleux, vous vous étiez engagée vis à vis de votre laboratoire, et je pense que vous n'avez pas dû bien chercher d'autres solutions et bla bla et bla bla. Autant dire que je suis sortie de là bien dégoûtée, parec que niveau équité on a vu mieux, je suis pas persuadée qu'ils aient posé les mêmes questions aux autres candidats et qu'ils aient pu se faire une idée de ce que valait chacun en leur posant les mêmes questions. Si j'avais vraiment voulu jouer la connasse, je me serais opposée à ce bordel (je ne sais plus comment on dit, mais bref on peut faire appel si on estime que l'équité entre les candidats n'a pas été respectée, et là à mon avis c'est le cas).

Puis, j'ai eu des entretiens pour des postes dans le privé. Là pareil je me préparais à plein de questions sur la thèse. RIEN. Ah oui vous faites une thèse mais vous ne soutiendrez pas, oui ok on s'en fiche, ce qui nous intéresse, c'est ce que vous savez faire.

Puis mon cerveau a mouliné. Oui je suis un peu concon moi, je mets vachement de temps à traiter les données, c'est comme ça. Et je me suis aperçu qu'après presque 4 ans enfremée dans la maison des secrets, j'avais une vision des choses un peu biaisée, la vision qu'on t'impose là-bas. Parce que passer 4 ans entourée de gens qui pensent que la thèse c'est le centre de la vie et qui organisent leur vie autour de leur thèse, et pas l'inverse, ça avait fini par attaquer mon cerveau et par faire prendre beaucoup plus d'importance au papier libellé à mon nom qu'il n'en avait vraiment.

Ceci dit, le délai entre la constatation des faits et la conclusion ne vient peut-être pas uniquement du temps de traitement de mon cerveau. J'ai été aussi pas mal influencée par plein de personnes, qui ont des thèses, et qui me disaient toutes à peu près la même chose: "c'est un énorme échec, tu fais la plus grosse bêtise de ta vie, tu vas pourrir ton CV pour tout le reste de ta carrière, tu ne pourras jamais rattraper quelque chose de ce genre bla bla bla". Et ça, ça plombe pas mal, surtout quand on a dû prendre une décision pas forcément évidente, qu'on n'a aucune visibilité sur l'avenir, sur la façon dont on va payer son loyer le mois suivant et quand on commence à se dire que non seulement on s'est auto-mis dans la merde en voulant faire sa rebelle, mais en plus on risque d'entraîner son coboille dedans.

Mais le clou du spectacle, c'était hier. J'avais un entretien dans un labo, pour un poste d'ingénieur en CDD. Le profil correspondait au mien, mais ne faisait pas appel aux techniques que j'ai pu utiliser ces trois dernières années (oui dit comme ça, ça paraît bizarre, mais bon c'est compliqué et j'ai pas envie d'expliquer, donc faudra vous en tenir à ça. En plus c'est chiant à raconter). La première chose que me dit la personne en face de moi a été "si je décide que c'est vous qui avez le poste, la première chose que je ferai c'est appeler votre directeur de thèse pour qu'on trouve un moyen d'emménager votre planning pour que vous puissiez terminer votre thèse tout en travaillant chez nous". Gné? En quoi le fait d'avoir un bout de papier à mon nom me permettra d'être meilleure dans un boulot sans grand rapport avec le gratinage de rat, surtout que la thèse n'est PAS une condition de diplôme pour ce job? (en vrai je l'ai formulé autrement, mais ça voulait dire ça). La personne refusait d'embaucher quelqu'un qui n'avait pas de thèse, parce que je cite "c'est une grosse erreur, c'est un échec de ne pas soutenir sa thèse, vous ne vous épanouirez jamais dans la vie si vous ne terminez pas votre thèse, votre CV ne s'en remettra jamais bla bla bla". J'ai particulièrement apprécié que cette personne que je connaissais depuis un quart d'heure se mette déjà à décider ce qui est bon pour moi ou pas.

On passera sur le Mail, qui m'a dit "TU es mon plus gros échec, c'est un énorme échec, tu n'as plus aucune crédibilité sur le marché du travail, personne ne voudra de toi avec un CV pareil, tu fais la plus grosse erreur de ta vie, tu ne te rends pas compte, bla bla bla, tu aurais dû venir m'en parler plus tôt, comme ça j'aurais pu t'en dissuader et et convaincre de continuer, mais là c'est trop tard, c'est un énorme échec, tu fais la plus grosse bêtise de ta vie,..." and so on. Inutile de rétorquer que je n'avais pas envie de discuter de tout ça avec des gens qui voulaient juste m'imposer leur point de vue, mais plutôt avec des gens bienveillants et assez objectifs, argument irrecevable selon lui.

Ah, cette note est super longue, mais tant pis, lira qui est intéressé, je vais pas en faire une histoire suspense en 15 parties, je vais être chiante en une seule fois.

Tout ça pour dire que dans les labos, la thèse c'est LA VIE. Sans thèse on en peut pas avoir de vie intéressante. D'ailleurs, la thèse c'est tellement bien que ça se mérite. il faut l'avoir dans la souffrance, sinon ça compte pas. C'est donc pour ça qu'il est NORMAL de continuer à bosser plusieurs mois après la fin de son financement, c'est-à-dire sans être payé, ou alors au lance pierre, 1000€ un mois sur 4 histoire que le directeur de thèse ait bonne conscience. Depuis un an, je me suis fabriquée ma propre jauge à normalité, pas celle des labos. La méthode est simple: si dans le privé personne ne le fait, il faut refuser de le faire dans les labos. Bosser sans être payé? NON. Sauf que dans le labo où je suis, refuser de continuer à bosser simplement parce qu'on n'est pas payé, c'est juste être le dernier des cons paresseux feignasses et cupides (oh ouiiiii je suis cupide, rendez-moi mes 1400€ par mois avec lesquels je batis une richesse considérable, d'ailleurs faites-moi penser à aller vérifier l'avancement des travaux de ma villa sur la lac de Côme, la dernière fois ils s'étaient trompé dans la couleur du carrelage de ma piscine à débordement les cons, on ne peut plus faire confiance au petit personnel).

Donc voilà, je me barre, si tout va bien j'aurai un boulot rapidement, c'est MA décision, ce n'est PAS la plus grosse erreur de ma vie et ma vie n'est pas construite sur une thèse mais ne sera pas pourrie pour autant. Et vu le soulagement que j'ai ressenti quand j'ai pris cette décision, je pense que ça ne peut pas être une décision si stupide. Je vais donc quitter la maison des secrets le 30, en faisant un gros bras d'honneur au Mail et ça va être le début de quelque chose de très bien. Je ne serai jamais le Dr Abbott et je pense que c'est mieux comme ça. Et PROUT à ceux qui ne sont pas d'accord.



mercredi 9 septembre 2009

ScieHaineEreEsse story, les clans et l'enjeu

Dans tous les jeux de télé réalité, il y a des clans: les rouges contre les jaunes, les jeunes contre les vieux, les filles contre les garçons, les brunes contre les blondes, les faux nichons contre les vrais nichons, j'en passe et des plus mieux que ça. Dans la maison des secrets que je fréquente, il y a des clans, et des sous-clans, ça complique un brin les choses.

Dans un premier temps, les deux clans principaux qui s'affrontent: les permanents et les précaires. La chose qui permet de les différencier est la dernière lettre du contrat qui les lie à la maison des secrets. Pour les précaires, c'est un D, comme Dantoncul. Pour les permanents, c'est un I comme Infinie. Même si un permanent se mettait debout sur le bureau du Mail en lui montrant son popotin arrière et en lui criant des noms d'oiseau, il ne serait pas nominé. Même si un permanent refusait de se montrer dans la maison des secrets sans poser de jour de congés pendant deux mois, il ne serait pas nominé. Dans le clan des précaires, on a donc les thésards et les post-docs, et chez les permanents tous les autres. Chaque clan dispose de ses propres armes, dont il a le droit de faire usage autant qu'il le veut. Les permanents ont dans leur escarcelle des armes fourbes, à leur image: préparation de compte rendu pour le lendemain, préparation de pouvoir du point, réunion sans fin, envoi à la visite médicale chez le gros docteur sale et vicieux, envoi de stagiaires fourbes et puants, et l'arme fatale, le cassage aux Etats-Unis (je dis ça comme ça hein). Les précaires ont des armes bricolées avec des bouts de ficelle, à la hauteur de leurs moyens financiers: bière en happy hour pour forger l'union du groupe, mojitos en happy hour pour forger l'union du groupe, margaritas en happy hour pour forger l'union du groupe, réunions au sommet autour de la Nespresso, vacations ou monitorat pour changer d'air, discussions secrètes sur le chat de Gémail pour préparation de mauvais coups en sous-marin.

Après, dans les clans, il y a des sous-clans, parce que dans la maison des secrets il y a différentes équipes qui travaillent sur des thématiques différentes. Dans notre maison des secrets, il y a 3 sous-clans (dont deux qui font la même chose sans jamais rien mettre en commun, ça s'appelle optimiser, et quand on leur dit qu'ils font la même chose et qu'ils devraient peut-être essayer de bosser ensemble, ils deviennent fous et nous, le premier sous-clan, avons la paix pour deux semaines minimum).

Maintenant que le décor est posé, que les candidats sont bien répartis dans leurs clans, parlons de ce qui motive les foules: l'enjeu. On a bien saisi que l'enjeu ici n'est pas la cagnotte, ouh la la non. Mais ça n'en reste pas moins un bout de papier, libellé au nom du candidat, sauf que ce n'est pas un chèque, mais un diplôme qui donne le droit de répondre OUI si une hôtesse crie "y a t'il un docteur dans l'avion?". En vrai, on a dû leur faire le coup une paire de fois, parce qu'en général ils demandent un médecin, résultat impossible de la ramener (ceci dit, il paraît que répondre oui à cette question quand on est médecin c'est un peu s'exposer à des tas de problèmes qui peuvent revenir très cher, mais là n'est point le débat).

Cette histoire de thèse, c'est un peu là que la télé est plus futée que la recherche. Parce qu'à la télé, quand ils gagnent, ils ont plein de champagne offert par les gens qui leur filent le bout de papier libellé à leur nom. Dans la thèse, non seulement t'as rien dans ta cagnotte mais en plus tu dois rincer au champagne des tas de gens dont au mieux tu te fiches, au pire tu te servirais volontiers du sclap pour récurer tes wawas après une bonne gastro (je sens l'âme du poète monter en moi, c'est beau).

Bon, tout ça, ces deux billets, pour faire une petite introduction au prochain billet, où qu'on causera de l'enjeu sans rigoler, et où on s'apercevra que quand on est dans la maison des secrets entourés d'autres candidats depuis un certain temps, on finit par avoir une vision des choses légèrement biaisée. Il est aussi fort probable qu'on rigole moins dans le prochain billet, si toutefois ce billet a déjà fait marrer quelqu'un.



mardi 8 septembre 2009

ScieHaineEreEsse Story, introduction


Y a des jours où je me demande bien pourquoi que les gens de la télé dépensent des sommes folles pour fabriquer des maisons truffées de caméras et les remplir de candidats pour mieux les sortir un par un chaque vendredi. Parce que je connais des endroits où il suffirait de mettre les caméras, candidats et maison sont déjà sur place. Ces endroits, ce sont les labos de recherche. (aujourd'hui, billet qui va rendre des gens pas contents) (avant toute chose, je précise que ce que je dis est issu de ce que j'ai vu, et donc des labos que je connais bien pour y avoir passé pas mal de temps. Je suppose qu'il doit y en avoir où tout se passe autrement, mais je ne les connais pas, donc je n'en cause pas, ça me paraît un brin plus sage. Pas de généralisation quoi.). Bien sûr, ça nécessite quelques petites transpositions, mais le gros du truc est là. Donc transposons ensemble.

Tout d'abord, la maison. La maison c'est donc le labo. Comme à la télé, on dort tous ensemble, mais pas tous les soirs dans une chambre, seulement une fois par semaine dans la salle de réunions, et ça s'appelle un séminaire. Et c'est là que le labo est plus costaud que la télé, où ils passent leurs journées allongés dans le garden à attendre que ça passe et leurs nuits à dormir dans des chambres sans fenêtre que j'ose même pas imaginer ce que ça doit sentir là-dedans. Nous, on n'a qu'une heure pour récupérer de la fatigue de la semaine. Et en plus, faut être performant au réveil, pour pouvoir poser une question. Le mieux c'est d'être le plus rapide, et de poser avant tout le monde la seule question qui vient à l'esprit de tout le monde "et vous avez travaillé à quelle fréquence?".

Comme à la télé, les candidats prennent leurs repas ensemble. Comme à la télé, les candidats se tapent sur la tronche pour savoir QUI a sali le micro-ondes, QUI a fini le rouleau mais n'a pas remis de PQ dans les wawas.

Justement, les candidats, parlons-en. C'est là où il y a le plus de subtilités à introduire par rapport au jeu. Ici les candidats, ce sont les gens qui sont affectés au laboratoire (notez que je n'ai pas écrit "qui travaillent"). Première différence majeure avec la télé: il n'y a pas d'élimination. Seules sont acceptées les évacuations sanitaires, principalement pour deux raisons: dépression et congé maternité. Seconde différence: ils ne sont pas DU TOUT sélectionnés pour leur physique.

Mais il y a des points communs: le niveau cour de récré des échanges entre candidats, près à s'engueuler pour trois fois rien. On peut citer à titre d'exemple la guerre civile qui a eu lieu pendant plus d'un an suite à l'apposition d'un autocollant"femmes" sur la porte d'un des deux wawas et d'un autocollant "hommes" sur la porte de l'autre. Bah oui, les wawas féminins sont un poil plus grands et les balais et autres serpillères sont stockés dans les wawas de ceux qui double-pitent debout. Et dès qu'il y a un embryon d'accrochage entre deux personnes, l'histoire de la sexualisation des wawas ressurgit. Exemple: "ils t'ont changé ta souris et moi j'ai toujours ma vieille souris? Putain ça m'étonne pas, de toute façon je ne fais plus confiance à personne dans ce labo depuis l'histoire des toilettes".

Autre point commun: les candidats ont des secrets. Pour un certain nombre d'entre eux, c'est un peu le même: le sujet de leur travail. Du coup, à l'intérieur des clans, ça brainstorme sec pour être le premier à buzzer et à remporter rien (ah oui, c'est le ScieHaineEreEsse, on gagne rien, y a point de cagnotte). Exemple "tu sais sur quoi elle bosse Machine? Ca fait deux ans que je suis là (là= dans le jeu= dans le labo) et j'ai toujours pas trouvé... Mais je pense que ça a un rapport avec le Cloub Med Gym, elle y est tout le temps, elle doit faire ses manips là-bas".

Comme à la télé, il existe une instance supérieure qui peut intervenir dans le jeu à tout moment. Sauf que ce n'est pas la voix, mais Le Mail. Comme à la télé, les candidats ont des missions. Le plus souvent, c'est la même: le Mail envoie un ou plusieurs candidats vers une destination plus ou moins lointaine. Sur place, sa mission sera d'écouter des gens avec des accents très improbables parler de ce qui se passe dans leur maison des secrets à eux, et ce toute la journée, sans dormir. Le Mail, lors d'une mission, peut décider de mettre les candidats devant un choix très dur. Si le Mail décide que la mission des candidats est remboursée au forfait, le candidat soir choisir entre 1 profiter au max sur place de la somme qui lui est allouée pour dormir et manger ou prendre un petit hôtel et manger pour pas trop cher et empocher la différence dans sa cagnotte personnelle.

Lors d'un prochain numéro, nous étudierons les candidats en détails, ainsi que les différents clans. Nous verrons aussi les stratégies adoptées par chacun afin de rester le plus longtemps peinards sur les transats autour de la piscine de la maison des secrets. Et surtout, nous découvrirons quel est l'enjeu suprême qui excite tout le monde dans le jeu et à peu près personne à l'extérieur.

Je ne peux pas finir en disant "c'est tout pour le moment", parce que le Mail a plutôt tendance à dire "Cordialement", ce qui est complètement à chier... Donc ben la suite un autre jour (oui, contrairement à d'habitude, j'essaierai d'écrire la suite quand je dis que je vais l'écrire. Mais d'abord j'ai deux trois castings à préparer et à passer avant)


mercredi 2 septembre 2009

Un entretien vaut mieux que deux entretulauras

Mon cerveau étant encore en vacances, je suis obligée de vous présenter mes confuses pour le titre.

Bon, je sais, je devais raconter les vacances, mais j'ai pas trié les photos, alors c'est pas possible. Et depuis que je suis reviendue, j'ai le téléphone qui sonne et la boîte mail qui se remplit à grande vitesse, à cause que tout le monde veut s'entretenir avec ma personne pour le grand jeu de la rentrée, la Job Academy. Je passe au moins deux castings par semaine en septembre, avec l'ambition d'aller en finale et même de gagner le contrat pas d'un million d'euros, pas avec une maison de disque, juste un contrat de travail honnête, se terminant par I plutôt que par D mais bon D je prends aussi. Après si les gens insistent pour me payer 1 million d'euros, j'accepte (et je ne partage pas avec Michal le kleptomane qui a volé l'orange du marchand), je suis pas du genre à faire la fine bouche.

La session de castings de juillet de la Job Academy s'était plutôt bien finie, malgré un démarrage pourri. Le monsieur du cabinet de recrutement m'avait dit "est-ce que tu viens pour les vacances? Si tu changes d'adresse dis le moi tussuite". Je lui ai répondu que je serais je pense un peu en retard au rendez-vous de nos promesses, parce que moi je rentre de vacances le 31 août, pas le 28 comme lui. Puis ej lui ai dit que malheureusement ouh la la horreur malheur salsa du démon, je ne serai pas joignable pendant mes vacances. Il m'a dit qu'il ne me contacterait donc qu'à mon retour, pas de problème.

Pendant mes ouacances, téléphone qui sonne. C'était le cabinet. Une dame du cabinet (la dame pipi de la Job Academy en quelque sorte). Elle voulait qu'on fixe un rendez-vous pour le 31 août. Impossible, je serai dans l'avion avec des célébrités. Alors, ce sera vendredi. Vu le prix de la minute hors forfait quand on m'appelle et que je suis à l'étranger, j'ai essayé d'aller à l'essentiel, de faire court mais bref. C'était sans compter sur le fort accent Ikea de la dame. J'ai dû lui faire tout répéter deux ou trois fois. Je n'ai toujours pas osé composer le #123# pour voir le montant des dégâts sur ma facture. Parce que la dame devait m'envoyer un mail de confirmation. Que j'ai reçu. Qui ne demandait aucune réponse. Que je n'ai pas répondu, surtout que de ternet nulle trace à Noja. Et la dame m'a rappelée pour me demander si j'avais reçu son mail. UI madame, bonne journée au revoir.

Y a eu aussi un monsieur qui m'a envoyé un mail pour me demander si j'étais dispo la première semaine de septembre pour un casting. De ternet nulle trace à Noja, mais Môman assurait la veille mailistique et me prévenait par texto si mail important il y avait. Alors elle a répondu en se faisant passer pour moi. Puis point de nouvelles. Pour finalement me fixer un rendez-vous le jour où je dois déjà aller au cabinet de la dame pipi (la secrétaire de David qui a perdu Jonathan). Et que je pouvais venir en voiture ou en RER, sauf que le RER ne dessert pas trop leur lieu de travail, donc il faut que quelqu'un vienne me chercher à la gare en voiture. Alors j'ai dû lui dire que c'était pas possible pour la date, mais ok pour l'entretien et le taxi jusqu'à son labo. Du coup, on a rendez-vous mercredi devant le bar tabac en bas de la gare, dans sa grosse voiture grise. Comme dirait le coboille, deux solutions: soit ça fait peur, soit ça fait espion. Je vais lui envoyer un mail pour lui dire que j'aurai une fleur dans ma chevelure et un grand imper, ça fait plus professionnel. Et aussi pour lui demander s'il est une dame ou un monsieur, parce que son prénom ne permet pas de faire la différence, dons je ne sais pas si je dois attendre une dame ou un monsieur dans une voiture grise grosse; Mais ma question c'est surtout: qu'est-ce qu'on va bien pouvoir se raconter dans cette grosse voiture grise? On commence l'entretien dans la ouature? Et si non, qu'est ce qu'on va bien pouvoir se raconter? C'est ultra embarrassant comme situation. Déjà 30 secondes dans un ascenseur avec quelqu'un que je connais pas c'est l'angoisse, alors plusieurs minutes voire dizaines de minutes en voiture, argh. C'est peut-être la première épreuve du casting. En plus, la voiture ça m'endort, faudrait peut-être que j'évite de dormir la bouche ouverte dans la grosse voiture grise du bar tabac...

Ensuite, lundi, alors que j'avais une moitié de tête dans le sac et l'autre moitié dans la machine à laver, DRELIN DRELIN. Un entretien pour demain. Je reçois le mail de confirmation ce matin. une adresse wanadoo. La grande classe. Je supputais déjà avant que ce serait un job de mariole, mais là je pense que c'est sûr. Comme je suis sotte, j'irai quand même. On sait jamais. Et puis ça me promène et ça m'évite de me coltiner les tronches de crétins de certains au labo.

Tout le monde a l'air d'avoir très envie de me castinguer le 11 septembre. Je trouve ça méga louche. Parce que bon le 11 septembre c'est un peu le nouveau vendredi 13 quand même. Du coup j'en ai annulé un, parce que comme j'ai des antennes partout je sais qu'un mec de ma promo travaille déjà sur ce poste en CDD depuis 3 ans, donc je vais pas aller m'époumoner là-bas, je vais pas encore aller dire pendant les 30 minutes que j'ai pour les convaincre que oui l'arrêt de ma thèse c'est réfléchi et non c'est pas un caprice. Et que je viendrai en métro et que oui j'arriverai à vivre avec le salaire qu'on me propose, même si il est très très malheureusement plus élevé que le mien en ce moment. Et en plus j'ai pas envie de les convaincre.

Mais ce qui serait encore plus mieux, c'est qu'au lieu d'avoir des tas de castings, je décroche le contrat avec la maison pas de disques. Au moins un, n'importe lequel, histoire de savoir que je ne suis pas sans rien, ça me détendrait un brin.

Alors plaignez-moi les gens, plaignez-moi, parce que je vous jure que je suis un peu tendue de la mulotte en ce moment.



mardi 1 septembre 2009

Alors, les vacances, c'était bien?

Aujourd'hui, étudions ensemble un problème de vie en société des plus importants. Ce problème, quel est-il? Eh bien il s'agit du problème de la question que tout le monde pose: alors, les vacances, c'était bien? Notez au passage que je n'ai pas écrit la question que tout le monde SE pose, parce qu'en général la personne qui pose la question n'a strictement rien à faire de la réponse. Cette question, c'est le plus pire passage obligé de la vie en société (ou en laboratoire, ou n'importe où, ne soyons pas sectaires, c'est la rentrée, notre coeur est encore rempli d'amour et de soleil malgré le temps de bouse et les impôts à payer plus les fournitures scolaires et les diverses inscriptions à des tas d'activités que dans 3 mois les zenfants pleureront pour ne plus y aller, plus l'anniversaire de Jean-Roberto, mais qu'est ce qu'il leur a pris de faire les choses du sesque à Noël enfin tout de même ils auraient pu calculer merde, plus le reste. Moi je m'en fous, je suis mensualisée (pour le trésor public, pas pour les choses du sesque) et j'ai pas de zenfants.). J'ai la nette impression que je suis en train d'évacuer un trop plein de non blogage là, ça va partir dans tous les sens. Enfin bref, c'est donc le plus pire passage obligé de la vie en société, la société étant composée de collègues de divers degrés de connitude s'étalant de zéro à très très élevé (pour vous faire une idée de ce que j'entends par très très élevé, prenez le pire degré de connerie auquel vous avez été confronté et multipliez le par 100, y a des cas dans ce labo). Pourquoi c'est le pire? Parce que c'est le seul auquel on ne peut pas couper. Parce que même en mettant quelques jours voire quelques semaines entre le retour du lieu de vacances et le retour au boulot, bah on revient forcément, et les gens posent forcément la question. Contrairement au passage obligé du "Bonne Année" auquel on peut échapper en partant 3 semaines en Thaïlandie début janvier. Cette année, l'excuse à la mode sera "ouh la la je t'embrasse pas j'ai la grippe cochonne". Ca fait moins voyager mais ça éloigne les cons (et les autres aussi, mais bon on peut pas tout avoir hein).

Maintenant, étudions le pourquoi? Pourquoi poser cette question, surtout si on se tape de la réponse. Dans certains cas (je pense à des gens en particulier, mais bon va falloir patienter jusqu'à ma chômisterie pour que je raconte des saloperies sur les gens d'ici. J'ai grand hâte pourtant.), c'est assez simple, ils sont cons à un dégré très élevé et ne font ça que pour s'assurer que les leurs étaient mieux. Ils ne rêvent que d'une chose: qu'on leur réponde "Ah bah ça allait pas mal jusqu'au moment où on s'est tapé une tornade. La voiture était foutue, mais bon c'est que du matériel. Ca s'est gâté quand le camping a pris feu. Nous ça va, on était sortis pour dîner, mais bon Mamie y est restée."Si vraiment ce niveau de pourritude de vacances ne peut être atteint, un simple "il a plu tout le temps et on n'avait ni caoué, ni jeu de cartes, on a bien failli rentrer plus tôt que prévu" suffira.

A partcette catégorie de personnes, je pense que finalement les gens demandent ça au même titre que "ça va?". Sauf que le ça va se contente d'un oui, contrairement au alors les vacances (enfin le ALVCB pour faire court). Si on répond juste oui au ALVCB, un "c'est tout?" accusateur viendra, voire même un "c'est tout? bah dis donc t'as pas l'air emballée". Il faut argumenter, mais très rapidement parce que bon franchement on a autre chose à foutre. Ajouter LE truc qui en 5 mots prouve que les vacances, c'était bien. Un retour de vacances, c'est comme un entretien d'embauche, ça se prépare.

Tout ça pour dire qu'aujourd'hui, on m'a posé la question. Et j'ai répondu. Mais je raconterai une autre fois, parce que j'ai pas trié les photos, que le coboille n'a pas converti ses siennes en jpeg, que j'ai pas flouté les gens que je connais pas, tout ça tout ça.Donc demain peut-être si je suis d'humeur trieuse et flouteuse.

Mais sinon, vous alors, les vacances, c'était bien?

lundi 17 août 2009

C'est pas trop tôt

Bon, je voudrais pas faire ma crâneuse, mais mercredi je pars en ouacances. Et ça me fait d'autant plus plaisir qu'il y a comme une vague de retours au boulot là. Mercredi, à 10h, si tout va bien (c'est-à-dire si ma poisse des transports est elle aussi en ouacances), je serai dans l'avion direction l'agence de location de voiture de l'aéroport de Biarritz. Ah oui parce qu'on fait les choses en plusieurs parties, ça permet d'être vraiment sûr que ça va buguer quelque part, je ne laisserai aucune chance au hasard. Tramway puis RER (B, pour être vraiment certain qu'il va se passer un truc pas clair) puis Orlyval puis avion jusqu'à Biarritz puis voiture jusqu'à Noja (si vraiment ça vous intéresse de savoir où je vais aller faire prendre le soleil et la mer à mon gras, vous avez qu'à demander à gougueule maps, il vous dira).

Là-bas, y a pas de ternet, le téléphone même pas en rêve je l'allume (sauf si je dois envoyer un texto à ma Môman, cas de force majeure du style "nous ça et vous ça va? nous on est la plage et pas vous. bisous"). Les vacances quoi. Le programme est le suivant: ne penser à rien à part au gros problème existentiel que je sens déjà se profiler "sangria ou mojito?", voire même dans certains cas les plus extrêmes "saucisson ou saucisson?" ou "tapas ou tapas?". Ah on va pas se marrer tous les jours hein, va falloir faire preuve de force et de courage.

Quand je reviendrai, nous serons en septembre et j'entamerai le dernier mois de ma thèse (ou de ma non-thèse, appelez ça comme vous voulez). J'irai d'entretiens en entretiens en cours à Perpette sur Oise en chantant "toute dernière fois, toute toute dernière fois". Et ce sera beau. Mais bon tout ça pour le moment on s'en fout, ce qui compte ce sont les vacances.

Donc sur les bons conseils de Lutecewoman, on s'est mis à l'échange de maisons. Et donc on va avoir deux espagnols a la casa pendant que nous on sera dans la leur. On a donc été obligé de faire un truc que y a pas si longtemps que ça, je m'en moquais: faire le ménage avant de partir. Et même faut mettre des draps propres, des serviettes propres. Et même qu'il a fallu mettre une planche par dessus le trou du parquet pour éviter qu'il y ait chute nocturne. Et même que mercredi après-midi, je vais devoir expliquer en espagnol que hay oun trou en el parqueto pero c'était pas prévudo, lo siento mucho, para s'excusar hay champagne en el frigogidaire. Du coup ten cuidado que borracho tu tombes pas dans le troudo. Et signe le papel qui dit que si tu tombes, no portar plinta, gracias. (bizarrement, trou et parquet ne sont pas des mots que j'ai appris dans ma jeunesse scolaire). Le coboille, que d'habitude c'est Zorro il résout tous les problèmes de la terre et même les autres, ben là il ne pourra rien faire pour moi, il a fait allemand et il sait juste dire" hello ich bin Rodolphe como esta dans la casa?". Et moi, à chaque fois que je dois envoyer un mail aux espagnols je me bousille 10 neurones et je m'envoie une boîte de paracétamol. En trois ans j'ai tout perdu le spanish que j'avais dans le cerveau.

Bon tout ça pour dire que je m'en vais mercredi, retour le 31 août. Et le 31 août, j'aurai tellement rien fichu pendant près de deux semaines que je ne me souviendrai même plus ce que c'est qu'un blog. Alors à bientôt, en septembre enfin vers par là, enfin on s'appelle quoi...

Bonus rien à voir mais on aurait tort de s'en priver: voilà sur quoi je tombe le matin de bon matin au saut du lit dedans ma boîte mail.


Il est fou ce docteur B, il est fou, maintenant je vais avoir peeeeeur d'un truc de 105g, peut-être 120 avec le masque, (Cracoooooooootte, une estimation du poids du masque rapport à une motte de beurre demi-sel?).

vendredi 14 août 2009

La not to do list

Si je faisais exprès, ce serait drôle. Sauf que je ne le fais pas exprès. Y en a qui ont la classe naturelle, moi j'ai le truc qui cloche naturel. Même si j'ai tout bien checké, tout bien préparé longtemps à l'avance, y a forcément un truc qui va partir en sucette. L'avantage, c'est que c'est sans suspense, zéro pression, y a FORCEMENT un truc qui va buguer. Donc je peux y aller détendue de la mulotte et attendre de recevoir le cadeau que Poisséna, déesse de la poisse, m'a apporté. C'est forte de mes diverses expériences que je peux vous livrer la liste des choses qu'il ne faut pas faire en entretien d'embauche (sauf si vous ne voulez pas le job).

-arrivez à l'heure. Ca je le fais très bien, pas de problème. Mais je le dis parce que bon, une fois où on était 5 à être convoqué à la même heure, 9h en l'occurence, je suis arrivée un peu en avance comme il se doit, la deuxième à se pointer est arrivée à 9h25 et quand ej suis sortie de l'entretien à 10h30 y en avait qu'un de plus qui était là. Petite précision. si par hasard la veille de l'entretien vous revenez d'un pays qui n'est pas dans le même fuseau horaire que celui où vous passez l'entretien, pensez à vous présenter à l'heure du fuseau horaire dans lequel se déroule l'audition. Et donc à remettre votre montre à l'heure.

-habillez-vous correctement. Soyez beaux, soyez pros. Soyez repassés de la chemise et du pantalon (pour la mulotte vous faisez comme bon vous semble, sauf si vous postulez au Crazy Horse ou autre truc de ce genre). Soyez cirés de la chaussure et tout de noir chaussettés si vous êtes un homme de sexe masculin.

-soyez prêts à toutes les questions. Même les plus débiles. Exemple: M"mmmh, dites-moi, comment vous allez faire pour vivre à Paris avec le salaire qu'on vous propose?" Oui alors dit comme ça, je vous le concède, ça ne choque pas. Pas tant qu'on ne sait pas que le salaire en question est plus élevé que le mien (la personne qui a posé la question le savait). Dans ce cas, il ne faut pas répondre les premières choses qui vous traversent l'esprit, c'est-à-dire: si vraiment je croule sous le pognon et que ça me gêne, je créerais ma fondation contre le sida/ adopterais des tas d'enfants auxquels je donnerais des prénoms ridicules et forcerais les gens à m'appeler Angelina Abbott/me ferais construire une piscine pour nager dans mes sous à la Picsou (rayez les mentions inutiles).
Si la personne vous demande, alors que vous habitez à 30 minutes grand max du lieu de travail "mais comment vous allez faire pour venir, vous habitez à Paris?", ne répondez pas que c'est moins long que pour aller à votre boulot actuel et que du coup vous ferez une partie du trajet à cloche-pied et à reculons pour ne pas arriver trop tôt. Même si c'est très tentant. Si vous répondez "par le RER", évitez de prendre un air ahuri devant la connerie profonde de la question.

-ne faites pas de blagues stupides quelques jours avant à base de "oh de toute façon si jamais ej vois que j'ai du mal à les convaincre, je leur montrerai mes nichons". Parce que ça vous pend au nez je vous signale. Je connais quelqu'un, pas moi bien sûr qui ne suis qu'élégance et prestance en toutes circonstances, mais j'ai une amie, oui voilà une amie, à qui il est arrivé la chose suivante; Après avoir plaisanté avec son équivalent de coboille au sujet du montrage de nibs, elle est partie passer un entretien devant un jury de 5 personnes. A la fin de l'entretien, elle est allée double-piter, puis elle est sortie du bâtiment. Et sur le parking, quelque chose a attiré son oeil. C'était son soutif. Elle voyait son soutif. Ah oui, le bouton nichonesque de sa chemise était ouvert. Et elle était incapable de dire depuis quand. Cette amie que vous en connaisez pas et qui n'est pas moi a donc potentiellement passé un entretien avec les seins à l'air. Cette amie était drôlement embêtée. Heureusement que cette amie m'a raconté sa triste expérience, ainsi j'ai pu coudre ma chemise entre les deux boutons incriminés pour éviter de subir la même mésaventure. Merci mon amie de m'avoir prévenue.

-si par hasard vous avez un blog et que le recruteur se met à vous parler d'une boîte ayant comme nom votre nom bloguesque, ne pouffez pas, ne vous tortillez pas sur votre chaise et ne dites pas que vous vous y connaissez en Abbott. Ou tout autre nom de boîte, mais bon par exemple au hasard je sais pas si y a des boîtes qui s'appellent Pitou. Ou Hallow. Ou Maupin. Enfin bref, fallait que ça tombe sur moi quoi. Mais je me suis bien tenue. Je m'étais entraînée la veille en regardant les feux de l'amour, ils ont dit plein de fois Ashley Abbott et j'ai même pas tourné la tête en demandant "Oui qu'est ce qu'il y a?".

Si vous suivez ces conseils (et quelques autres complètement accessoires sur lesquels je ne m'étendrai pas, c'est pas le Pôle Emploi ici hein), vous trouverez le job de vos rêves.

Ne me remerciez pas (et ne remerciez pas mon amie fan de topless), c'est CADEAU.